Celle-ci vise à conscientiser la jeunesse canadienne aux difficultés vécues par les communautés canadiennes et étrangères. Nous vivions cette expérience en partenariat avec une ONG péruvienne nommée BVBP (la Brigada de los Voluntarios Bolivarianos del Perú) et formée de jeunes volontaires provenant des quatre coins du Pérou.
En tout, nous étions 19, soit neuf canadiens(es), huit péruviens(es) et deux superviseurs. De septembre à décembre, j’ai eu l’occasion de m’initier à deux nouveaux domaines dans la ville ontarienne de Kitchener-Waterloo, soit la prévention du SIDA avec ACKWA (AIDS Committee of Kitchener-Waterloo and Areas) et l’appui aux réfugiés internationaux avec Reception Centre.
Durant cette période, j’ai vécu dans une famille d’accueil avec un homologue péruvien et travaillé bénévolement avec une péruvienne.
Après cette immersion anglaise de trois mois, nous nous sommes envolés pour Lima et sommes arrivés dans une atmosphère totalement différente. J’ai été frappé par la similitude entre Lima, la capitale du Pérou et Guatemala Ciudad, la capitale du Guatemala que j’ai eu la chance de connaître l’été dernier lors d’un stage de conscientisation fait avec le Club Nord-Sud du cégep de Victoriaville. Il m’est difficile de décrire l’ambiance dans laquelle nous baignons dans ces lieux. La population parle le castillan (l’espagnol d’Amérique), l’air est contaminé, rien ne semble salubre, tout semble en désordre, tout est coloré, les gens sont pour la plupart accueillants et la diète alimentaire se limite principalement au riz et au poulet apprêté de façon différente.
Après quatre jours de décompression passés dans un hôtel situé directement sur la plage de Lima, nous sommes partis pour un voyage de neuf heures en bus pour Huánuco, notre communauté d’accueil. De là, une activité protocolaire et divertissante nous attendait avec quelques dignitaires de la ville (le maire, le directeur de l’université, le président de la BVBP, etc.). C’est donc au son des rythmes et danses traditionnelles des trois grandes régions péruviennes (la côte, les Andes et la jungle) que chacun d’entre nous a été présenté à sa famille d’accueil péruvienne.
L’un des points les plus intéressants de cette expérience est certainement le fait que nous partagions le quotidien d’une famille. Il n’y a rien de mieux pour connaître une nouvelle culture que d’avoir un contact permanent avec une famille. Pour rien vous cacher, le confort de nos familles était enviable pour la majorité du peuple péruvien. N´empêche que jusqu´à maintenant, les contacts avec les plus démunis n’ont pas manqué.
En décembre, nous avons partagé la vie d’une famille de campesinos (paysans) dans un endroit reculé, mais néanmoins très beau. Nous avons transporté des tonnes de branches pour alimenter le poêle, d’autres branches pour construire une maison, nous avons défriché un bout de terre, nous avons fait du pain et animé les enfants d’une aldea (petit village normalement situé dans les montagnes entourant une ville) nommée Salapampa où nous pouvions nous rendre à pieds.
Dans la période des fêtes, nous avons fait du porte à porte en collaboration avec Rotaract, une organisation internationale de jeunes volontaires présente à Huánuco, pour recueillir des denrées alimentaires et des vêtements que nous allions distribuer dans trois différentes aldeas.
J’ai été frappé par la générosité des Péruviens qui parfois donnaient malgré le peu qu’ils avaient. Ici, le chocolat chaud et la panetón (un pain au goût de notre gâteau aux fruits) sont prisés durant les fêtes. Nous avons aussi appuyé une ferme organique d’un village pas trop loin et édifié une piste de cyclisme pour un orphelinat.
Tous les membres de mon programme sont répartis dans quatre lieux de travail principaux : deux orphelinats, un foyer de personnes âgées et un organisme luttant pour les droits des enfants abusés sexuellement nommé Paz y Esperanz.
Pour ma part, j’ai travaillé les deux premiers mois trois jours par semaine, de 9 h à 13 h. dans le foyer de personnes âgées avec une Torontoise et deux Péruviens.
Habituellement, la culture péruvienne fait en sorte que les personnes du troisième âge passent leurs vieux jours en compagnie de l’un de leurs enfants, mais ceux que j’ai côtoyés ont soit été abandonnés par leur famille ou n’en ont tout simplement pas.
Notre rôle fut donc d’apporter un peu de vie à ces personnes esseulées en discutant avec elles bien que souvent ce fut difficile vu leurs handicaps physiques ou mentaux.
Par exemple, il y avait une femme aveugle, presque sourde, qui ne parlait que le quechua (la langue des indigènes du pays) et qui n’avait pas toute sa tête. Le dernier mois, j’ai changé de lieu de travail pour aller travailler dans un grand orphelinat avec des jeunes souffrant inexorablement d’attention et de stimulations motrice et intellectuelle.
En terminant, ce fut un grand plaisir de pouvoir partager avec vous cette expérience unique et exceptionnelle que j’ai vécue. C’est à travers ces expériences que je me sens croître personnellement et je crois par conviction que l’école de la vie où est la plus riche qui soit!
Tomy Béliveau
Retour d’un long voyage
Cher lecteurs et lectrices, entre les mois de septembre et février, j’ai eu la chance de faire partie d’une organisation nommée Jeunesse Canada Monde principalement financée par l’ACDI (l’Agence Canadienne de Développement International).
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