Lutte à l’homophobie en milieu scolaire : au premier ministre Charest d’agir!
Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) tient à féliciter et à témoigner sa satisfaction à l’endroit de la Commission permanente de la jeunesse pour son récent avis « Sortons l’homophobie du placard… et de nos écoles secondaires » et pour ses recommandations faites au gouvernement du Québec afin de contrer l’homophobie en milieu scolaire.
À la lecture de cet avis, le fruit d’une recherche effectuée auprès de jeunes de la diversité sexuelle et des établissements d’enseignement secondaires du Québec, le CQGL demande au premier ministre, Jean Charest, et à la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, de mettre en application ces recommandations et ce, le plus rapidement possible car il est inconcevable qu’en 2007 des adolescentes et des adolescents puissent subir quotidiennement discrimination et violence en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Le CQGL est outré qu’aujourd’hui encore la CPJ puissent recueillir des témoignages d’adolescents dont celui de Chloé, jeune transgenre et homosexuelle : « Moi, je me faisais battre chaque jour, ils me faisaient même manger mon propre vomi des fois. Dégueulasse. Ça a duré de l’âge de 5 ans à 16 ans, ça fait que j’ai été pas mal martyrisée…», et de Jean-François : « Mais moi, je veux dire aux intimidateurs que l’homophobie a des conséquences, parce que moi j’ai fait deux tentatives de suicide… ». Ces deux témoignages disent une même chose : il y a vraiment urgence d’agir de la part du gouvernement!
Dans le même souffle, toujours à la lecture de cet avis de la CPJ, le CQGL est aussi déçu de constater que la majorité des écoles interrogées, soit 56% d’entre elles, ne possèdent toujours pas de politique visant à contrer l’homophobie au sein de leur milieu; que 50,2% des établissements d’enseignement n’encouragent pas le personnel à suivre une formation sur les thèmes de la diversité sexuelle et de la prévention de la violence homophobe et, finalement, que 22,5% des écoles sondées ne font toujours pas mention, dans leur agenda scolaire, de ressources disponibles aux jeunes des minorités sexuelles, dont Gai Écoute.
« Si au Québec, nous disposons déjà de politiques définies pour contrer la violence envers les femmes, pour éliminer le racisme, pour intégrer les personnes ayant des limitations fonctionnelles et j’en passe, il est plus que temps pour le gouvernement du Québec de se doter et de mettre en œuvre une politique nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie », de déclarer Steve Foster, président du CQGL.
D’ailleurs, l’organisme de défense collective des droits des personnes LGBT qu’est le CQGL tient à rappeler au premier ministre et à son gouvernement que l’avis de la CPJ est en lien direct avec le récent rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse : « De l’égalité juridique à l’égalité sociale : Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie », déposé en mars 2007. « Le premier ministre possède maintenant tous les outils requis afin d’aller de l’avant avec une telle initiative politique et le CQGL, pour sa part, sera des plus heureux de collaborer avec lui afin d’assurer que les personnes LGBT puissent participer sereinement et librement aux différentes sphères d’activité de leur milieu », de conclure M. Foster.
Francis Laroche
Commentaire mis en ligne le 28 mai 2007Des constats importants à faire ! L'homophobie n'a pas sa place et combien de jeunes subissent ces torts à l'endroit de leur différence ! Moi-même, j'en ai vécu, avant même de savoir ce que voulait dire le mot homosexualité, tapette, fif et tout le reste.
Parce que la santé mentale de toutes ces personnes mérite d'être préservé, continuons de lutter contre l'homophobie, à commencer par les écoles, c'est le premier lieu où elle commence, trop souvent !