Transports interurbains : et si le Québec s’inspirait de la Norvège?

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 10 septembre 2014
«Les services de transport interurbain par autocar constituent un service essentiel», peut-on lire dans le mémoire présenté par le Réseau des Conférences régionales des élus. (Photo TC Media – Archives)

VICTORIAVILLE. En matière de transports interurbains, le Québec ne devait-il pas s’inspirer du modèle que la Norvège a adopté en 2003 ? C’est la proposition qu’a lancée le Réseau des Conférences régionales des élus (CRÉ) à la Commission des transports du Québec (CTQ) à l’occasion des audiences publiques sur les demandes de suppression de services formulées par Orléans Express.

Dans leur mémoire d’une quinzaine de pages, les CRÉ recommandent à la CTQ, au gouvernement du Québec et à l’industrie du transport de s’inspirer du régime en vigueur en Norvège lequel serait un compromis entre la réglementation québécoise et le libre marché américain.

Il en va, selon le Réseau, de la mobilité des personnes, de l’attractivité résidentielle et touristique des régions.

Le modèle norvégien

Le modèle intermodal norvégien comporte la décentralisation de l’octroi des permis en impliquant les régions, une coopération entre différents transporteurs réunis en un consortium, l’achat de services interurbains pour compléter les lignes locales du transport collectif et un financement public en appui à l’industrie pour assurer le maintien des routes à plus faible achalandage.

À ce sujet, financier, le Réseau des CRÉ comprend les arguments d’Orléans Express, laquelle soutient que le modèle actuel ne garantit plus le maintien de services adéquats dans les collectivités à plus faible achalandage.

Orléans Express justifie ses demandes de coupes dans les circuits parce qu’ils ne sont pas rentables. La suppression de certains liens (entre Victoriaville et Thetford Mines et la réduction de 3 à 2 circuits quotidiens entre Victoriaville et Montréal, par exemple) s’inscrit dans un «plan de redressement» de la compagnie se disant en «situation financière précaire». L’entreprise soutient même que sa survie est en jeu et que ses demandes «urgentes» sont un «appel au secours».

«Le seul service encore rentable pour Orléans Express est la ligne Montréal-Québec express qui voit cependant son achalandage et ses revenus décliner de façon constante et ne peut plus aujourd’hui soutenir le fardeau des autres routes du réseau qui sont toutes non-rentables», peut-on lire dans le mémoire présenté par le transporteur.

L’augmentation de la «motorisation» (nombre de véhicules par 1000 habitants), la multiplication de services de transport collectif régionaux subventionnés, la réduction du nombre de déplacements pour affaires, le covoiturage, la concurrence modale subventionnée (Via Rail entre Montréal et Québec), la perception que la tarification est élevée constitueraient autant de facteurs de diminution du transport par autocar, toujours selon les gens d’Orléans Express.

La compagnie souhaiterait que la CTQ l’autorise à pratiquer ses coupes le plus rapidement possible, ne pouvant attendre que les régions se dotent d’un nouveau modèle d’affaires.

Prolongation des audiences

Vu le grand nombre de réactions et d’interventions aux demandes d’Orléans Express de réduire ses services, la Commission des transports du Québec (CTQ) a prolongé ses audiences publiques jusqu’au 11 septembre – commencées le 26 août -, accueillant encore des commentaires à ses bureaux de Québec.

En date du 3 septembre, la CTQ avait déjà reçu plus 150 interventions écrites d’élus, des MRC, des municipalités d’organismes des milieux économique, environnemental et touristique, d’organismes à caractère social ou collectif et de particuliers. Les demandes d’Orléans Express visent la suppression de services dans près de 80 municipalités.