M. Télémaque présentera deux conférences à Victoriaville, le mercredi 24 mars, de 10 h 30 à midi au petit auditorium du Cégep (475 rue Notre-Dame Est), puis de 19 h à 21 h au local 139 de la Place communautaire, 59 rue Monfette.
Il compte partager ses réflexions et ce que lui a inspiré cette douloureuse expérience. Il a travaillé en Haïti pour différentes agences de presse et a été correspondant occasionnel pour plusieurs médias québécois en Haïti. Son expérience de la réalité haïtienne en fait un observateur attentif et averti de la scène politique de son pays.
La reconstruction est-elle possible en Haïti? La question paraît simple. Après une telle dévastation, on pourrait s'attendre à ce que le processus de reconstruction commence dans un avenir plus ou moins proche et dure longtemps. Le premier ministre Harper a parlé de la reconstruction comme d'un processus qui pourrait durer une décennie.
Mais de quelle reconstruction parle-t-on? Est-il possible de reconstruire Port-au-Prince sur les mêmes bases? Est-il question de reconstruire Haïti sur d’autres bases?
La première hypothèse est à exclure, car le vaste bidonville qu'était Port-au-Prince défiait toutes les normes : normes de construction, normes environnementales, normes de bonne gouvernance, bref normes tout court. En plus, Port-au-Prince doit mettre de l'ordre dans un régime foncier qui était déjà problématique.
Actuellement, Port-au-Prince est en train de s'installer dans la «bidonvillisation» officielle, avec l'installation des tentes de fortune dans tous les espaces publics. Avec quelque 1 200 000 personnes sans abris, il faudra un plan de relocalisation è l'extérieur de la capitale pour d'une part nettoyer Port-au-Prince et, ensuite, entamer la reconstruction. Pour le moment, le gouvernement semble refuser le plan de relocalisation à l'extérieur de Port-au-Prince avec pour motif qu'il ne faut pas déraciner les gens de leur milieu.
La deuxième hypothèse, reconstruire Haïti, passe par une redéfinition du pays, une refondation d'Haïti comme le dirait le président René Préval. Cette démarche requiert de la part des Haïtiens un vrai débat et surtout des décisions qui pourraient façonner le pays et en faire un pays d'inclusion, ce qui n'est pas le cas actuellement. Les Haïtiens ont fait preuve de courage lors du séisme du 12 janvier dernier. Mais les élites auront-elles le courage de redéfinir le pays comme le réclame la population haïtienne depuis au moins deux décennies, depuis le départ de Jean-Claude Duvalier au fait?
Les premiers indices montrent que les élites ne sont pas prêtes à assimiler les leçons de courage et d'humilité dont a fait preuve le peuple haïtien.
La reconstruction met en face plusieurs écoles de pensée. Les pays dits amis d'Haïti, le Canada, les États Unis, la France, l'Union Européenne et d'autres se sont montrés solidaires et prêts à travailler à la reconstruction. D'autre part, les pays latino-américains, le Vénézuela, Cuba, la République Dominicaine, le Chili, l'Equateur, le Brésil et d'autres veulent participer à la reconstruction, mais ils ont préféré renvoyer à plus tard une conférence régionale.
Ce sont des questions de taille qui ne réfèrent pas seulement à la reconstruction d'une ville détruite dans une grande proportion, mais à la refondation d'un vrai pays, car ce dont il s'agissait auparavant, c'était de tout sauf d'un pays.
On ne peut pas ériger le chaos en système et on ne peut pas construire un pays sur la base de l'exclusion. Tels sont les éléments clés qu'il faudra prendre en compte dans la perspective d'une nouvelle Haïti si tant est qu'Haïti profite de cette opportunité.
Jacquelin Télémaque abordera ces questions lors des conférences du 24 mars prochain. L’entrée est libre. Des contributions volontaires seront recueillies pour Développement et Paix et des reçus d’impôt seront émis pour tout don de 10 $ et plus sur demande.
La reconstruction est-elle possible en Haïti?
Le Carrefour International du cégep de Victoriaville, Développement et Paix du Centre-du-Québec et Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs vous invitent à rencontrer Jacquelin Télémaque, haïtien d'origine, qui revient d'un séjour d'un mois en Haïti.
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