La Fromagerie Victoria s'«exporte» à proximité de Québec

Un investissement de 4 millions $

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 21 mai 2013

Le premier coup de pelle a été donné mardi matin par les actionnaires de la Fromagerie Victoria pour «exporter leur expérience et leur savoir-faire» à Lévis (secteur Saint-Nicolas), comme dit Marc-André Gosselin, vice-président de l'entreprise. Une autre «Fromagerie Victoria», un bâtiment de 11 000 pieds carrés, abritera une usine de transformation, un restaurant, un comptoir laitier et de fromages et un service à l'auto, une réplique de l'établissement que l'on connaît ici, rue de l'Aqueduc à Victoriaville.

La Fromagerie Victoria investit 4 millions $ pour ce nouvel établissement devant s'ouvrir à la mi-septembre.

Elle sera visible de l'autoroute 20, accessible par la sortie 305, dans le secteur de Saint-Nicolas (faisant désormais partie de Lévis), tout juste avant Québec quand on part de Victoriaville (on la verra, alors, à notre gauche).

Vice-président du groupe d'actionnaires, Marc-André Gosselin explique que l'entreprise cherchait les moyens de prendre de l'expansion.

Avec l'ouverture d'un restaurant à la Grande place des Bois-Francs en 2010, la Fromagerie Victoria a, pour ainsi dire, fait plafonner ses possibilités de développement à Victoriaville. «Et c'était une heureuse décision. Contrairement à ce qu'on pensait, l'ouverture du restaurant à la Grande place n'a pas eu d'incidences négatives sur les installations de la rue de l'Aqueduc.»

Pendant de longs mois, les actionnaires ont reluqué des centres commerciaux d'autres villes avec l'idée d'y implanter un restaurant comme on l'a fait à la Grande place. «Mais on ne trouvait pas ce qu'on recherchait, ni l'espace, ni l'achalandage.»

Finalement, s'inspirant en quelque sorte du modèle de la Fromagerie Lemaire implantée à Drummondville en vitrine de l'autoroute 20, la Fromagerie Victoria a trouvé ce terrain de 100 000 pieds carrés situé tout près de Québec, une aire qui n'est occupée actuellement que par un A&W et un Pétro Canada. Se développent alentour un parc industriel et un nouveau quartier résidentiel. Et surtout, observe M. Gosselin, la fromagerie la plus proche se trouve à Saint-Antoine-de-Tilly.

Marc-André Gosselin s'attend à ce que la Fromagerie Victoria de Lévis crée entre 40 et 50 emplois. À Victoriaville, son personnel se compose de 120 employés.

Il s'attend aussi à ce qu'elle réussisse à transformer beaucoup plus que les 1 750 000 litres de lait annuellement, l'actuelle production de l'usine victoriavilloise.

Seule Youville Rousseau ne fera pas partie du groupe d'actionnaires se lançant dans l'«aventure» de Saint-Nicolas. Tous les autres y participent, Florian Gosselin (père de Marc-André), Manon Roberge, Gaby Gagné, Yan Jodoin, Isabelle Hémond, Katy Marcotte, Jonathan Côté, William Castle. Quatre autres jeunes gens d'affaires se joignent au groupe pour ce projet à Québec, Frédéric Laflamme, Christopher Drolet, Jessica Gentes et Jasmin Giroux. La moyenne d'âge des actionnaires se situe autour de 35 ans.

L'implantation d'un établissement en bordure de la 20 devrait donner une autre erre d'aller à l'institution victoriavilloise, maintenant et plus tard, croit M. Gosselin.

Parce que de là-bas, on disposera d'une meilleure capacité de production, capable de se créer un réseau de distribution de fromages frais dans des épiceries et supermarchés. «À Victoriaville, on ne fournit que quelques restaurants. On ne distribue plus aux supermarchés.»

Dans le coin de Québec, la Fromagerie Victoria tentera d'imposer sa fameuse «poutine», cherchant à rivaliser avec celle d'Ashton.

À Victoriaville, l'entreprise fait figure d'institution. Elle a été créée par Gérard Grenier en 1946, d'abord installée sur la Grande Ligne. C'est M. Grenier qui avait déménagé son entreprise sur de l'Aqueduc après qu'un incendie ait détruit son usine.