Denis Cormier recharge ses batteries… à Indianapolis!

Congrès sur l'hypertension artérielle pulmonaire

Carol Isabel carol.isabel@tc.tc
Publié le 23 juin 2014

PLESSISVILLE. Le président et l'un des cofondateurs de la Fondation HTAPQ (Hypertension artérielle pulmonaire- Québec), Denis Cormier, retire une grande satisfaction de sa participation au 3e sommet des leaders et à la 11e conférence sur l'hypertension artérielle pulmonaire avec sessions scientifiques qui se sont déroulés du 18 au 22 juin à Indianapolis, aux États-Unis.

Pas moins de 1575 personnes (un record) issues d'une trentaine de pays ont pris part à l'événement. Il s'agissait de personnes atteintes de la maladie, d'aidants et de médecins.

Pour le Plessisvillois, ce bref séjour à Indianapolis lui a permis de renouer avec des gens qu'il avait rencontrés lors du congrès international précédent tenu à Orlando en 2012, de prendre connaissance de ce qui se passe ailleurs et de participer à différents ateliers de discussion et de motivation.

D'entrée de jeu, M. Cormier a tout de suite tenu à préciser qu'il n'en a pas coûté 5 cents à la fondation, ses dépenses ayant été défrayées par une bourse du congrès et par une contribution financière de deux compagnies pharmaceutiques canadiennes.

Le plein d'énergie

«C'est quand on participe à un tel événement qu'on s'aperçoit qu'on fait quelque chose d'utile et qu'il y a aussi beaucoup de gens qui s'impliquent. Ça nous aide à recharger nos batteries et ça nous encourage à continuer», d'expliquer M. Cormier qui a malheureusement perdu sa fille Isabelle décédée de cette terrible maladie en 2011 alors qu'elle n'était âgée que de 38 ans.

Il a d'ailleurs trouvé assez émouvant sa participation à un atelier réunissant uniquement des participants ayant perdu un proche. «Nous étions une douzaine de personnes rassemblées dans une petite salle autour d'une chandelle au centre et nous avons raconté à tour de rôle qui nous avions perdu. Même si ce n'était pas facile, j'ai aimé y prendre part.»

Une maladie peu connue

M. Cormier reconnaît qu'il y eu beaucoup de progrès réalisé depuis dix ans pour faire connaître la maladie auprès du public et des médecins eux-mêmes. «Aux États-Unis par exemple, le nombre de médecins capables de diagnostiquer la maladie et de la soigner est passé d'une centaine à 10 000. Ça demeure néanmoins un grave problème partout dans le monde», citant l'exemple de ce médecin rencontré à Indianapolis qui a lui-même eu de la difficulté à obtenir un diagnostic pour se faire traiter.

«L'hypertension artérielle pulmonaire n'a rien à voir avec les problèmes de pression artérielle. C'est une maladie qui s'attaque au cœur et aux poumons. Plus on la détecte tôt, plus les traitements sont efficaces et permettent de prolonger la durée de vie, ce qui est important. La greffe demeure cependant le seul moyen d'y survivre», rappelle M. Cormier ajoutant que les gens qui souffrent de cette maladie ont souvent l'air de ne pas être malades ce qui leur cause bien des inconvénients alors qu'on les accuse, à tort, d'être des paresseux.

Une fondation unique

M. Cormier a pu constater que la Fondation HTAPQ était aussi unique, en ce sens qu'elle est la seule qui apporte une aide financière directe aux patients. «Notre fondation paye pour des frais de stationnement ou pour faire du ménage et a même acheté des appareils qui sont indispensables dans le traitement des malades. On réussit cela par notre vente de fromage (60 000 $ par année) qui est notre principale source de financement. J'ai rencontré des collègues de la Chine et du Japon qui nous envient. Ils voudraient bien nous imiter, mais sont incapables d'amasser de l'argent à cause de la trop grande pauvreté de leur coin de pays.»

M. Cormier ajoute qu'on vit tout le contraire en Arabie saoudite alors que l'argent là-bas ne serait pas un problème. «On y retrouve une association de médecins sensibilisés à la cause, mais pas de regroupement pour les patients qui n'en sentent pas la nécessité se disant déjà bien soignés.»

Congrès provincial

La Fondation HTAPQ se prépare maintenant à organiser son congrès provincial qui aura lieu à Longueuil du 19 au 21 septembre prochain.

Les membres recevront leur invitation à y participer par la poste au cours des prochaines semaines.

Ateliers, conférences et témoignages seront au centre des activités de cette troisième édition qui sera moins axée sur le volet médical.

M. Cormier dit aussi avoir fait une rencontre intéressante à Indianapolis qui pourrait bénéficier au congrès alors qu'il a invité Tarya Laviolette, une jeune femme de 31 ans originaire du Québec et qui demeure à Vancouver, à venir livrer son témoignage et expliquer comment elle réussit à vivre avec la maladie. Comme sa fille Isabelle, Tarya a été déclarée atteinte de la maladie après avoir eu son bébé.

En terminant, M. Cormier a aussi rappelé l'importance de signer l'autocollant du don d'organes et de tissus et de l'apposer au dos de notre carte d'assurance maladie qui autorise le prélèvement à notre décès et invite les gens à consulter le site Web de la fondation à l'adresse www.htapquebec.ca

La Fondation HTAPQ

La fondation regroupe 315 membres au Québec dont 140 personnes atteintes et 175 personnes avec contribution de 10 $.

L'organisme a été fondé en 2006 et son siège social se trouve à Plessisville.