Un adieu touchant au petit Samy

Claude Thibodeau claude.thibodeau@tc.tc
Publié le 17 octobre 2016

Un petit ange conduit à son dernier repos.

©TC Media - Claude Thibodeau

L'église Sainte-Christophe-d'Arthabaska, par une belle journée d'automne, a accueilli, lundi après-midi, de nombreux proches, parents et amis, venus saluer, rendre hommage et dire un dernier au revoir à Samy Tardif, frère d'Elliot qui a donné naissance à une fondation bien connue, et fils de Karine Dupuis et Jérôme Tardif.

Atteint de la même maladie que son frère, Samy est décédé le 10 octobre. Il n'avait que 5 ans. «La même peine nous rassemble. Des sentiments pénibles nous animent. Le départ précipité de Samy nous laisse devant un mystère qui nous dépasse», a exprimé l'abbé André Genest qui présidait la cérémonie.

Une célébration qui se voulait, comme l'a souligné le prêtre, comme une conversation à plusieurs voix, celles de membres de la famille et de Dieu.

«À ta naissance, tu pleurais et les gens autour riaient. Maintenant, alors que tu es en haut, c'est nous qui pleurons. Assis sur ton étoile, salue ton frère qui nous manque tant. Bon voyage, je t'aime», a dit une jeune fille.

Sandra Tardif, pour sa part, a emprunté les mots d'Elliot, décédé il y a quelques années. «Je vous ai alors fait une promesse, celle de veiller sur vous tous, particulièrement sur mes merveilleux parents et mon petit frère adoré, Samy. J'ai respecté cet engagement. Accroché à mon étoile, je vous surveillais avec bienveillance», a-t-elle confié.

«Samy, mon petit frère si fragile, a-t-elle poursuivi. Tu as malheureusement hérité du même bagage génétique que mois. Que de souffrances tu as enduré, mais tu n'as jamais baissé les bras. Je sais ta douleur et l'incapacité de le dire, de le crier. Toi et moi, nous étions des guerriers, de vrais combattants. Toute cette force, on la tenait de papa et de maman.»

La vie de Samy aura été de courte durée, a-t-elle observé. «Mais tu l'as vécue pleinement. Tu as été bercé par tout l'amour qui t'entourait. Souviens-toi de toutes ces activités, de tous ces voyages, ces bains réconfortants, ces doux massages. Souviens-toi de ces sourires des gens qui te rencontraient. Tu es un être lumineux, je te jure.»

Le départ de ce petit ange de 5 ans a de quoi bouleverser la vie de bien des gens, de faire vivre aux parents «une douleur immense, insupportable» et de les plonger dans le néant. «Je le sais, je le sens, a-t-elle continué. Mais ne vous inquiétez pas. Vous avez été des parents exceptionnels qui n'ont jamais baissé les bras. Vous avez donné 14 ans de votre vie à vos deux champions. Vous avez mis votre vie en suspens pour nous. Vous étiez heureux et surtout, vous n'aviez pas envie de changer de vie.»

Comme si Elliot s'adressait à ses parents, elle les a invités à continuer tout en prenant le temps de penser un peu à eux. «Continuez de sourire. La vie est fragile, mais elle est belle. Il suffit de la regarder avec les yeux du cœur.»

Il y avait aussi un message pour ces nombreuses personnes  soutenant la Fondation Les amis d'Elliot. «Vous les amis d'Elliot, vous qui êtes attachés à la Fondation, malgré notre absence, continuez de vous impliquer, plusieurs ont besoin de vous. Chacun peut faire une différence dans la vie des enfants malades. Par votre implication, vous allez nous permettre de demeurer auprès de vous, d'être encore vivants dans vos cœurs.»

Ces mots, ils étaient bien sentis, a souligné Sandra Tardif. «J'ai la profonde conviction qu'il (Elliot) guidait chacune de mes paroles. À vous, Karine et Jérôme, ne cessez jamais de croire dans la beauté de la vie, car à partir de maintenant, deux petits anges lumineux guideront chacun de vos pas.»

Une façon d'honorer la mémoire de Samy, a souligné l'abbé Genest, c'est de se rappeler de sa mission. «Et de continuer à faire de notre mieux pour être vivant, de continuer la mission qu'ils (Elliot et Samy) ont commencé, de continuer à miser sur l'amour, sur la solidarité les uns envers les autres et envers les enfants malades. Que sa mission continue, que le nom et le visage de Samy restent allumés en nous. Quant à Samy, qu'il se laisse prendre par Dieu et qu'il entre dans la plénitude de la vie», a exprimé le prêtre.

Une autre proche, Chantal, a aussi livré un émouvant témoignage, se rappelant sa douceur, ses sourires, son grand cœur, chaque fois qu'elle pensait à Samy. «En ta compagnie, tu nous ramenais à l'essentiel de la vie. Avec toi, les choses matérielles n'avaient aucune importance. On ressentait avec toi, a-t-elle confié, une paix profonde, la pureté de ton cœur.»

Si Samy présentait des limites physiques, aucune limite, toutefois, au niveau du cœur. «Les enfants handicapés ont une mission très spéciale, celle de nous ouvrir le cœur. Elliot et Samy ont rempli cette mission de façon extraordinaire avec l'aide de leurs parents exceptionnels. Ils ont réussi à toucher le cœur des gens de la région de Victoriaville», a-t-elle noté, ajoutant que Samy, maintenant, se trouvait libéré de ses limitations. «Tu es maintenant dans le cœur de Dieu. Tu n'es plus handicapé, tu n'as plus de limitations, ni souffrances. Tu es seulement dans l'amour de Dieu pour l'éternité. Et un jour, nous serons tous réunis. Amen!», a-t-elle conclu.

 

L'abbé André Genest a présidé la cérémonie.

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De beaux chants ont marqué la cérémonie.

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Une envolée de ballons avant l'inhumation

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Le cimetière paroissial

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