La fin d’une «charmante» école

Dissolution du Collège coopératif L’Horizon de Ham-Nord

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 26 juin 2014

VICTORIAVILLE. Ils étaient une vingtaine de sociétaires, surtout des citoyens de Ham-Nord, à participer à la réunion convoquée le mercredi 25 juin pour la dissolution du Collège coopératif L’Horizon. La présidente, Johanne Latreille, rapporte que l’assemblée a été brève, mais qu’à la suite de la résolution, il y a eu un «grand silence». «C’est un grand déchirement pour les gens de Ham-Nord», a-t-elle dit.

Un déchirement pour les profs, les élèves et les parents aussi, Mme Latreille, une Victoriavilloise, étant elle-même la maman de deux enfants qui la fréquentaient.

«C’était une charmante école!», a-t-elle confié lors d’une entrevue téléphonique au lendemain de la réunion.

Le Collège coopératif L’Horizon est né en 1989 de la réplique des gens de Ham-Nord à la décision de la Commission scolaire de fermer l’école secondaire. Certains se souviennent encore de cet autobus qu’on avait fait brûler en guise de protestation. La coopérative s’était d’abord placée sous l’aile du Séminaire de Sherbrooke avant de devenir autonome.

Une année de sursis

La perspective d’une fermeture potentielle avait déjà été évoquée l’an dernier, alors que la clientèle avait chuté à 62 élèves, moins que les 81 requis pour que la coopérative soit rentable, précise Mme Latreille.

L’année scolaire qui vient de s’achever a été éprouvante, d’autant que près de la moitié de la clientèle se composait d’élèves en difficultés, ce qui créait une pression sur les profs et sur les services d’adaptation scolaire. Le «coup de grâce» a été donné lorsqu’en février, le Collège n’a reçu qu’une quarantaine d’inscriptions, ce qui s’éloignait davantage du seuil de rentabilité.

«En fait, oui on pourrait dire que l’année 2013-2014 a été une année de sursis. Il avait été question de fermeture l’an dernier, mais les citoyens de Ham-Nord ne voulaient pas perdre leur institution. On a pu se permettre de garder l’école ouverte grâce à un budget serré et parce qu’on avait eu une bonne gestion au cours des dernières années», précise la présidente.

Elle poursuit en disant qu’avec une quarantaine d’élèves, l’établissement privé ne pouvait se permettre de continuer, pas même de couper dans les frais de transport de ses jeunes. «Parce que les inscrits provenaient de Wotton, de Saint-Camille, de Warwick, de Victoriaville. On ne voulait pas devoir risquer la faillite.»

Dans ses meilleures années, le Collège a accueilli jusqu’à 120 élèves de la première à la quatrième secondaire. Au cours des premières années, ce sont les jeunes de la communauté de Ham-Nord qui fréquentaient l’institution privée. Puis, démographie oblige, l’école s’est ouverte aux élèves d’autres municipalités.

La démographie, justement, et son éloignement des grands centres ont eu raison de l’établissement, croit Johanne Latreille.

«On n’a pas le choix!»

Ayant assisté à la réunion, le maire de Ham-Nord, François Marcotte se désole de la fermeture, mais se console à l’idée que tous les collèges privés, même dans les grands centres, éprouvent des difficultés similaires ces années-ci et que l’avenir est plutôt sombre. «On n’a pas le choix, il faut se rendre à l’évidence, la clientèle baisse dans les écoles privées. On a assisté à la fermeture du Collège Sacré-Cœur et on voit comment le Collège Clarétain se débat.»

Contre mauvaise fortune bon cœur, M. Marcotte soutient qu’à Ham-Nord, «on a quand même été bons de tenir tout ce temps».

Le maire Marcotte dit que déjà des idées ont été lancées pour occuper tant le pavillon Jacques-Aubert (abritant le gymnase de l’école) que le bâtiment logeant le Collège.

Le premier reviendra entre les mains municipales puisque pour convertir l’ancienne quincaillerie en gymnase, une subvention gouvernementale avait été octroyée, a souligné le maire.

Dans le cas de l’école, elle devrait être rétrocédée à la Fabrique. Le maire Marcotte confie que des échanges ont cours entre la Fabrique et la Commission scolaire des Bois-Francs. «La Municipalité aurait aussi des idées d’occupation, comme un projet d’installer une clinique médicale.»

L’assemblée des sociétaires du Collège coopératif L’Horizon a convenu de confier à trois citoyens de Ham-Nord la tâche de liquider ses affaires. C’est le directeur de l’école, Jean Collin, qui a eu la tâche de présenter l’état du dossier.

Le Collège L’Horizon était, au Québec, l’un des rares établissements privés à posséder ce statut de coopérative.

La fermeture survient tout juste au moment du 150e de Ham-Nord.