Pas de relâche pour le bio

Le CETAB+ organise son premier colloque

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 9 mars 2015

VICTORIAVILLE. Parce qu’il s’agissait d’une première expérience, Geoffroy Ménard se montrait satisfait, en fin de semaine, de la participation à ce premier Colloque bio pour tous du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+) dont il était l’organisateur principal.

Le Colloque a mis de la vie dans plusieurs locaux du cégep déserté pendant la semaine de relâche.

Le CETAB+ voulait à la fois souligner ses cinq ans d’existence, offrir une occasion d’échanger des connaissances et des expériences, les cinq ans marquant aussi l’achèvement de recherches importantes, a expliqué M. Ménard, agroéconomiste au CETAB+.

«Par ce colloque, on voulait donner la parole à nos partenaires. On souhaitait aussi se faire connaître davantage et rayonner au-delà de la mappe du biologique», a-t-il ajouté.

S’il pouvait se réjouir de la couverture médiatique de l’événement – par la Terre de chez nous et par le magazine Bien dans son assiette de Radio-Canada – M. Ménard aurait espéré que le colloque s’attire davantage de producteurs conventionnels. D’ailleurs, la coprésidence d’honneur avait été confiée au président de l’UPA, Marcel Groleau (le producteur bio Daniel Lampron étant l’autre coprésident).

Le Colloque a également constitué un moment opportun pour souligner l’accession récente du CETAB+ au statut de Centre collégial de transfert technologique (CCTT) par le gouvernement du Québec, ce qui lui assure des assises financières. C’est en partie pour cette raison qu’on a pu se permettre d’organiser un événement de cette envergure, a signalé l’agroéconomiste.

Une centaine de personnes ont participé au banquet du jeudi soir, où la table était aux trois quarts garnie d’aliments biologiques, question de cohérence, a noté le porte-parole du Centre. Parce que, ultimement, c’est pour cela qu’on travaille, pour que le «bio marche». Tant avec la Table dans les nuages (pour le banquet) que pour les repas préparés par la Coopsco, il y avait au menu des fromages, des canneberges, des bières, des vins, même du maïs soufflé bleu… tous bios.

Le programme des conférences des jeudi et vendredi était dense et spécialisé. Les conférenciers provenaient de tous les horizons, du Québec, des États-Unis et de la France.

Cogérant de L’Atelier paysan, Joseph Templier a parlé de cette coopérative française dont il souhaiterait qu’elle inspire les producteurs québécois. Dans l’Isère, on parle d’autoconstruction. Ici, on parlerait de patenteux de machines-outils.

M. Templier explique que des sols, des pratiques, des cultures nécessitent des outils adaptés qu’on ne trouve pas nécessairement sur le marché. D’ingénieux agriculteurs en bricolent pour leur propre usage sans que personne ne le sache. L’Atelier paysan leur donne l’occasion de partager leurs inventions, disposant des plans, même des pièces pour permettre à d’autres de les fabriquer.

M. Templier en était à sa quatrième visite au Québec, heureux de répondre à une deuxième demande du CETAB+ qu’il décrit comme un organisme de vulgarisation et de communication. Les gens du CETAB+ ont d’ailleurs profité de sa présence au Québec voulant qu’il offre, cette semaine, une formation sur les planches permanentes pour laquelle il est aussi un expert.

Le samedi matin, trois conférences avaient été organisées pour le grand public, une idée originale du coordonnateur du CETAB+, Serge Préfontaine (voir le texte http://www.lanouvelle.net/Actualites/2015-03-07/article-4068865/Comment-vivre-en-sante-dans-un-monde-contamine-selon-Larissa-Tasker/1).

Un prochain rendez-vous

Au total, on estime à entre 350 et 400 le nombre de personnes différentes ayant participé au Colloque : autour de 190 pour le menu du jeudi, de 184 pour celui du vendredi et 130 pour les trois conférences grand public du samedi matin.

Pour les deux premières journées, les deux tiers des participants étaient des agriculteurs, les autres étant des conseillers, des intervenants, des agents de développement, des chercheurs.

Le bilan complet reste à faire, mais Geoffroy Ménard croit que le CETAB+ pourrait convier le monde agroalimentaire à un autre rendez-vous l’an prochain. Parce qu’il savait déjà que le premier Colloque serait déficitaire, il dit que le Centre se mettra en quête de commanditaires, lesquels pourraient, par ailleurs, se rendre visibles par un stand d’information.