Bisbille autour du mont Ham

Hélène Ruel helene.ruel@tc.tc
Publié le 11 juillet 2011

Réclamant «démocratie» et «transparence» de la part de la Corporation développement du mont Ham Sud, une coalition vient de se former et fait circuler une pétition auprès des citoyens et des usagers de la montagne. Les signataires revendiquent, entre autres, l’annulation des décisions prises lors de la dernière assemblée générale annuelle, la tenue d’une autre nouvelle assemblée générale où les membres pourraient discuter de la révocation prématurée du bail emphytéotique qui lie, depuis 25 ans, la Corporation et la Municipalité de Ham Sud où se trouve la montagne.

L’un des porte-parole de la coalition, Jean-Pierre Chapleau, explique que l’assemblée générale annuelle du 28 juin a constitué la goutte ayant fait déborder le vase.

Une récente décision du conseil d’administration de la Corporation aurait privé des citoyens d’un droit de vote, même d’entrer dans la salle où se tenait l’assemblée générale annuelle, affirme M. Chapleau. Des policiers ont été mandés pour expulser les gens qui ne s’étaient pas procuré leur carte de membre au moins dix jours avant la tenue de l’assemblée, poursuit-il.

L’assemblée générale ne se serait donc déroulée qu’avec une dizaine de membres. «Qui ne sont pas des usagers de la montagne», précise le porte-parole de la coalition.

Les récriminations des membres de la coalition visent particulièrement ce que M. Chapleau appelle les «manœuvres» de Langevin Gagnon (voir l'autre texte présentant le point de vue de M. Gagnon), à la fois maire de Ham Sud et président de la Corporation développement du mont Ham Sud.

M. Chapleau, un citoyen de Saint-Adrien et usager de la montagne a déjà fait partie du conseil d’administration de la Corporation. Lui, deux autres administrateurs et le directeur général ont démissionné en bloc il y a deux ans, en raison de l’attitude autocratique de M. Gagnon. «Il a un style de gestion complètement désuet, se comporte comme si la Corporation était une entreprise privée, ne fait aucune place à la participation citoyenne. Or, la montagne est un équipement chéri de la population», dit encore le porte-parole de la Coalition.

Il reproche encore au président et maire de Ham Sud d’avoir mis fin au bail emphytéotique (de 50 ans) par lequel la Municipalité confiait à la Corporation la gestion de l’accès et des actifs de la montagne.

Selon M. Chapleau, la Corporation n’est plus qu’une «coquille vide», ayant perdu son assise légale, la gestion de la montagne ayant été remise entre les mains de la Municipalité.

M. Chapleau reconnaît qu’il aurait fallu, un jour ou l’autre, que le bail soit révoqué avant son échéance. Cela, parce que depuis quelques années, le mont Ham constitue un des pans d’un projet récréotouristique régional présenté à la MRC des Sources. «C’est un beau projet qui avait été développé par l’équipe de la Corporation qui au lieu de mettre des sites de plein air en compétition les adjoindrait.» Le mont Ham, le Lac-à-la-Truite et la Forêt de Ham composeraient cet ensemble récréotouristique.

«La révocation du bail aurait été nécessaire. Mais, là, elle était prématurée et surtout, elle s’est faite sans que les citoyens puissent participer à la discussion. Ce qui en dit long sur les méthodes de M. Gagnon et sur le peu de considération qu’il a pour la population. Le développement de la montagne et, plus tard, d’un parc régional a besoin de l’engagement des bénévoles.»

Pour ces raisons, la coalition réclame aussi de la MRC des Sources qu’elle veille à ce que la Corporation adopte un fonctionnement transparent et démocratique et qu’une fois par année, elle tienne une séance pour informer le public de l’état d’avancement du dossier.

La coalition voulait recueillir au moins 200 signataires à sa pétition qu’elle acheminerait ces jours-ci à la Corporation et à la MRC des Sources. Des citoyens de Ham Sud et des usagers de la montagne sont invités à la signer en ligne (http://web-r.ca/petition/). La coalition ayant aussi créé une page Facebook (SOS Mont Ham).