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La vie qui bat…

Article mis en ligne le 8 juin 2007 à 9:10
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La vie qui bat…
Début juin, le soleil est radieux, la végétation verdoie d’un dégradé de vert étincelant et empruntant une portion de la route 162 (Grande-Ligne) avec mon conjoint, nous revenons de Princeville. Je remarque un camion (bétonnière) arrêté en plein milieu de la route et je me demande ce qu’il peut bien faire là. Nous avançons, les phares d’urgence clignotent et le camionneur klaxonne.

Jean-Claude, dis-je à mon conjoint, arrête toi, c’est un avertissement, il y a certainement quelque chose sur la route.

En effet, le gentil camionneur au cœur tendre nous avertissait de nous arrêter.

Maman cane et environ treize canetons s’aventuraient à traverser la route. Arrêtés à peine à deux mètres de la petite famille, nous étions aux premières loges pour admirer le spectacle de : La vie qui bat...

La famille avait fait les trois quarts du chemin sans embûche. Wow! Quel courage habitait la cane? L’instinct, la poussait-elle à conduire ses canetons vers un point d’eau? Pourquoi n’a t’elle pas fait son nid de l’autre côté de la route? Était-elle déboussolée? Voilà les questions qui me venaient en tête.

Les petits suivaient leur maman en rang d’écoliers et tout à coup, la cane s’est sentie menacée par le monstre rouge (notre camion) qui venait sur eux. Elle s’est mise à nasiller et à battre des ailes en passant devant et derrière ses canetons. Elle s’est éloignée d’eux en traînant la patte et mimant une aile brisée; naturellement, elle voulait qu’on la suive. Les canetons, à peine sortis de l’œuf, dès les cris d’alarme de leur mère, se sont roulés en boule. Sur l’asphalte gris, ils avaient le bec camouflé dans le plumage des autres et on aurait dit un ballon tacheté de jaune, noir et brun. Moi, je tournais, émerveillée, les pages d’images d’un conte pour enfants.

Après quelques secondes ou bien quelques minutes d’hésitation, je ne sais plus… maman cane, ne se sentant plus menacée, devant ses canetons, double le pas. La petite famille s’est remise en route et a pu continuer son périple en rang de deux pour enfin disparaître dans l’herbe tendre.

Tout en remerciant la Providence de les avoir épargnés d’une mort certaine et convaincue qu’ils vivraient leur vie de canards pour devenir de beaux malards, j’ai laissé tomber une larme de joie.

Kathleen Potvin

Saint-Louis-de-Blandford

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Georges Gaudet

Commentaire mis en ligne le 12 juin 2007
Il est réconfortant de constater qu'il existe encore en ce bas monde, des gens qui savent regarder la nature, ses beautés et toutes les richesses qui nous entourent...et qui ne coûtent absolument rien.

La permission de publier cette anecdote dans notre journal des Îles de la Madeleine nous ferait extrêmement plaisir.

Georges Gaudet (redacteur en chef)
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