Balade gourmande : un «attachement» qui ne se dément pas

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 14 octobre 2015

AGROALIMENTAIRE. Selon un bilan préliminaire, la 16e Balade gourmande aurait généré une augmentation de 12% des ventes pour ses producteurs alors que l'achalandage s'apparenterait à celui de 2014, le dernier dimanche ayant été un peu frisquet et pluvieux, comme l'a fait remarquer son président, Pierre James.

C'est d'ailleurs ce temps plus maussade du dimanche qui aurait empêché la Balade d'atteindre de nouveaux sommets. Parce que la première fin de semaine, on enregistrait déjà une hausse de 9% de l'achalandage et de 16% des ventes.

L'an dernier, la Balade avait accueilli 24 000 visites/personne, ces personnes s'attardant généralement à huit sites différents.

Pour ce qui concerne les ventes, il faudra attendre les chiffres en provenance des 36 producteurs et des huit marchés des cinq circuits. C'est le coup de sonde auprès d'une vingtaine d'entre eux qui permet d'avancer le chiffre de 12% d'augmentation.

M. James, la directrice générale Marilyne Beaudoin et Alain Provençal, administrateur trésorier de l'organisme, applaudissent les résultats de cette 16e Balade.

Ils sont d'autant plus satisfaits que leurs espérances ont été largement dépassées avec la vente de 1500 cartes Avantages. «Cela démontre l'attachement des gens à la Balade», a commenté Mme Beaudoin.

Il s'agissait d'une nouveauté, une première en 16 ans. À 7 $, la carte procurait des privilèges pour les clients et pouvait servir de «levier» aux producteurs pour augmenter leurs ventes, a expliqué Pierre James.

Il a admis qu'il ne s'attendait pas à ce que la carte trouve autant de preneurs. Il a expliqué que de cette manière, la Balade s'attirait de nouveaux revenus autonomes, sans avoir à augmenter les frais de «kiosque» pour les producteurs inscrits.

La vente de ces cartes – 40% des cartes ont été vendues par les étudiants de Vision 20 20 – a généré des revenus représentant 7% du budget total de la Balade, Marilyne Beaudoin visant atteindre le seuil de 10%.

Le succès de l'activité ne se dément pas d'année en année, a souligné la jeune directrice générale. Et d'année en année, Pierre James remarque que les producteurs améliorent leur accueil et la présentation de leurs produits, développent davantage l'aspect business.

Directeur général de Tourisme Victoriaville et sa région et administrateur du nouvel organisme orchestrant la Balade pour la deuxième année, Alain Provençal répond que, ici comme dans d'autres régions du Québec, il y a un réflexe à développer, celui de goûter et de cuisiner des produits locaux, dans une société où se sont imposés une agriculture de masse et des marchés structurés.

«On a ici des producteurs… et des producteurs de produits fins, des fromages réputés parmi les meilleurs au Canada, des microbrasseries, des vins qui gagnent des prix!»

La Balade sert à faire découvrir ces produits, a-t-il poursuivi, les producteurs développant leurs techniques, créant des boutiques à la ferme.

Marilyne Beaudoin renchérit en disant que si se créent de plus en plus d'événements du genre au Québec, la Balade gourmande conserve son avantage concurrentiel. «On a, ici, beaucoup de «menoum, menoum», ça compense notre manque d'attraits touristiques», a-t-elle commenté, évoquant le nombre impressionnant de producteurs agroalimentaires sur le territoire.

Pierre James prédit que, à la faveur d'événements comme la Balade, des liens de confiance qui se nouent, les produits locaux seront de plus en plus accessibles jusque dans les supermarchés lesquels reprendront une allure d'épicerie de quartier. Évidemment, a-t-il signalé, il faudra pouvoir compter sur la disponibilité du produit local… qui, une fois affiché dans la circulaire, doit se trouver sur la tablette.

Quant à la 17e Balade gourmande, Pierre James annonce qu'il faudra l'assortir d'autres nouveautés, son succès et sa pérennité l'exigent.