Catherine Chapeau et Denis Lambert
Un couple mise sur un projet de tourisme humanitaire au Madagascar
Le projet Espérance de vie
Professeur en arts à Sherbrooke, Denis Lambert, et sa conjointe Catherine Chapeau, une ostéopathe de Victoriaville, séjournent actuellement au Madagascar jusqu’au 8 août pour poursuivre les préparatifs de leur projet appelé Espérance de vie.
Âgé dans la cinquantaine, Denis Lambert cherchait le moyen de s’impliquer. «Les plus pauvres m’ont toujours intéressé. Il me semble qu’on doit commencer par eux. Madagascar, une île de l’Afrique de l’Ouest dans l’océan Indien, est un des pays les plus pauvres au monde», a-t-il confié, en entrevue.
Son projet vise la construction d’un hôtel pour en faire une destination humanitaire. C’est à la suite d’un voyage là-bas en mai-juin 2006 que ce projet a germé dans l’esprit du Sherbrookois. «Il s’agit d’appliquer nos connaissances d’une entreprise capitaliste au profit du peuple malgache. On veut que les profits soient consacrés à l’éducation. Là-bas, 50% des enfants ne vont pas à l’école», a fait savoir le promoteur.
Le projet vise donc la construction, sur la côte ouest, dans une ville du nom de Moronda, d’un hôtel composé de cinq bungalows à deux étages pouvant recevoir, à la fois, une vingtaine de touristes. Cela nécessite un investissement d’environ 120 000 $.
Denis Lambert, qui travaille à ce projet depuis plus d’un an, a intéressé, jusqu’ici, deux investisseurs et deux autres personnes portent aussi un intérêt au projet. «L’idée, c’est d’inviter les touristes à avoir des contacts avec la population et d’aider. Et, selon nos projections, les profits pourraient s’élever à 20 000 $ par année. C’est énorme pour eux», a-t-il dit.
Les touristes européens, surtout les Français, fréquentent déjà la région. «Le séjour moyen est de 2,3 jours. J’aimerais l’augmenter à environ cinq jours. L’idée, c’est d’offrir aussi des séjours thématiques pouvant allier le dessin et la sculpture, entre autres», a signalé Denis Lambert.
La construction des bâtiments doit débuter dans les prochains mois en vue d’une ouverture possible pour le 1er mai 2008.
Travailleur autonome, Denis Lambert, qui donne encore des cours en plus de posséder des immeubles à revenus à Sherbrooke, ne vise pas à révolutionner le monde avec son projet qui, selon lui, ne représente qu’une goutte dans un océan. «Mais vient un temps dans la vie où on a goûté à l’abondance et où il serait indécent de ne pas partager ce qu’on a reçu», a-t-il exprimé.
Arrivée dans le projet en cours de route, Catherine Chapeau ressent aussi depuis longtemps le désir d’aider. «Enfant, je voulais devenir infirmière sans frontière. Finalement, je suis devenue ostéopathe. Je veux me préparer une autre vie, j’ai besoin d’un autre projet et j’ai envie de faire ce que j’ai toujours voulu faire», a-t-elle commenté.
«On veut aussi démontrer ce que peuvent réaliser des gens ordinaires. Quand on veut, on peut», a ajouté Denis.
Avant de partir, ils ont organisé à Sherbrooke et à Victoriaville une souscription improvisée, amassant ainsi quelques centaines de dollars en plaçant des tirelires dans certains lieux publics. «L’argent servira à fournir du lait en poudre aux mères qui n’en ont pas. On apporte aussi avec nous des vêtements pour les donner», a mentionné Catherine.
Les dons, si petits soient-ils, sont fort appréciés. «Je l’ai constaté en offrant de simples bananes à des enfants, a révélé Denis Lambert. On peut faire une grande différence.»
À leur retour, au mois d’août, Denis et Catherine comptent bien organiser des rencontres d’information à Sherbrooke et à Victoriaville pour, peut-être, intéresser d’autres investisseurs à leur projet humanitaire. «Évidemment, il faut des gens qui partagent une même philosophie. On ne va pas là pour coloniser. Nous sommes respectueux de leur rythme de vie», a insisté Denis.
Plus tard, en octobre, le couple veut promouvoir son projet par des conférences et une exposition de photos.
Pour obtenir davantage d’informations, on peut communiquer avec eux par courriel à l’adresse delambert51@yahoo.ca, ou encore, par téléphone, après le 8 août, au 819 346-1908 ou au 819 752-3896.