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Un camp formateur pour des enfants atteints d’hémiparésie

Publié le 10 août 2017

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©TC Media - Archives

C’est avec des étincelles dans les yeux que les enfants, les parents et les intervenants ont clôturé la 1re édition du  camp d’été de réadaptation pour les enfants atteints d’hémiparésie qui s’est déroulé au Centre de réadaptation en déficience physique Jacques-de-Labadie à Trois-Rivières. 

Initié par l’équipe du programme déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique (DI-TSA-DP) du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, ce projet pilote a permis à quatre enfants de la région atteints d’hémiparésie, une paralysie partielle d’un membre supérieur, de rencontrer d’autres enfants comme eux et de poursuivre leur réadaptation tout en s'amusant.

Deux enfants de 6 et 7 ans et deux adolescents de 13 ans de Trois-Rivières et Shawinigan ont donc pris part au camp de jour de trois semaines sous le thème du cirque. La thérapie intensive de contrainte du membre supérieur sain comme levier
Inspiré du camp développé par le Centre Marie-Enfant du CHU Sainte-Justine, Nicole Bellerose, physiothérapeute, et Chantale Rabouin, ergothérapeute, du CIUSSS MCQ ont utilisé la thérapie intensive de contrainte du membre supérieur sain pour soutenir leurs interventions. Celle-ci consiste à immobiliser par une attelle le membre supérieur sain en vue de favoriser l’utilisation du membre atteint. Puisque le membre atteint est continuellement en activité, cela a pour effet de renforcer et d’améliorer sa fonction motrice à travers diverses activités. Activités motrices globales tels que des parcours à obstacles, activités motrices fines comme du bricolage et activités de cuisine, de déguisement et d’étirement grâce au yoga ont donc fait partie de la programmation cette année.
«Nous avions déjà expérimenté la thérapie intensive de contrainte du membre supérieur sain de façon individuelle. Celle-ci avait démontré des améliorations notables. Par contre, l’idée derrière ce camp était non seulement de faire de la réadaptation de façon ludique, mais d’apporter l’effet de groupe, c’est-à-dire de permettre aux enfants de côtoyer des pairs ayant une déficience motrice similaire à la leur et de favoriser leur motivation pour les encourager à persévérer», a mentionné Nicole Bellerose.

Il faut également préciser que cette thérapie intensive prévoit une immobilisation du membre sain de 50 à 60 heures. En plus des demi-journées au camp, le travail devait se poursuivre à la maison ce qui représente un grand engagement de la part des enfants et de leurs parents.

Des résultats encourageants
Grâce à une évaluation des enfants avant et après le camp, la thérapie intensive de contrainte du membre sain s’est avéré une méthode d’intervention efficace. Du côté physique, on dénote des améliorations en ce qui a trait à l’équilibre, la force du bras atteint et la motivation à l’utiliser. Sur le plan psychologique, les enfants démontrent un gain de confiance, une plus grande autonomie et une persévérance accrue dans certaines tâches qui sont plus difficiles. Les enfants en sont ressortis heureux et grandis.
Les parents de la jeune Raphaëlle étaient d’ailleurs très satisfaits de cette expérience. «Nous sommes fiers des progrès de notre enfant. Ce camp lui a permis d’utiliser son bras atteint de façon continue ce qui l’encourage à poursuivre sa réadaptation dans ses activités quotidiennes à la maison. Elle a aussi constaté qu’elle n’est pas seule dans cette situation et cela la motive énormément», ont partagé Sylvie Mainville et Jeannot Plamondon.

De leur côté, les instigatrices du projet et l’équipe du programme DI-TSA-DP du CIUSSS MCQ ne cachent pas leur joie et souhaitent que le camp soit reconduit l’an prochain à plus grande échelle.