La langue de Molière canadienne française....pour les immigrants



Publié le 25 Mai 2008
Publié le 17 Juin 2010
 

Pour faire suite aux précédents articles portant sur la réalité des immigrants de chez nous, nous aborderons maintenant la question cruciale de la langue. La francisation nécessaire pour que cohabitent les gens d'ici et ceux qui y sont accueillis.

Sujets :
Ministère de l’Immigration , école Mgr Côté , Centre Emmaüs des Bois-Francs , Victoriaville , Québec

Lorsqu'un immigrant atterrit au Québec, ce qu'il lit et entend est incompréhensible. Il trouve partout une autre langue, un autre ton et aussi d'autres références, préoccupations, valeurs, mentalités et règles. Bien plus qu'une langue à apprendre, c’est tout un nouveau mode de vie à intégrer.

C'est pourquoi le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) a conclu avec des établissements d’enseignement, des organismes communautaires et des employeurs, des ententes pour l’ouverture de classes de français.

Ces partenariats ont pour objectifs de favoriser l’intégration socioprofessionnelle des immigrants. Le degré de scolarisation de chaque personne est évalué afin de la joindre au groupe correspondant à son niveau. Dans la majorité des cas ici, les nouveaux arrivants parlent espagnol, étant d'origine colombienne, et nous partageons avec eux le même alphabet et les mêmes racines latines, ce qui facilite l'apprentissage.

Présentement, les cours de francisation pour les 16 ans et plus sont répartis de la manière suivante : les immigrants jugés plus scolarisés sont référés au cégep de Victoriaville pour suivre un programme de 990 heures répartis en trois blocs de 330 heures. Les immigrants considérés peu scolarisés sont référés à l’école Mgr Côté (centre d’éducation des adultes de la commission scolaire des Bois-Francs) de Victoriaville pour suivre un programme de plus longue durée.

La formation se déroule habituellement de cette façon : en matinée, les cours sont axés sur la théorie de la langue française, le vocabulaire, les règles de grammaire, etc.

En après-midi, des activités d’intégration permettent de mettre en pratique l'usage du français dans la vie de tous les jours. Celles-ci touchent l’emploi, le logement, les services gouvernementaux, les lois et règlements, etc. On y jumelle des activités à caractère plus social favorisant les échanges dans la convivialité: repas international, démonstration de danse, cabane à sucre, etc.

Les enfants et les adolescents ne suivent pas ces mêmes cours de francisation. Ils sont intégrés aux groupes scolaires réguliers, où ils apprennent la langue et le contenu des différentes matières simultanément.

Cette façon de fonctionner convient généralement bien aux élèves du niveau primaire. L’adaptation est cependant plus difficile pour les élèves du niveau secondaire. À la suite d’une demande des adolescents(tes) colombiens(nes) de la Polyvalente Le boisé, le Centre Emmaüs des Bois-Francs s’implique, depuis janvier 2008, pour faciliter l’intégration et l’apprentissage de la langue française, auprès des adolescents(tes) et des familles nouvellement arrivées et en attente des cours de francisation.

En parrainage, une vingtaine de bénévoles aident aux devoirs, à la socialisation et à l’apprentissage du français. Le Centre Emmaüs et l'Association Colombiens Bois-Francs s’entraident mutuellement pour atteindre réciproquement leurs objectifs.

Reynald Binette du cégep de Victoriaville a accueilli plusieurs groupes en francisation et considère que l’apport des immigrants au développement de la région doit être souligné davantage. La population de la région doit s’impliquer pour faciliter l’intégration de la vingtaine de familles qui font le choix chaque année de s’installer à Victoriaville. «De par leur culture et leurs valeurs, ces personnes ont beaucoup à nous apporter», souligne-t-il.

Bref, la francisation fait partie du processus d’accueil et d’intégration des immigrants et nos institutions locales mettent tout en œuvre pour que la formation se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Julie Morin et Jose Ricardo Delgado Abril avec la collaboration de Reynald Binette.

Solidarité Nord-Sud

Chronique réalisée grâce à l'appui financier du «Programme d'appui aux relations civiques et interculturelles» du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles

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