Parvélo crée sa marque qu'elle veut exporter dans tout le Canada

L'entreprise de Victo conçoit et assemble ses vélos


Publié le 13 avril 2017

Avec, devant eux, deux modèles de marque Parvélo, se trouvent, de gauche à droite, Éric Alain, Samuel Jeanson, l'intervenante Geneviève Leblanc, Mathieu Gagné, Joshua Paquette, Jack Comtois, Geoffrey Poisson, Pascal Hamel, Tommy David-Leclerc, des travailleurs de Parvélo.

©Photo TC Media - Hélène Ruel

L'entreprise d'économie sociale Parvélo a donné un autre coup de pédale à ses activités. Non seulement, ses gens vendent des vélos neufs et usagés, en récupèrent et en réparent, les voici maintenant à créer leurs propres modèles.

Sur le Zen, l'enfant s'entraîne à maintenir son équilibre sur ce petit bicycle sans pédales, mais muni de freins pour lui apprendre à les manœuvrer.
Photo TC Media - Hélène Ruel

La gamme de ces vélos conçus et entièrement assemblés dans l'atelier de Parvélo du boulevard Jutras compte déjà trois modèles, le ParUrbain (un hybride confort), le Transit (un hybride performance) et le Zen, celui-ci étant un tout petit bicycle sans pédales, sur lequel l'enfant apprend à garder son équilibre.

Éric Alain montrant un prototype d'un troisième modèle à venir, l'Octane 27,5.
Photo TC Media - Hélène Ruel

Déjà, un autre modèle se profile dans le marché, l'Octane 27,5 doté de gros pneus, ayant l'allure d'un fat bike sans en être, mais pouvant faire l'affaire des amateurs de vélo de montagne.

Un autre se trouve déjà sur la table à dessin, l'Explore, pour ceux que les sentiers de gravelle n'effarouchent pas.

Directeur général de Parvélo depuis dix ans, Éric Alain explique que de concevoir une marque victoriavilloise s'inscrit tout à fait dans le contexte du marché et de la mission d'insertion de l'entreprise.

Il n'existe pratiquement plus d'usines de fabrication de vélos au Canada, malgré l'engouement pour ce sport, observe-t-il. Les prix ne cessent d'augmenter, rendant la pratique moins accessible pour les familles.

Les prix des vélos de l'entreprise victoriavilloise seraient non seulement concurrentiels, mais plus bas que leurs équivalents sur le marché, Parvélo voulant offrir, justement, une alternative aux familles.

Exporter au Canada

Aux 25 détaillants québécois chez qui on peut trouver la marque Parvélo, devraient s'en ajouter 15 autres l'an prochain, selon les objectifs ambitieux que se fixe le directeur général.

Il est allé jusqu'en Asie parce que c'est là qu'on fabrique 95% des cadres de vélos vendus dans le monde. «Il n'y aurait aucune rentabilité pour nous à vouloir en fabriquer. Alors, on les importe.»

Éric Alain et surtout le dessinateur et mentor Jack Trudel ont dessiné et conçu les cadres des modèles qu'ils proposent, achètent ou importent les autres pièces. Et ce sont les jeunes de Parvélo qui assemblent ces vélos qu'Éric Alain aime qualifier de «socialement responsables».

«C'est une nouvelle expérience de travail pour nos jeunes, une grande fierté», souligne encore le directeur général. C'est une chose de réparer un vélo, de le reconditionner, c'est une tout autre chose que d'en bâtir un de toutes pièces, ajoute-t-il.

«On fait de la business sociale!», aime à dire Éric Alain qui n'a jamais renié son passé d'entrepreneur.

Il dit que chez Parvélo, on fait les «affaires à l'envers». D'une part, l'entreprise ramène du savoir-faire local dans une production manufacturière disparue au Canada. D'autre part, elle ramène dans son atelier-boutique des gens que les autres entreprises n'auraient pas embauchés… du moins pas tout de suite.

Car, l'essence de la mission de Parvélo – qui aura 20 ans l'automne prochain -, consiste à les préparer à réintégrer le marché du travail eux qui, pour une raison ou pour une autre, s'en étaient éloignés.

Pendant 26 semaines, une trentaine de jeunes adultes de 18 à 30 ans (parfois un peu plus) travaillent dans l'entreprise, s'affairant à des tâches de mécanicien, de concierge, de magasinier, de service à la clientèle, d'aide au travail de bureau. Ils peuvent en sortir avec un diplôme reconnu par le ministère.

Dans ces vélos aux initiales PV, il y a aussi cette mission que Parvélo veut mettre de l’avant, perpétuer et «vendre».