Cinq Centricoises honorées

Publié le 20 mars 2017

prix Georges-Dor

©Photo gracieuseté

La Société Saint-Jean-Baptiste du Centre du Québec (SSJBCQ) a profité de la Semaine de la langue française et de la francophonie pour remettre son prestigieux prix Georges-Dor ainsi que les prix du Mérite en français. Cet événement unique au Québec a souligné l'excellence de cinq Centricoises.

Les prix du Mérite en français

Les Mérites en français sont remis chaque année par la SSJBCQ aux élèves ayant obtenu les meilleurs résultats du territoire Centricois aux examens ministériels de français de 5e secondaire.

Les lauréates sont : Rachèle Daneau et Léonie Gagnon qui fréquentaient toutes deux l'an dernier l'école secondaire Jean-Nicolet, ainsi que Léonie Vigneault qui elle complétait son parcours secondaire à la polyvalente La Samare de Plessisville. Ces jeunes femmes poursuivent maintenant des études collégiales en vue de devenir respectivement avocate ou journaliste, pharmacienne et éducatrice spécialisée.

Prix Georges-Dor 2017

Remis depuis 2002, le prestigieux et convoité prix Georges-Dor a été décerné cette année à Maureen Martineau.

Dotée d'une plume expérimentée, la lauréate 2017 est une passionnée bien ancrée dans sa communauté. Mais ses mots, eux, ont fait bien plus que le tour du Québec.

Après 33 ans au sein du théâtre Parminou, cette comédienne et auteure emprunte en 2012 une voie artistique plus personnelle et plus exigeante sur le plan de l'écriture. Les histoires qui l'habitaient se sont imposées sous la forme de roman policier.

Depuis 2012, son héroïne a été au cœur de trois œuvres qui ont su charmer tant les éditeurs que les lecteurs, par le style d'écriture bien sûr, mais aussi par le souci de l'auteure de situer géographiquement ses intrigues dans sa région, le Centre-du-Québec.

Son  héroïne, la sergente-détective Judith Allison, habite Tingwick et fait partie de la police régionale d’Arthabaska, un état-major qui regroupe les MRC d’Arthabaska, de Nicolet-Yamaska et de Bécancour. Créé pour les besoins de la fiction, ce corps de police a tous les pouvoirs pour conduire des enquêtes criminelles sur son territoire.

Ce désir de positionner le polar en dehors des grands centres, vient souligner d’une autre façon l’existence d’une culture spécifique à chaque région. Par le type de crimes qui s’y commettent, le lecteur en apprend beaucoup sur la réalité sociale et culturelle des populations rurales, la conduite de l’enquête devenant le véhicule du voyage au cœur des valeurs qui nous définissent comme collectivité.

Les sujets traités ne sont pas légers. Le jeu de l'ogre abordait la négligence parentale de certains pères. L'enfant promis explore un drame social autour de la maternité. Quant à L'activiste, le jour des Morts, il a fallu à l'auteure un travail titanesque de documentation pour nourri r une intrigue exposant la dangerosité de la fibre d'amiante chrysotile et faire voyager l'enquêtrice d'Asbestos jusqu'en Inde et au Nunavuk.

Une femme passionnée

Si la saison 2015-2016 lui a permis d'explorer également la forme courte de la nouvelle policière en participant à la création du recueil collectif Crimes à la bibliothèque, elle trouve aussi le temps de s'impliquer dans sa communauté afin de promouvoir la littérature. Ses nombreuses réalisations comme coordonnatrice bénévole de la bibliothèque de Tingwick démontrent son engagement à développer le goût de lire et d'écrire, autant chez les petits qu'auprès de clientèle beaucoup moins encline à fréquenter ces lieux de culture.

De toutes évidences, Maureen Martineau est une passionnée. Par les ateliers qu’elle offre, par les nombreux projets qu’elle concrétise dans sa communauté élargie, par la place qu’elle donne au Centre-du-Québec dans ses œuvres, par ses nombreuses implications bénévoles, elle contribue au dynamisme culturel Centricois et elle aime croire que ses romans apportent autant un plaisir de lecture qu’une réflexion sociale à ses lecteurs.

Elle s'est d'ailleurs dite fière et honorée de recevoir  le Prix Georges-Dor de la SSJBCQ.  « Ce sont dans les paroles de chansonniers comme Georges-Dor que j'ai découvert la poésie et toute la richesse de la langue québécoise. J'attache beaucoup d'importance à ce prix, car, vous savez, un auteur travaille la plupart de son temps seul, dans son bureau. On ne le dira jamais assez, des prix prestigieux comme celui d’aujourd’hui sont précieux dans notre parcours professionnel. Parfois, ils nous aident à intéresser une maison d’édition à  nos manuscrits, à nous ouvrir des portes. Ça vient dire que des gens ont cru en nous et que ça vaut la peine de nous faire confiance. À mes yeux, le prix Georges-Dor vaut de l’or », a-t-elle conclu ses remerciements.

Dans le milieu des écrivains de polar, Maureen Martineau est perçue comme une des rares femmes écrivaines qui osent explorer le thriller politique. Grâce à ces dernières publications, son identité d'auteure se forge et la SSJBCQ, par la voix de sa directrice générale, Gisèle Denoncourt,  est fière de souligner les réalisations de cette femme qui fait briller à la fois la langue française et notre région.

Une reconnaissance particulière

Exceptionnellement cette année, les membres du jury du Prix Georges-Dor ont décidé de remettre une reconnaissance particulière à une artiste littéraire centricoise qui se distingue par ses œuvres poétiques d’un style peu commun et peut-être moins connu ici, bien qu’elle fasse voyager ses mots depuis plusieurs années bien au-delà de nos frontières.

On parle ici de poésie, mais d’une facture très particulière : le HAIKU. Qu’est-ce que les haïkus? Ce sont de petits poèmes de 17 syllabes, en 3 vers, respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Le haïku fut l’un des genres poétiques privilégiés de la littérature japonaise classique.

La Centricoise honorée a publié quatorze œuvres, dont six au cours des 3 dernières années. Il s'agit de Diane Descôteaux.

Animation d’ateliers, conférence, lectures publiques, elle saisit toutes les tribunes pour faire connaître cette écriture poétique brève.

Ses œuvres ont été maintes fois récompensées. Depuis le début de l’année, elle a raflé pas moins de 9 prix de poésie japonisante! En France, au Japon, au Québec, en Roumanie, au Sénégal. Son palmarès géo-honorifique a impressionné le jury de la Société : Europe, Asie, Moyen-Orient, Europe de l’Est, Amérique du Nord et Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, c’est chez elle, au Centre-du-Québec, que cette résidente de Notre-Dame-du-Bon-Conseil reçoit une reconnaissance particulière de la SSJBCQ pour l’ensemble de son œuvre qui fait voyager la langue de Molière aux quatre coins du globe, ce sur quoi elle s'exprime :  « Grâce au plus petit poème au monde, j’ai l’immense privilège de recevoir cette belle reconnaissance. Issu d’une tradition séculaire au Japon et popularisé au Québec dans les années 70, c’est en 2000 que je me suis approprié le haïku. Depuis, une passion sans borne pour ce genre minimaliste anime ma pratique littéraire alors qu’un attachement profond à ma langue maternelle m’incite à le faire voyager au-delà de nos frontières à travers des ateliers d’écriture ou des conférences dans la francophonie. »

La Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-du-Québec est fière de souligner les réalisations et le rayonnement de ces personnes qui par leur excellence contribuent à la valorisation de notre langue française en sol québécois et ailleurs.