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Le Japonais Sekiya s’impose dans les rues de Drummondville (photos)

Championnat du monde d’ultramarathon

Jonathan Habashi par Jonathan Habashi
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Article mis en ligne le 29 juillet 2007 à 16:59
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Le Japonais Sekiya s’impose dans les rues de Drummondville (photos)
Le Japonais Ryoichi Sekiya a franchi 263,6 kilomètres en 24 heures pour remporter le championnat du monde d’ultramarathon disputé dans les rues de Drummondville, samedi et dimanche. (Photos : Ghyslain Bergeron)
Le Japonais Sekiya s’impose dans les rues de Drummondville (photos)
Championnat du monde d’ultramarathon
Un peu plus de 263,6 kilomètres en l’espace de 24 heures. C’est la distance que le Japonais Ryoichi Sekiya a franchi en faisant fi de la douleur, de la fatigue, de la chaleur, du soleil ou de la pluie, samedi et dimanche, dans le cadre du championnat du monde d’ultramarathon disputé dans les rues de Drummondville.
Sekiya, qui s’est amené au Canada pour défendre son titre acquis l’an dernier à Taiwan (il avait alors atteint le cap des 272 kilomètres), a remporté l’épreuve dans la classe élite en maintenant une moyenne de près de 11 kilomètres par heure. Très régulier tout au long de la course, le Japonais de 40 ans a devancé le Français Mohamed Magroun par un peu plus de 6 kilomètres et le Japonais Masayuki Otaki par près de 10 kilomètres.

«Je n’ai pas eu de difficultés avec le parcours, même s’il y avait plusieurs côtes. Je suis heureux d’avoir pu répéter mon exploit de l’an dernier, surtout que c’était ma première course depuis le mois de mai», a déclaré le champion du monde, via un interprète.

Quelques mètres plus loin, le Français Mohamed Magroun savourait pleinement sa deuxième place, un résultat identique à celui de l’an dernier, à Taiwan.

«Je suis très content. Il faisait très chaud au départ, mais la pluie a fait baisser la température par la suite. À partir de 10 h ce matin, le soleil a vraiment commencé à taper et ça s’est poursuivi jusqu’à la fin de la course. Le circuit était très difficile parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’endroits à l’ombre», a-t-il témoigné.

Après 21 heures, Magroun occupait la troisième position, mais il est parvenu à se hisser en deuxième place.

«Avec l’expérience, on apprend à bien gérer notre course. Il faut aller très doucement. Même si on accuse une vingtaine de kilomètres de retard après 14 heures, ça se rattrape très bien. Les dernières heures sont les plus déterminantes, surtout à partir de la 19e heure. Plusieurs sont partis comme des fous au départ, mais ils ont dû abandonner par la suite», a fait remarquer le sympathique Français, qui était heureux de pouvoir fraterniser dans sa langue avec les spectateurs présents le long du parcours.

Chez les femmes, la Russe Lyudmila Kalinina a remporté la course grâce à une performance de plus de 236 kilomètres. Elle a devancé la Française Brigitte Bec par près de 4 kilomètres.

Dans la classe ouverte, le Japonais Ryoichi Sato a remporté l’épreuve en franchissant 232 kilomètres.

Le parcours de l’épreuve empruntait la rue du Pont et la rue Heriot avant d’enjamber la rivière Saint-François par le pont de la Traverse. Les coureurs empruntaient ensuite la rue Montplaisir et le pont Curé-Marchand pour revenir vers le centre-ville. Pour des raisons de sécurité reliées à l’état du pont Curé-Marchand, le sens du parcours a été changé à la dernière minute.
Sylvain Bernier se classe 63e
À sa troisième participation au championnat du monde, le Centricois Sylvain Bernier a terminé en 63e position chez les hommes élites. L’athlète natif de Kingsey Falls a terminé au 9e rang au championnat canadien, qui se déroulait en même temps que le championnat mondial. Il a parcouru un peu plus de 162 kilomètres en 24 heures, ce qui est bien loin de sa marque personnelle de 194 kilomètres établie en France, il y a quelques mois.
«Je suis surtout content d’avoir atteint mon premier objectif, qui était de terminer la course. À la fin, j’étais brûlé raide! Au moins dix fois aujourd’hui, j’ai pensé à abandonner, mais ma famille m’a encouragé à continuer. À 8 h ce matin, je suis allé me coucher quelques minutes et je ne croyais pas repartir, mais mon père m’a convaincu. Le parcours n’était pas facile, mais ce sont surtout les conditions climatiques qui m’ont donné de la misère. C’était très chaud et très humide. J’ai eu de la misère à manger», a raconté Sylvain Bernier, qui entend s’accorder quelques semaines de repos prochainement.

Par ailleurs, le Manitobain Andrew McLean (217 kilomètres chez les hommes) et l’Ontarienne Laurie McGrath (211 kilomètres chez les femmes) sont montés sur la plus haute marche du podium dans le cadre du championnat canadien.
Michel Gouin s’est senti comme en Autriche!
Disputée pour une première fois en Amérique du Nord, la compétition opposait près de 150 coureurs dans la classe élite et près de 50 coureurs dans la classe ouverte. Pas moins de 27 pays étaient représentés.
Le président du comité organisateur, Michel Gouin, ne cachait pas sa joie à l’issue de l’événement, même si le détenteur du record mondial de 303 kilomètres en 24 heures, Yannis Kouros, brillait par son absence. Le Grec a en effet exigé un cachet pour participer à la course, ce qui lui a été refusé.

«Il y a eu beaucoup d’émotions durant toute la fin de semaine. Sur le plan sportif, c’était très impressionnant. Jamais un championnat du monde n’aura attiré autant d’athlètes de si haut calibre… et tout ça se déroulait chez nous, à Drummondville! Je devais me pincer pour le croire», a raconté l’ultramarathonien drummondvillois, qui n’a pas participé à la course, mais est demeuré éveillé durant 24 heures afin de mieux répondre aux besoins des athlètes.

Dans les dernières heures de la course, dimanche, plusieurs centaines de spectateurs se sont massés le long des rues du Pont et Heriot afin d’encourager les coureurs de tous les pays.

«Quand j’ai vu qu’il y avait autant de monde pour encourager les athlètes dans les dernières heures, je me suis senti comme en Autriche, lors du championnat du monde de 2005. Les gens semblaient très intéressés à la course et à la fin, tous les athlètes étaient émus devant leurs encouragements», a témoigné Michel Gouin.

Entre minuit et 2 h, plusieurs athlètes ont été contraints à l’abandon et quelques ambulances ont même été dépêchées sur les lieux.

«La température n’a pas aidé, mais j’ai été surpris de voir autant d’abandons si tôt dans l’épreuve. Habituellement, cela se produit plutôt après 18 heures de course. Le parcours était très beau sur le plan panoramique, mais la côte de la rue du Pont était difficile pour les athlètes», a expliqué le président du comité organisateur.

Compte tenu du succès remporté par l’événement, Michel Gouin n’écarte pas la possibilité de tenir un autre championnat d’envergure au cours des prochaines années. Toutefois, le comité organisateur devra auparavant combler un déficit de l’ordre de quelques milliers de dollars.

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