En tout respect et amitié pour la communauté de Doulou

Le nouveau groupe Songtaaba veut amasser 15 000 $

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 27 janvier 2014

Des liens d'amitié et de coopération sont à se tisser solidement entre la communauté de Doulou au Burkina Faso et les Bois-Francs. Le groupe Songtaaba organise un nouveau séjour de deux semaines pour huit de ses membres. Ils s'embarqueront le 1er mars.

Pour la première fois, le groupe Songtaaba (qui signifie «solidarité» en Mòoré) s'est publiquement manifesté depuis sa création en 2011.

Et pour cause, le groupe organise sa première campagne de financement, cherchant à amasser 15 000 $ pour financer divers projets dans cette petite communauté de 6 000 habitants d'Afrique de l'Ouest.

L'animateur du groupe, Richard Leroux, explique que déjà, grâce à des dons de 10 000 $, les Burkinabés se sont mis à la tâche pour construire les premières cases d'un orphelinat. À Doulou, on dénombre au moins 300 orphelins, leurs parents ayant été emportés par le sida.

Il y a tout à construire là-bas, dans cette communauté privée d'eau, d'électricité, sans commerce ni industrie où la pauvreté est le lot de la majorité. Les projets de développement sont nombreux pour instruire et former, implanter un système de microcrédit, acheter des moutons et des chèvres et planter des arbres fruitiers.

À ce sujet justement, le CETAB+ (Centre d'expertise et de transfert d'agriculture biologique et de proximité) du cégep de Victoriaville s'est engagé à verser les premiers mille dollars des 15 000 qu'on veut réunir. Son directeur, Serge Préfontaine, a expliqué que cette contribution se voulait «écoresponsable» afin de compenser les effets de serre des recherches menées ici et pour planter des arbres là-bas, nécessaires à nourrir et à maintenir les sols.

Une longue histoire

Le groupe Songtaaba s'est créé à la faveur des stages que le Club Nord-Sud des Bois-Francs organise annuellement à Doulou pour les jeunes collégiens depuis 2009.

Pendant un mois, de jeunes volontaires vivent et partagent le quotidien de la population burkinabé de Doulou, explique la coordonnatrice du Club, Paule Dion.

Les stagiaires ont ainsi l'occasion de vivre une expérience de coopération internationale et en reviennent fréquemment avec une tout autre vision du monde. Et ils s'étonnent chaque fois de constater que les gens ont faim. Le Burkina Faso est le deuxième pays le plus pauvre d'Afrique de l'Ouest, a précisé Miriam Lindsay, coordonnatrice de Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs, organisme qui «parraine» le nouveau groupe Songtaaba.

Ainsi, deux fois l'an, la communauté de Doulou accueille des gens des Bois-Francs, les collégiens du Club Nord-Sud et leurs accompagnateurs ainsi que les membres du groupe Songtaaba. Autant de «yeux et d'oreilles» pour veiller à l'évolution des projets.

Qu'un groupe se soit formé pour créer des liens de coopération avec l'Association de solidarité pour le bien-être social de Doulou constitue un double atout, a indiqué Paule Dion. «Parce qu'elle permet aux jeunes stagiaires d'avoir la possibilité de poursuivre leur engagement s'ils le souhaitent. Et parce que cela assure une pérennité aux projets de la communauté africaine.»

Richard Leroux a expliqué qu'en très peu de temps, parce que les gens de Doulou savaient ce qu'ils voulaient, se sont vite construites les premières cases de l'orphelinat sur un terrain concédé à la communauté par le chef des terres. Reste à y construire une salle de classe et deux ateliers.

«Ils n'ont besoin que de sous et d'un peu de savoir-faire», a dit M. Leroux.

Il choisit ses mots pour parler de coopération internationale. Si les membres de Songtaaba veulent être davantage que des touristes ou des visiteurs, ils souhaitent s'engager en tout respect et en toute amitié.

«C'est un projet fait de bon cœur, a commenté Miriam Lindsay, justifiant ainsi la décision de Solidarité Nord-Sud (créé en 1969) de parrainer le nouveau groupe. Le fait qu'aucune autre organisation non gouvernementale ne se trouve à Doulou justifie aussi ce parrainage, Solidarité Nord-Sud soutenant aussi des projets au Guatemala et au Pérou.

Richard Leroux a rappelé qu'on pouvait remonter loin dans le temps pour retrouver les sources de ces liens entre le Burkina Faso et les Bois-Francs, parlant de la regrettée Ginette Genois qui y a vécu (dans les années 1980) en compagnie de Jacques Gélinas, ces deux personnages étant des piliers du monde communautaire d'ici.

Bien sûr qu'on aimerait amasser les 15 000 $ au cours de mois de février, la deuxième mission de Songtaaba s'organisant pour le 1er mars. On peut toutefois verser son don à n'importe lequel moment puisque le travail de coopération se fait toute l'année, a précisé M. Leroux.

On adresse son don à Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs (l'organisme délivre des reçus de charité pour des dons de plus de 20 $), à l'attention de Richard Leroux, au 59, rue Monfette, local 106, à Victoriaville, Québec, G6P 1J8.

Richard Leroux, animateur du groupe Songtaaba, Miriam Lindsay, coordonnatrice de Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs et Paule Dion, coordonnatrice du Club Nord-Sud du cégep de Victoriaville