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Fosses septiques : la MRC s'apprête à les prendre en charge


Publié le 18 mai 2017

De gauche à droite au bord des Trois-Lacs, la mairesse Estelle Luneau, l'aménagiste Caroline Marchand et le DG de la MRC, Frédérick Michaud, Charles Lemieux et Francis Gauthier, respectivement DG et expert-conseil chez Gesterra et Karine Dauphin DG de Copernic.

©Photo TC Media - Hélène Ruel

La MRC d'Arthabaska vient de donner un nouveau tour de manivelle à son projet de municipaliser, pour l'ensemble de son territoire, le service de vidange des fosses septiques en milieu résidentiel. Elle en confiera la gestion à Gesterra, dont elle est actionnaire avec Gaudreau Environnement.

Avant d'adopter son règlement, à sa séance du 21 juin, la MRC organise deux séances de consultation pour les propriétaires désireux d'en savoir davantage sur ses motivations et sur la manière dont elle entend procéder puisqu'elle entend offrir le service dès l'année 2018.

Les propriétaires pourront ainsi poser leurs questions et, le cas échéant, soumettre des suggestions.

Ces séances auront lieu le 30 mai à 19 h 30 à la salle municipale de Notre-Dame-de-Ham (25, rue de l’Église) et le 7 juin à 19 h 30 au Centre récréatif de l'âge d'or (2, rue Drouin) de Victoriaville.

L'automne dernier, la MRC avait déjà annoncé son intention de prendre en charge la gestion des boues de fosses septiques. Au Québec, elle est d'ailleurs à la traîne en ce domaine, puisque 65% des eaux usées sont sous gestion municipale.

Dans la MRC d'Arthabaska, deux municipalités, Tingwick et Saint-Rémi-de-Tingwick, ont pris cette responsabilité et cela depuis au moins une dizaine d'années.

Voilà pourquoi les gens de la MRC et de Gesterra ont tenu la conférence de presse à Saint-Rémi, tout au bord des Trois-Lacs. La mairesse, Estelle Luneau, a d'ailleurs indiqué que c'était la volonté d'y préserver la qualité de l'eau qui avait incité la municipalité à prendre en charge le service de vidanges. En municipalisant le service, elle sensibilisait, du coup, les propriétaires à l'importance de respecter les dispositions du Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q-2, r. 22).

Ce Règlement édicte des normes bien précises sur la conformité des fosses septiques, obligeant les propriétaires à faire vidanger leur fosse aux deux ans lorsqu'il s'agit d'une résidence principale et aux quatre ans pour une résidence secondaire.

Directeur général de la MRC, Frédérick Michaud a expliqué que la municipalisation du service répond à des impératifs tout à la fois économiques, environnementaux et de santé publique. «En systématisant la collecte, on réduit les coûts et les impacts environnementaux», a-t-il dit. Avec le système actuel et les appels à la pièce, le camion vidangeur peut se rendre dans un rang un jour et devoir s'y rendre pour le voisin une semaine plus tard, a illustré M. Michaud.

Une quatrième collecte

C'est un peu comme si on instituait une quatrième collecte, a indiqué Charles Lemieux, directeur général de Gesterra.

Les résidents des municipalités plus éloignées du lieu d'enfouissement sanitaire devraient réaliser des économies. Le service devrait coûter en moyenne 118 $ par porte pour une vidange sélective. Les propriétaires désireux d'obtenir des vidanges supplémentaires (pour une fosse scellée, par exemple) pourront en faire la demande à leur municipalité.

Parce que le service se «régionalise», une municipalité comme Saint-Rémi devrait voir sa facture baisser, passant de 142 $ à 120 $ par porte.

Il appartient à chacune des municipalités de décider de quelle façon elle facturera le service. Elle pourrait convenir que le coût est imputé sur une année ou réparti sur deux ans.

M. Lemieux a indiqué que Gaudreau Environnement sera le maître d'œuvre, l'entreprise étant par ailleurs disposée à conclure des ententes avec des sous-traitants dont le siège social est situé sur le territoire de la MRC. C'est une chance, a-t-il dit, qu'existe une société mixte comme Gesterra qui lui permet de négocier avec son partenaire sans devoir constamment retourner en appel d'offres. Vérifications faites, a-t-il dit, les prix négociés sont concurrentiels avec ce qu'il en coûte ailleurs. On estime à 12 000 le nombre de fosses septiques sur le territoire de la MRC d'Arthabaska. Leur contenu sera vidangé au Lieu d'enfouissement sanitaire de Saint-Rosaire, également propriété de Gesterra, les boues y étant valorisées.

Sur le site Internet de Gesterra, un onglet porte spécifiquement sur la nouvelle initiative (www.gesterra.ca/fosses).

Le directeur général de Gesterra a précisé qu'avaient été analysées les pratiques dans les autres MRC pour fixer un modèle à adopter dans Arthabaska, tant pour les opérations de vidanges que pour la façon de communiquer avec les citoyens. Les propriétaires devraient recevoir, quelques jours auparavant, un avis les informant du passage du camion vidangeur. Ils devront alors faire en sorte que les éboueurs puissent accéder facilement à l'entrée de la fosse.

Cette nouvelle façon de faire permet aux municipalités de détenir un juste portrait de l'état des fosses septiques, a fait valoir Karine Dauphin, directrice générale de COPERNIC. Elle donne du poids aux efforts que font les propriétaires et les municipalités soucieux de l'impact que peuvent avoir des fosses septiques non conformes sur la qualité des eaux de surface et souterraines. «Et on s'assure que le citoyen sait comment entretenir ses installations.»

Gesterra recrutera une personne pour s'occuper de ce dossier, «sur le terrain» a spécifié Charles Lemieux.

La mairesse Estelle Luneau dit que la régionalisation du service, outre les économies qu'elles engendreront pour sa municipalité, sera aussi un «cadeau» pour la directrice générale qui n'aura plus à s'occuper de ce dossier.