Des propos inacceptables!
À la suite de l'article paru dans le journal L'Union, le mercredi 9 mai, «Demandes en soins infirmiers : le deuxième tour soulage le Cégep…», Marianne Landuyt, adjointe à la direction des études au cégep de Victoriaville, expliquait la réduction du nombre d'étudiantes en soins infirmiers «à la perception de la profession d'infirmière, à ses difficiles conditions de travail, même sa tenue vestimentaire qui ne la distingue pas de l'infirmière auxiliaire».
C'est à ce dernier énoncé que je réagis. Cette remarque est superflue et offensante pour la profession d'infirmière auxiliaire. Dans le contexte actuel de pénurie de personnel, se distinguer par sa tenue vestimentaire n'est pas à propos dans la réalité des infirmières et infirmières auxiliaires sur le plancher.
Ces professions reconnues chacune dans leurs fonctions ont plutôt besoin de relève, de personnes de cœur aimant travailler en équipe pour œuvrer auprès des malades dans des conditions de plus en plus difficiles.
Les tâches qui n'en finissent plus d'augmenter, ainsi que les heures supplémentaires obligatoires épuisent physiquement et moralement les troupes. Sans compter les risques d'erreurs inhérents à la fatigue. C'est inacceptable.
Nos dirigeants doivent impérativement améliorer ces conditions de travail pour ne pas qu'on déserte ces professions complémentaires. Le manque d'effectif à long terme entraînera l'épuisement de cette main-d'œuvre qualifiée et mettra en péril la vie des usagers.
L'immense trésor que représente ce personnel qui veille, jour et nuit, sur la santé des gens ne mérite-t-il pas d'être entendu? Vos collaborateurs et vous ne devriez-vous pas travailler en ce sens?
Donc, Mme Landuyt, à vos prochains candidats en soins infirmiers, oui à la distinction, mais dans le respect de la noblesse de nos professions respectives. Dans la sombre perspective d'une pandémie, l'habit ne fera pas le moine. Nous devrons tous et toutes être au front.
Madeleine Fournier
Infirmière auxiliaire
Victoriaville