L’heure est aux souvenirs et à la reconnaissance

Avant de tirer un trait sur les 144 ans de présence des frères à Arthabaska

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 8 juin 2015

VICTORIAVILLE. Il faut bien prononcer le mot «départ», puisque c’est celui des frères du Sacré-Cœur en mars 2016, qui justifie la tenue de cette journée de souvenirs et de reconnaissance le samedi 13 juin.

L’activité s’organise au Complexe Sacré-Cœur, dans ce bâtiment qui a été le premier pied-à-terre de la communauté religieuse au Canada en 1872.

C’est donc 144 ans de présence à Arthabaska qu’on soulignera samedi… d’autres activités étant prévues pour le départ en mars 2016.

Ce mot est presque tabou dans la bouche de Raymond Lapointe, ex-frère du Sacré-Cœur, du frère Léon-Maurice Tremblay et du frère Marcel Gagnon, l’«archiviste» de la communauté.

Parce que pour cette rencontre du 13 juin, on souhaite essentiellement se concentrer sur les souvenirs et sur la reconnaissance à l’endroit de l’œuvre des frères du Sacré-Cœur. «C’est le prêtre André Coindre de l’Association les Amicalistes qui nous a proposé cette idée», dit Raymond Lapointe.

Tous ceux qui sont passés par la maison provinciale sont attendus, qu’ils appartiennent encore ou pas à la communauté religieuse.

M. Lapointe est de ces ex-religieux qui, en créant l’Association des Amis d’Arthabaska a contribué à jeter les ponts entre les frères et les ex-frères.

À ce jour, le comité organisateur a accueilli 165 inscriptions, de religieux, d’ex-religieux, des conjointes de ces derniers.

La députée d’Arthabaska a annoncé sa présence de même que l’évêque André Gazaille et le curé de Saint-Christophe-d’Arthabaska, David Vincent. La Ville de Victoriaville devrait être également représentée.

Le rassemblement commence avec la présentation du frère Gagnon, se poursuit avec une célébration eucharistique, puis un dîner et se termine en après-midi avec une visite des lieux.

Le frère Gagnon racontera les débuts, pénibles et laborieux, de l’implantation de la communauté religieuse à Arthabaskaville dans ce qui était la maison de Rufus Wadleigh.

De l’histoire

Fondée en 1821 à Lyon en France, la communauté religieuse s’est installée aux Etats-Unis en 1846, avant de s’installer au Canada en 1872.

Le frère Gagnon concentrera sa présentation sur les débuts de la communauté, c’est-à-dire jusqu’en 1905, alors que l’on déménagera le collège commercial des frères dans ce qu’on a appelé l’Ermitage beaucoup plus tard (et qui est aujourd’hui un édifice de l’Office municipal d’habitation).

Dans la maison Wadleigh (qu’on ne voit plus aujourd’hui), quatre frères enseignaient à 110 élèves, tous des garçons. C’est le curé Suzor qui avait réclamé la création d’un collège commercial bilingue à Arthabaskaville.

Il a fallu quelques années avant que la communauté soit reconnue officiellement, qu’elle devienne propriétaire de l’école et qu’elle s’affranchisse en quelque sorte de la poigne du curé Suzor. Et il a fallu les 49 000 $ d’une bienfaitrice (une dame Hamel de Québec) pour agrandir le collège et améliorer les conditions de vie et de travail des religieux.

C’est à partir de la maison provinciale d’Arthabaska que les frères du Sacré-Cœur ont pu ouvrir d’autres écoles au Québec et en Ontario… Le supérieur provincial, Yves Granger, loge toujours au 905, boulevard des Bois-Francs Sud.

Ce sont aussi les frères qui sont à l’origine de ce qui est aujourd’hui le cégep de Victoriaville. En 1940, le gouvernement a réquisitionné leur collège pour en faire une école d’aviation. C’était le début de la Seconde Guerre mondiale. Les frères ont alors construit le Collège de Victoriaville qu’ils ont cédé au gouvernement fin des années 1960.

Depuis l’installation des frères Cyrinus, Théophile, Théodule et Edmund à Arthabaskaville, la maison de la communauté s’est agrandie à plusieurs reprises au fil des années au point de devenir le monument patrimonial que l’on connaît. Il est, depuis 2011, propriété de Peter Cafaro qui en a transformé une grande partie en centre de congrès.

Mars 2016

Il était entendu que les frères resteraient dans leur maison, à titre de locataires, pour cinq années. Ils sont encore une vingtaine à s’y trouver, la moyenne d’âge dépassant les 75 ans. On ne connaît pas les modalités de leur départ et ce qui adviendra des aires qu’ils quitteront (la partie arrière et le troisième étage). Ils occupent encore quelque 30% de la superficie du vaste bâtiment.

On ne sait pas non plus qui entretiendra le cimetière, un joyau du patrimoine religieux, sujet de préoccupation surgi lors de la consultation publique sur le Vieil-Arthabaska la semaine dernière. Cette question ferait actuellement l’objet de pourparlers.

En 2009, la communauté religieuse a cédé une grande partie de son immense terrain à la Ville de Victoriaville. Cette dernière en a fait un parc, le Verger des frères. Le CETAB+ en a fait un laboratoire de recherches alors que le Cégep en utilise une partie comme ferme-école en agriculture biologique.

Quelques dates

1875

Une première aile de brique s’ajoute à la maison Wadleigh

1877

Construction de la façade et d’une aile de pierre du côté droit quand on fait face à l’édifice

1884

Une allonge s’ajoute à l’arrière

1888

Une autre aile se bâtit pour abriter la chapelle

1936

Une tour s’élève et une aile s’ajoute à gauche

1938

L’aile de 1888 s’allonge de nouveau et on ajoute deux autres ailes.

1961

On défait la chapelle de 1888. L’École Vision loge aujourd’hui dans l’aile de pierre qui a été refaite.

1979

S’ajoute une résidence pour étudiants, la maison des frères ayant aussi abrité le Collège d’Arthabaska II de 1975 à 1999