L'autonomie en cadeau pour Noël

Claude Thibodeau claude.thibodeau@tc.tc
Publié le 21 décembre 2015

GÉNÉROSITÉ. «La Fondation veut permettre une meilleure autonomie, une plus grande liberté. Nous voulons créer du bonheur et des surprises», a confié Samuel Fleurant Beauchemin, fondateur de la Fondation Le Pont vers l'autonomie, en remettant des bras robotisés à Véronique Plourde de Victoriaville et à Philippe Desrochers de Sherbrooke.

Cette remise, qui constituait une surprise pour eux, s'est tenue, lundi avant-midi, au Complexe Sacré-Cœur en présence de nombreux donateurs et invités.

Véronique Plourde, a expliqué Samuel Fleurant Beauchemin, vit avec une arthrogrypose sévère, une malformation congénitale des quatre membres qui rend très limitée son autonomie. «Malgré tout, elle a complété un diplôme d'études collégiales en travail social et rêve d'être psychologue. Son plus grand désir, a indiqué Samuel, est d'aider les gens. Nous, on veut l'aider dans sa mission. Elle est une grande inspiration pour nous.»

Philippe Desrochers, de son côté, vit avec la dystrophie musculaire de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles. La même maladie qu'avait Guillaume Fleurant Beauchemin, le frère de Samuel et l'inspiration du Pont vers l'autonomie. «Aujourd'hui, Philippe est en mesure de bouger quelques doigts qui lui permettront de contrôler le bras robotisé, a précisé Samuel Fleurant Beauchemin. Il est motivé plus que jamais à sensibiliser les citoyens à l'importance de l'écologie et de la protection de l'environnement. Il a d'ailleurs fondé un blogue pour informer la population sur les produits écologiques, biologiques et biodégradables.»

Samuel Fleurant Beauchemin se dit privilégié de côtoyer ces personnes. «Il est très motivant de côtoyer ces gens qui veulent améliorer leur qualité de vie, qui posent des gestes pour améliorer leur vie et celle de leurs proches aidants, a-t-il noté. C'est un grand privilège de les côtoyer. Je l'ai vécu avec mon frère, j'ai développé certaines aptitudes avec ce que j'ai vécu avec mon frère et avec ma famille. Il me fait plaisir de contribuer à partager ce que j'ai vécu dans le but de créer du bonheur.»

La générosité des donateurs et des bénévoles ayant organisé des campagnes et activités de financement menant à une récolte de 50 000 $, et la contribution de 50 000 $ de la Fondation François-Bourgeois, ont permis d'offrir à Véronique et Philippe la liberté, l'autonomie en cadeau!

De l'émotion et des mercis

En s'amenant au Complexe Sacré-Cœur, Véronique Plourde pensait assister à une «conférence de presse plate». Elle ne savait pas ce qui l'attendait. «Quand j'ai vu la valise, je n'ai pas compris que c'était le bras robotisé. Je voyais ma mère pleurer, je ne réalisais pas que c'était pour moi», a-t-elle dit aux journalistes.

«C'est encore plus touchant avant Noël. Ma mère particulièrement a travaillé fort durant la campagne pour les paniers de fromages. Ma campagne n'a commencé qu'il y a deux mois et demi, et je l'ai déjà», a-t-elle mentionné, avec émotion, avouant, du même coup, avoir appris qu'elle souffrait d'un cancer du sein au cours de la campagne.

«Je ne sais pas combien de temps il me restera. Les gens ont peut-être redoublé d'ardeur pour que je l'obtienne plus rapidement et que j'en profite le plus longtemps possible. Cela me touche beaucoup, a confié Véronique Plourde. Un cadeau de Noël de 50 000 $, je n'ai jamais eu ça de ma vie.»

Sa maman était aussi fort émue. «C'est le plus beau cadeau de Noël qu'elle pouvait avoir. Merci à tout le monde, à toute la famille pour l'argent amassé. C'est une grande preuve d'amour envers ma fille», a-t-elle dit.

La mère de Philippe Desrochers aussi a exprimé sa reconnaissance. «Philippe est très content. Il n'y a pas de mot pour dire merci!», a-t-elle souligné.

Une mission élargie pour la Fondation

La Fondation Le Pont vers l'autonomie, avec un nouveau conseil d'administration formé au cours de la dernière année, a convenu de bonifier sa mission en raison notamment des grands besoins et des demandes provenant de partout au Québec.

«La Fondation vient toujours en aide aux personnes touchées par la dystrophie musculaire de Duchesne pour leur amener une plus grande liberté, mais nous venons aussi maintenant en aide aux personnes vivant avec toutes déficiences motrices sévères, comme la quadriplégie et la paralysie cérébrale», a expliqué le fondateur.

La Fondation étend aussi son champ d'action ailleurs qu'à Victoriaville. «Nous sommes présents dans sept autres villes», a précisé Samuel Fleurant Beauchemin, satisfait, par ailleurs, des résultats de la campagne de financement lancée en juillet dernier.

«On a fixé l'objectif à 400 000 $ pour offrir des bras robotisés à huit personnes. Après six mois, on a recueilli 200 000 $, grâce aux généreux donateurs. Sans eux, on n'y arriverait pas», a souligné M. Fleurant Beauchemin.

À ce jour, avec ceux offerts à Véronique et Philippe, la Fondation Le Pont vers l'autonomie a remis cinq bras robotisés. Six autres personnes sont présentement en attente : Dany Martel de Shawinigan, Éric Bussières de Verchères, Pierrette Vandal de Drummondville, Joey St-Jean de Montréal, Ariane Beaulieu de Repentigny et Catherine Michaud de Rivière-du-Loup.

Dons en ligne

La Fondation Le Pont vers l'autonomie a mis récemment en place un nouvel outil, une plateforme de financement en ligne au http://www.soyezlepont.com/.

«Ce n'est pas le montant qui compte, c'est le geste, un geste d'amour», a fait valoir Samuel Fleurant Beauchemin qui invite les communautés à se mettre en action.

«J'invite les gens à faire une différence dans la vie de ces personnes, a-t-il indiqué. Nous avons l'expertise pour offrir des outils aux bénévoles intéressés à se mettre en action, à organiser des campagnes pour la Fondation. Les besoins sont grands. Mais nous sommes en route vers nos objectifs. Nous allons réussir.»

Samuel Fleurant Beauchemin, un jeune homme qui impressionne

Lors de la rencontre, lundi, ils ont été plusieurs à louanger le travail et les qualités du fondateur de la Fondation Le Pont vers l'autonomie.

«Samuel est un homme d'exception qui a posé des gestes concrets, d'abord pour son frère et ensuite pour soutenir d'autres personnes qui en ont besoin. Il fallait du courage, de la volonté, de la passion, pour maintenir cette flamme», a fait valoir le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, tout en soulignant le dynamisme et les qualités de rassembleur du jeune homme.

«Merci Samuel pour avoir réussi à accomplir de si grandes choses à un si jeune âge», a-t-il terminé.

Pour sa part, le maire suppléant de Victoriaville, Christian Lettre, a insisté sur le travail important accompli par Samuel et qui permet d'améliorer la qualité de vie des gens. «Samuel est un jeune ambassadeur qui fait la fierté de Victoriaville et sa région», a-t-il conclu, en disant espérer que les bras robotisés offerts à Véronique et à Philippe «fassent une différence dans votre vie en facilitant les actions quotidiennes et en vous procurant une plus grande liberté et une plus grande indépendance».

De son côté, Cédrick Brunelle, directeur par intérim du poste de la Sûreté du Québec de la MRC d'Arthabaska, s'est dit fier de s'être associé à la Fondation Le Pont vers l'autonomie avec son Défi 24 heures hockey qui a permis d'amasser 15 000 $.

«La mobilisation des policiers m'a étonné. Ils voulaient en faire encore plus pour la Fondation. Je confirme le retour du Défi 24 heures le 21 mai 2016. Je suis convaincu qu'on réunira rapidement 24 équipes. Ce sera un autre succès», a signalé le lieutenant Brunelle, tout en félicitant Samuel Fleurant Beauchemin.

«Il est exceptionnel dans ce qu'il fait. Après avoir aidé son frère, il continue à en faire autant pour en aider d'autres qui en éprouvent le besoin. Il faut le faire. C'est tout en son honneur», a-t-il fait remarquer.