Employeur engagé 2012 : un titre «adapté» pour G.G. Télécom

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 10 juillet 2012

Pour cette table ajustée au travail de contrôle de qualité de Diane Allard et pour ces installations adaptées, dont un élévateur, pour le technicien en fauteuil roulant, Tommy Houle, G.G. Télécom a décroché le prix Employeur engagé 2012.

Décerné tous les deux ans par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ce titre québécois rend hommage à la contribution exceptionnelle d'un employeur à l'intégration et au maintien en emploi de personnes ayant des limitations physiques ou mentales.

L'entreprise victoriavilloise, concevant et fabriquant des caméras de surveillance, est la deuxième à décrocher ce titre, le premier ayant été décerné, il y a deux ans, à un franchisé des Rôtisseries Saint-Hubert.

Elle était l'une des 29 entreprises à avoir soumis sa candidature.

Marie-Renée Roy, sous-ministre adjointe de la Direction générale des politiques, de l'analyse stratégique et de l'action communautaire, a tenu à venir à Victoriaville pour saluer et féliciter les propriétaires de G.G. Télécom, les frères Sébastien et Yan Gagnon.

Elle leur a remis une plaque honorifique, ainsi qu'une œuvre d'art réalisée par un artiste handicapé. Elle leur a dit qu'ils étaient des modèles «inspirants».

Yan Gagnon s'est rappelé que cette sensibilité à la condition physique et mentale des employés s'était développée grâce à l'«enthousiasme» d'un jeune homme ayant une déficience intellectuelle qui travaillait pour l'entreprise, lors des années de démarrage à Montréal. Il aurait voulu suivre son emploi, de Montréal à Victoriaville (en 2008), «prêt à voyager matin et soir entre Montréal et Victo», se souvient Yan.

Le jeune homme n'a pu réaliser son rêve, mais les frères Gagnon ne l'ont pas oublié.

Dans ce bâtiment qu'on est à agrandir pour doubler le volume de production, le technicien Tommy Houle peut, en fauteuil roulant, se promener d'un palier à un autre, accéder sans problème aux locaux, incluant la cuisinette et les salles de bain, dont les cadres de portes sont plus larges. Les locaux sont accessibles, à lui, comme à d'autres employés qui pourraient s'intégrer, plus tard, à la quarantaine de personnes travaillant chez G.G. Télécom.

Pour adapter leur lieu de travail, les frères Gagnon ont fait appel à la conseillère Josée Parenteau, du Service externe de main-d'œuvre (SEMO) du Centre-du-Québec. Elle a rendu hommage au «dynamisme et à l'ouverture» des propriétaires de G.G. Télécom.

Certes, a-t-elle signalé, ils ont reçu une aide financière d'Emploi Québec pour modifier leur lieu de travail. Mais, a-t-elle ajouté, ils ont fait face à de grosses surprises financières, la subvention étant loin de couvrir, par exemple, la totalité de la facture de l'élévateur.

Sébastien Gagnon a dit que ces investissements valaient la peine, car ils étaient consentis pour des employés fidèles et performants. À ses yeux, ce n'est pas parce qu'on a des problèmes d'audition, d'arthrose ou encore parce qu'on a perdu l'usage de ses jambes qu'on est différent et qu'on doit être exclu du marché du travail.

Diane Allard à sa table adaptée de travail. De gauche à droite derrière elle, Yan et Sébastien Gagnon, Marie-Renée Roy et Marie-Ève Cossette, directrice des opérations chez G.G. Télécom