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Victoriaville, un marché favorable à la voiture hybride


Publié le 4 août 2017

Le tableau de bord comprend toutes sortes d'informations sur la consommation de la voiture. Il fournit même une note sur la conduite écologique de l’automobiliste.

©Photo TC Media - Hélène Ruel

Sylvain Roy, le PDG de Toyota Victoriaville, a sa petite idée sur les raisons pour lesquelles de sa cour est sorti le plus grand nombre de ces nouvelles voitures Prius Prime, hybrides rechargeables. Depuis la mise en marché de ce modèle en juin dernier, il en a livré 12 à ses clients.

Proclamée Voiture verte mondiale de l'année 2017 au Salon international de l'auto de New York, la Prius Prime a trouvé 244 preneurs au Québec où elle est offerte en exclusivité, précise le directeur régional de Toyota pour le Québec, Jocelyn Daneau.

Le deuxième plus «gros vendeur», le concessionnaire de Rimouski, a livré 10 de ces voitures.

Les ventes dépasseraient toutes les prévisions, M. Daneau rappelant qu'en trois ans, il s'était vendu 395 exemplaires du modèle précédent, la Toyota Prius mise en marché en 2012.

Jocelyn Daneau et le PDG de Toyota Victoriaville, Sylvain Roy à côté de la Prius Prime.
Photo TC Media - Hélène Ruel

«C''est parce qu'elle offre le meilleur des deux mondes», aime répéter M. Daneau parlant de la Prius Prime laquelle, avec un plein d'essence (45 litres) et une batterie bien chargée, permettrait de rouler jusqu'à 1000 kilomètres.

Un député «ambassadeur»

Le député fédéral Alain Rayes, qui a tôt fait de s'en procurer une, la troquant contre sa Prius 2012, ne se fait pas tirer l'oreille pour parler des performances de sa nouvelle voiture. Il assure qu'il peut parcourir jusqu'à 1400 kilomètres en ne consommant que 2,8 litres d'essence par 100 kilomètres.

S'il a opté pour une voiture hybride alors qu'il était maire de Victo, c'est que, comme élu, il voulait donner l'exemple qu'on peut diminuer les gaz à effet de serre, réduire sa consommation de carburant et, du coup, réaliser des économies, répond-il, lorsqu'on lui demande les motifs de son choix.

Sylvain Roy dit d'ailleurs que la conduite du député, et partant de l'époque où il était maire (2009-2015), a contribué à faire en sorte qu'à Victoriaville et dans la région les gens sont plus sensibilisés aux questions environnementales.

Il remonte le fil de l'histoire jusqu'au «père» de la récupération au Québec, Normand Maurice, pour parler des contours d'un marché plus favorable à la voiture non conventionnelle. Et puis, sur le seul territoire de Victoriaville, on retrouve six bornes de recharge. On les retrouvera au http://arcg.is/2fbsk3R.

«Victoriaville a vraiment été avant-gardiste», poursuit M. Roy.

Il parle du virage vert que l'ex-maire Rayes a fait prendre à Victo et que poursuit le maire André Bellavance (qui conduit la Toyota Prius hybride), les expériences du CFER avec une voiture roulant à l'huile de friture, la présence de véhicules hybrides tant au garage municipal de Victoriaville que dans la flotte de taxis, la proximité d'une grande entreprise comme Cascades. Tout cela favorise le marché du véhicule écologique, poursuit-il.

«Par Taxibus, par exemple, les gens connaissent mieux ces véhicules. Et puis, des clients comme M. Rayes sont de bons ambassadeurs pour nous, montrant que les performances promises se confirment dans la réalité.»

Si la voiture peut convenir à un député qui parcourt de très longues distances, elle satisfait aussi cette cliente de Princeville qui, se rendant tous les jours à son travail à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, ne consomme aucune goutte d'essence, roulant en mode électrique jusqu'à 47 kilomètres. «D'ailleurs, 71% des gens au Canada ne font que 35 kilomètres par jour», note M. Nadeau.

Bien sûr, MM. Nadeau et Roy parlent avec enthousiasme de la nouvelle voiture que Toyota a mise au point, laquelle répond, selon eux, aux attentes des automobilistes. Selon les résultats d'un sondage, 41% des automobilistes espèrent acheter une voiture non conventionnelle, souligne M. Daneau.

Trois écueils freineraient leurs ardeurs, dit M. Roy. «La voiture complètement électrique offre une autonomie très limitée.» Le temps de recharge et le coût constitueraient les deux autres obstacles, soutient-il. Le concessionnaire victoriavillois estime que la Prius Prime lève tous ces obstacles. «À une borne rapide, elle se recharge en deux heures, en cinq à partir d'une prise murale.» Quant aux coûts, ils se situent à 35 200 $ (taxes en sus) pour le modèle de base et à 40 775 $ pour le plus haut de gamme. Dans les deux cas, Québec offre une subvention de 4000 $ à l'acheteur.

D'autres initiatives

L'élan pour une voiture plus écologique gagne du terrain… et pas qu'à Victoriaville

Par exemple, il y a deux ans, la voisine, Saint-Christophe-d'Arthabaska, s'est dotée d'une Ford Focus entièrement électrique pour les déplacements de son personnel municipal.

Du côté de Plessisville, la Ville s'est lancée dans un projet-pilote d'autopartage et veut rendre plus «électrique» sa flotte de véhicules. Elle a obtenu des subventions fédérales pour acquérir deux voitures électriques du concessionnaire Chevrolet. Ces véhicules sont prêtés aux employés municipaux et le seront d'ici quelques mois aux citoyens en dehors des heures d'ouverture.