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Dany Paradis donne au suivant


Publié le 5 août 2017

Dany Paradis a aidé plusieurs personnes en Amérique du Sud, dont cette femme.

©Gracieuseté

En avril dernier, Dany Paradis s'est rendu au Pérou pour la énième fois. Cette fois-ci, c'était différent puisqu'il y retournait pour la première fois depuis les ravages causés par El Niño.

D'après l'Institut national de défense civile du Pérou, 70 000 personnes ont perdu leur domicile et 75 sont décédées à la suite des pluies diluviennes qui ont frappé cette région. Depuis maintenant 10 ans Dany Paradis y va régulièrement. Au fil des années, il s'est fait quelques contacts. «Ça aurait été lâche de ma part de ne rien faire», a-t-il lancé.

Lorsqu'on lui a demandé s'il était le genre de personne à faire des voyages humanitaires, il a répondu timidement par la négative. En revanche, lorsqu'il a mis le cap sur le Pérou et plus précisément à Piura et Chosica, les deux régions les plus affectées, il transportait avec lui 21 valises.

Dans lesdites valises s'entassaient savons, shampoings, jouets, chaussures, produits antimoustiques.

Aussitôt arrivé à un nouvel endroit, Dany Paradis était rapidement entouré de Péruviens demandant de l'aide.
Gracieuseté

Certes, les Péruviens avaient aussi besoin d'eau, mais apporter avec lui des bouteilles était impensable. «Ils auraient passé à travers en peu de temps», a souligné le Plessisvillois. Il a préféré payer de sa poche cinq filtres à eau, chacun pouvant produire près de 1500 bouteilles d'eau potable. L'homme de 44 ans a aussi réussi à mettre la main sur des lampes de poche sans piles.

C'est en discutant avec des amis, dont quelques Péruviens installés au Québec, qu'il a recueilli l'argent nécessaire pour aider ces gens qui en avaient grandement besoin.

Entre la joie et la tristesse

Une fois au Pérou, l'enseignant en électromécanique au Centre intégré de formation et d'innovation technologique de Victoriaville s'est entouré de plusieurs personnes qu'il connaissait afin de faire don de ce qu'il avait apporté.

Ensemble, ils ont distribué dans une centaine de sacs les denrées qu'ils ont livrées de village en village. «Mes émotions se divisaient entre les sourires et les larmes. J'étais heureux de pouvoir aider, mais j'avais aussi l'impression de ne pas en avoir assez fait», a-t-il raconté. Avant qu'il ne parte pour son voyage, un ami l'avait prévenu que le moment le plus difficile risquait d'être lors de la distribution du matériel. Son ami avait raison.

«Il y avait des dames qui courraient en arrière de notre camion, car elles n'avaient pas eu de sacs de notre part», a-t-il dit avec émotion. Cinquante sacs étaient disponibles pour chacun des endroits que le petit groupe visitait. Or, il en manquait parfois certains.

Pourquoi? L'enseignant étant incapable de rester de marbre face au désespoir des personnes demeurant les mains vides, il lui arrivait de donner parfois quelques sacs de plus. «C'était comme donner un coup d'épée dans l'eau et parfois j'avais la triste impression de n’avoir rien fait», s'est-il reproché à quelques reprises lors de son entretien avec le www.lanouvelle.net.

On a encore besoin d'aide

Lors de son vol de retour, Dany Paradis a reçu des messages Facebook de Péruviens lui demandant encore son aide. «Comment ont-ils fait pour me retrouver étant donné que je ne leur ai jamais donné mes coordonnées», s'est-il questionné.

Cela fait maintenant plus de trois mois qu'il est de retour chez lui et il reçoit encore, à l'occasion, des messages de personnes lui demandant son aide.

Cent cinquante sacs contenants produits antimoustiques, savons, dentifrices, jouets et autres articles ont été distribués.
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«Ils sont encore livrés à eux-mêmes», a-t-il déploré. D'ici quelques jours, l'enseignant retournera au Pérou, cette fois accompagné de sa nièce, son oncle ainsi que d'un de ses voisins. Il n'aura peut-être pas autant de valises que lors de son précédent voyage, mais il emportera avec lui de nouveaux filtres à eau.