Il y a de la place pour les femmes dans les usines

Une campagne pour chasser les idées préconçues

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 7 décembre 2016

De gauche à droite, la coordonnatrice de la Table, Francyne Ducharme, le préfet suppléant Alain St-Pierre, la directrice du développement des communautés à la MRC, Ève Champagne et la directrice des SIE, Annie Perreault

©Photo TC Media - Hélène Ruel

À cette requête «Embauchez des femmes» adressée aux entreprises manufacturières pourrait s'en ajouter une autre, celle-là à l'endroit des femmes : «Femmes, il y a des emplois pour vous dans les entreprises manufacturières».

Avec des partenaires comme la MRC d'Arthabaska, la Chambre de commerce, la Corporation de développement économique, Services intégrés pour l'emploi, la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec vient de se lancer dans une nouvelle campagne de sensibilisation.

Précédée d'un sondage auprès d'employeurs pour jauger leur ouverture à intégrer des travailleuses dans leur usine, la campagne s'amorce avec une série de six capsules vidéo où le ton et la gestuelle humoristique ne cachent toutefois pas la réalité.

Il y a de part et d'autre, du côté des employeurs comme des femmes, certaines réticences.

Si 56% des 106 entreprises ayant répondu au sondage mené l'été dernier, ne voient aucun obstacle à recruter des femmes, rien n'empêche que seulement 57 emploient des journalières. Au total, seulement 29% des travailleurs des entreprises manufacturières sont des femmes. La force physique constitue l'obstacle le plus souvent évoqué.

Les femmes entretiendraient elles aussi des préjugés quant au travail dans une usine, s'attendant à un environnement «sale».

Lorsqu'elles s'inscrivent chez Services intégrés pour l'emploi (SIE), d'emblée, elles souhaitent s'orienter vers un emploi dans le créneau des biens et services, dans les soins aux personnes, note la directrice Annie Perreault.

«Ce sera un grand défi pour nous que de tenter de les convaincre de s'intéresser aux emplois disponibles dans le secteur manufacturier», soutient-elle.

Les emplois de ce secteur sont souvent mieux rémunérés, offrent des horaires plus fixes, une plus grande sécurité d'emploi, note encore la directrice.

Car il y a des emplois dans ce domaine, souligne Chantale Descheneaux, agente de développement à la Table. Soixante-dix entreprises répondantes prévoient créer 635 emplois au cours des trois prochaines années, selon les données du sondage qu'elle a mené.

Pour soutenir tout à la fois les employeurs que les travailleuses potentielles, la campagne prévoit aussi la création d'une trousse d'outils pour les employeurs. Ils y trouveront ce qu'ils pourraient améliorer pour, non seulement recruter des femmes, mais les retenir en emploi, ce qui constitue un autre enjeu, selon la coordonnatrice de la Table, Francyne Ducharme.

Quant aux femmes, SIE organisera des sessions de formation et d'information sur les concepts de santé et de sécurité au travail, du système impérial métrique, d'hygiène et de salubrité. On leur proposera même d'apprendre à manœuvrer un chariot élévateur… tout aussi utile aux hommes pour soulever des piles de planches.

Le préfet suppléant de la MRC d'Arthabaska, Alain St-Pierre, a salué cette opération visant à chasser les idées préconçues. Il dit qu'elle favorisera l'égalité en emploi et contribuera à satisfaire les besoins de main-d'œuvre des entreprises.

Les capsules vidéos peuvent être visionnées sur diverses plateformes, celles des sites des partenaires et sur la chaîne You Tube de la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec.