Agir maintenant
À cause des changements climatiques, le Québec connaîtra un nombre croissant d’alertes météorologiques ce qui se traduira par des récoltes dévastées, des inondations et des reflux d’égouts plus nombreux, des rivages emportés par la force des eaux.
Pour ce qui est de la santé, les affections respiratoires vont augmenter en raison de la pollution à la hausse et les maladies rares ou inconnues ici vont se répandre puisque la diminution du froid ne pourra plus freiner comme auparavant le développement des germes. Outre les tragédies humaines qu’ils causeront, ces phénomènes entraîneront des coûts supplémentaires aux individus, aux entreprises et à nos gouvernements.
Même si les changements climatiques affecteront le Québec, ils seront plus dévastateurs dans maint pays du monde. Année après année, des millions de personnes se retrouveront privées d’eau, aux prises avec la famine ou sans logis en raison d’inondations. Et ces personnes, déjà en situation de pauvreté ou de précarité économique, seront des victimes qui n’auront pourtant pas contribué, comme nous, à la production des gaz à effet de serre (GES) lesquels sont responsables des changements climatiques.
Ce n’est pourtant pas le moment de se laisser anéantir par la culpabilité ni écraser par l’impuissance. Données à l’appui, les scientifiques nous avertissent que les changements climatiques sont déjà en cours, mais ajoutent qu’il n’est pas trop tard pour éviter le pire. Et, à plusieurs titres, nous pouvons dès maintenant agir en faveur d’une diminution des gaz à effet de serre.
Individu et consommateur
Au Québec, les transports comptent pour 39% de la production des GES, selon Environnement Québec. Qui d’entre nous sait qu’une automobile compacte produit 3,2 tonnes de GES et qu’un véhicule utilitaire sport 4X4 en produit 6,4 tonnes ? Quant aux véhicules récréatifs, jugez par vous-même : une motoneige dotée d’un moteur à 2 temps pollue comme 100 voitures et un quad, selon le modèle, comme 15 à 30 autos (1).
Diminuer les distances que nous parcourons en voiture, pour effectuer nos achats ou choisir une destination vacance, ne pas laisser le moteur d’un véhicule tourner au ralenti, choisir des biens produits localement, diminuer notre consommation en général, constituent déjà des pas dans la bonne direction. La protection et la plantation d’arbres et de végétation, lesquels absorbent les GES, doivent également être privilégiées.
Toutefois, si nous sommes prêts individuellement à poser davantage de gestes favorables à l’environnement, nous nous heurtons bien souvent à l’impossibilité de le faire. À titre d’exemple, le transport en commun peut être déficient dans le secteur où nous vivons et nous ne connaissons pas les besoins de nos voisins en covoiturage.
Il s’avère donc nécessaire d’entreprendre des actions à caractère collectif. Et le premier pas en ce sens est de parler de la question des changements climatiques à notre entourage pour vérifier avec qui et auprès de quelles instances, ces actions pourraient être entreprises. En effet, nous faisons partie de différents réseaux, telle la famille; également, nous appartenons tous à une quelconque organisation.
Membre d'un groupe
En tant qu’employé, on peut prendre certaines initiatives ou en suggérer à son organisation en vue, notamment, d’améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment. Si on est cadre, on peut même les encourager. Comme membre d’une association d’employés ou d’une équipe sportive, par exemple, on peut proposer le covoiturage.
Les chefs d’entreprises et les associations regroupant des entreprises sont également interpelés puisque les entreprises, selon les secteurs, peuvent être de grandes sources de GES.
Sur toutes les tribunes, comme les consultations ou les assemblées générales auxquelles nous sommes conviés, la question des changements climatiques devrait être mise de l’avant de manière à ce que nos associations en fassent une priorité. Que ce soient les groupes de femmes, les organisations liées au développement international, etc. personne ne sera épargné par les changements climatiques, y compris les clientèles que ces associations desservent.
Le citoyen
Certaines de nos actions doivent également viser à faire pression sur les pouvoirs publics, principalement le gouvernement fédéral.
Le gouvernement conservateur doit entendre clairement, de la part de ses électeurs, que les mesures adoptées et le cadre réglementaire à venir sur la limitation des GES sont nettement insuffisants pour s’attaquer efficacement aux changements climatiques. Aucun incitatif sérieux n’a été mis en place pour diminuer les GES des grands pollueurs alors que les moyens et les technologies existent.
En particulier, l’exploitation des sables bitumineux a constitué la principale cause d’augmentation des GES depuis les dernières années au Canada; l’accélération de cette exploitation, à raison de un million à cinq millions de barils par jour, augure très mal pour notre planète (2).
Pourtant, une étude de l’Institut Pembina (3) démontre qu’il en coûterait environ 1 $ par baril de pétrole pour se conformer au protocole de Kyoto. En ce qui concerne la production d’électricité qui constitue autre grande source de GES (ailleurs qu’au Québec), il en coûterait environ 1cent (1ç) par kilowattheure.
De plus, nos élus doivent comprendre qu’il est inacceptable que les contribuables subventionnent grassement les multinationales du pétrole pour continuer à nous polluer ! En effet, le gouvernement fédéral, consent des avantages financiers pour l’exploitation des sables bitumineux, supérieurs à ceux accordés aux autres industries, de l’ordre de 1,6 milliard de dollars par année (4). (5)
Dès maintenant, il est possible de faire part de votre position à votre député (6).
Chacun d’entre nous, ainsi que les diverses collectivités auxquelles on appartient, ont un impact sur la nature; les changements climatiques qui s’opèrent vont nous le rappeler de plus en plus cruellement.
Mais il reste un espoir : puisque chacun fait partie intégrante de la nature (même en ville !), nous pouvons contribuer à la réduction des GES, seul ou en association avec d’autres, en fonction de nos talents, de nos forces, que l’on soit artiste, mécanicien, inventeur, parent, simple citoyen … Nous pouvons et devons amener d’autres personnes, en particulier nos décideurs politiques, à agir. Par le fait même, nous développerons une culture qui soit davantage respectueuse de l’environnement. (7)
Brigitte Hannequin
changclim@hotmail.com Références et informations complémentaires:
(1) Sharpless, 2001 ; LISEPA, 2001 rapportés par l’Institut national de santé publique du Québec in Mémoire déposé à la Commission parlementaire sur les transports et l’environnement, mars 2006.
(2) Émission Zone-Libre du 7 janv. 2007 :
www.radio-canada.ca(3)
www.pembina.org(4)
www.pembina.org et
www.pembina.org(5) Certes, le gouvernement conservateur va abolir un de ces avantages, le rabais de taxe sur le capital, mais ce ne sera que graduellement à partir de 2011 alors qu’à peu près tous les nouveaux projets d’exploitation seront déjà mis en oeuvre.
(6) Les coordonnées des députés fédéraux apparaissent sur le site :
webinfo.parl.gc.ca(7) Une foule d’idées et d’outils sont fournis au :
www.changementsclimatiques.qc.ca
Francis Laroche
Commentaire mis en ligne le 28 mai 2007Je tiens à notre planète, même si je pourrais faire plus ! Je suis conscient que ce sont les petits gestes qui font la différence ! Donner au suivant signifie donner aussi à notre planète, pour qu'elle reste bleue !