1300 kilomètres à pagayer pour sensibiliser

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 12 mars 2015
Styves St-Pierre veut amasser des fonds pour l’Association québécoise de prévention du suicide. (Photo TC Media – Hélène Ruel)

VICTORIAVILLE. Son métier de technicien ambulancier paramédic le confronte malheureusement assez fréquemment à la mort par suicide. Pourtant le récent suicide d’une personne qui avait été significative pour lui a profondément troublé Styves St-Pierre.

C’est, mû par la volonté de sensibiliser et d’amasser des fonds pour l’Association québécoise de prévention du suicide, qu’il a décidé de se lancer, en kayak, sur le fleuve Saint-Laurent, pour une longue randonnée de 1300 kilomètres.

Il s’embarquera le 24 mai à Kingston en Ontario projetant se rendre à Percé, ce qui devrait lui prendre entre 40 et 60 jours, selon les conditions météorologiques, évidemment.

Peu de kayakistes se sont lancés dans une aussi longue randonnée, le jeune Victoriavillois citant Marco Weber (entre Montréal et Gaspé) et le quatuor Coup de pagaie (Kingston à Gaspé). Ce groupe donne d’ailleurs un bon coup de main à Styves pour l’organisation de son expédition.

Car, outre l’entraînement physique que nécessite un tel parcours, il y a, à prévoir, toute la logistique de son voyage.

De son Grand voyage, puisque qu’il s’agit du titre de son expédition, illustré par un logo – œuvre de Michel Bourret - où le V fait tout autant référence à voyage, à victoire, à Victoriaville, souligne Styves.

Ce Grand voyage, il l’entreprend avec l’idée de prévenir le suicide, surtout de faire connaître les services. «Il faut que les gens sachent qu’il y a des ressources pour la personne qui commence à avoir des idées noires ou pour celle qui s’inquiète d’un proche», dit le jeune homme de 34 ans.

Il dit qu’il faut recourir à ces services parce qu’il n’est pas simple de repérer les signaux de détresse. «Il y a un numéro à retenir, le 1 866 APPELLE!»

Il n’en sera pas à sa première expédition sur le fleuve Saint-Laurent. Il en a découvert tout l’attrait et le mouvement à l’occasion de deux randonnées, une de 200 kilomètres entre Beauharnois et Trois-Rivières, une autre de 120 kilomètres entre Trois-Rivières et Québec.

De pagayer sur le fleuve lui permettait de prendre le recul nécessaire pour réfléchir à sa vie. «L’eau, c’est comme une vie en parallèle, ça m’auto motive.»

Il raconte son adolescence difficile, déchiré par la séparation de ses parents. Ses allers et retours entre Beauharnois et Victoriaville, entre sa mère et son père, ont compliqué son adolescence et son parcours scolaire, l’ont isolé aussi. «À 19 ans, je n’avais pas encore mon secondaire 1», se souvient-il.

Sans diplôme, on lui a refusé la possibilité de devenir pompier, son rêve. Ce refus a été l’aiguillon qui l’a incité à retourner sur les bancs d’école, à décrocher son diplôme d’études secondaires en deux ans et demi… avec un Prix de la lieutenante-gouverneure en prime.

Il a pu exercer la fonction de pompier à Victoriaville pendant deux ans, qu’il a dû abandonner parce qu’il résidait à l’extérieur. Depuis bientôt dix ans, il travaille chez Urgence Bois-Francs.

«Cette fois, ce n’est pas pour moi que je vais pagayer sur le fleuve, mais pour les autres, pour une cause.»

Des moyens de financement

Par différents moyens, on peut soutenir le projet de Styves St-Pierre ou encore faire directement un don à l’Association québécoise de prévention du suicide. On en saura davantage par le site Web www.grandvoyage.ca. On peut joindre le jeune homme au 819 352-4679 ou par courriel (grandvoyage@hotmail.com).

Il offrira des objets promotionnels, vise amasser 5 $ par kilomètre pour financer son expédition. Un souper-bénéfice s’organise par ailleurs à L’Évasion le samedi 25 avril. Une activité d’emballage aura lieu le samedi 2 mai chez Loblaws. Et il devrait rencontrer le public à la Grande Place dans les jours suivants.