Le Centre-du-Québec doit oublier son CIUSSS


Publié le 18 mars 2017

Le premier ministre Philippe Couillard

©TC Media - Lise Tremblay

À l'approche du dépôt du budget Leitao, tel que nommé par le premier ministre Philippe Couillard, celui-ci n'envisage toujours pas d'accorder un CIUSSS spécifique au Centre-du-Québec, affirmant que cela «ne serait pas dans son intérêt». Le premier ministre considère-t-il le CDQ comme une vraie région?

De passage à Drummondville à l’occasion du premier d’une série de 13 colloques régionaux, le premier ministre a dû s'expliquer quelque peu sur le dossier du CIUSSS, dont la répartition territoriale a suscité un vif mécontentement au Centre-du-Québec.

Le premier ministre s’était d’abord adressé aux membres du PLQ de la région dans la grande salle de congrès du Best Western avant de répondre aux questions des journalistes, en fin d’avant-midi, en compagnie de Laurent Lessard, ministre des Transports et responsable de la région du Centre-du-Québec.

Malgré les nombreuses interventions et démarches des décideurs locaux, le gouvernement Couillard n’a pas l’intention de remettre en question la version du CIUSSS actuelle, qui couvre le Centre-du-Québec et la Mauricie, soit deux régions.

Interrogé sur la nouvelle situation du Centre-du-Québec, qui se voit ainsi privé d’un CIUSSS sur son territoire, M. Couillard ne semble guère y voir de problèmes. Rappelons que le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, a récemment créé un comité de vigie sur la santé composé de différents acteurs du milieu, lesquels reprochent à Québec de ne pas reconnaître le CDQ comme une région à part entière.

«Ce ne serait pas dans l’intérêt du Centre-du-Québec d’avoir son propre CIUSSS, à cause des patients, a signalé le premier ministre. On sait très bien que les patients d’un côté du fleuve sont traités de l’autre côté et cheminent de part et d’autre. Donc, il est essentiel d’avoir la meilleure coordination possible des deux côtés du fleuve. Deux établissements distincts, ça n’améliorerait pas la situation des soins de santé. Au contraire, ça la rendrait moins intéressante. Et maintenant qu’on a plus d’argent, on va être en mesure d’avoir de meilleurs moyens de coordination.»

Il faut dire que M. Couillard avait d'autres annonces à livrer sur le prochain budget qui sera déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, le 28 mars. Aux dires du premier ministre, le budget 2017 sera équilibré pour une troisième année consécutive et permettra d'en finir avec «l'habitude des déficits».

Investissement

M. Couillard a promis un investissement massif dans le secteur de l’éducation. «En éducation, il y aura un effort très important et soutenu, à partir de l’enfance jusqu’à l’université, et pour les trois, quatre et cinq prochaines années, a indiqué le premier ministre, qui estime que ces mesures favoriseront l’embauche de professionnels et spécialistes.

Il a également tenu à rassurer ses membres sur le maintien des services de santé régionaux, notamment ceux de l’hôpital de Nicolet et de la radiologie, à Plessisville.

Et l'autoroute à deux voies?

Reste à savoir si le budget Leitao du 28 mars réservera une bonne nouvelle pour l’autoroute 55, où l’on attend avec impatience sa réfection en vue d’offrir deux voies.

Ni M. Couillard ni M. Lessard ne se sont hasardés à promettre quoi que ce soit. Le ministre des Transports a cependant admis que les récentes études sur l’achalandage ont laissé voir une hausse des passages, surtout près de l’autoroute 30. Avec les 18 000 passages par jour, M. Lessard estime qu’il faut faire quelque chose. «Il ne reste pas beaucoup de tronçons à faire au Québec, du nord au sud. Il ne reste que l’autoroute 55 et l’autoroute 35. Alors, je nourris beaucoup d’ambitions pour l’autoroute 55.»

Le Plan québécois des infrastructures détient une enveloppe de 480 millions de dollars pour de nouvelles infrastructures. Les derniers chiffres sur l’achalandage lui laissent entrevoir une hausse possible de cette enveloppe.

Un secteur autonome

Quant à l’économie de la région dont il est responsable, Laurent Lessard admet qu’elle bénéficierait d’un déploiement du secteur tertiaire, mais que ce n’est certes pas à son gouvernement d’en assurer le développement.

«On n’a pas de mesures particulières pour favoriser le développement de l’activité tertiaire, admet le ministre Lessard. Il devrait découler du secteur primaire et de celui de la transformation. On n’invente pas l’économie tertiaire.»