Dans le cadre de leur entraînement, ils ont dessiné en classe un film qui leur a fait peur. En réalisant ce dessin, les enfants se sont exprimés, tel que décrit dans une chronique précédente (numéro 4). Lorsqu’ils ont apporté leur réalisation à la maison pour les montrer à leurs parents, plusieurs de ces derniers ont tenu à commenter le dessin de leur enfant.
L’exercice voulait préparer les enfants et les parents à coopérer pour faire taire, durant 10 jours complets, les écrans qui trônent dans leur foyer. Voici quelques-uns des commentaires reçus des parents.
Parents de maternelle
Bonne sensibilisation, bon projet. Nous serons plus vigilants concernant le contenu des films regardés par notre enfant. La violence est partout, c’est difficile de contrôler. La télé influence. Certains parents disent que leur enfant n’écoute pas ou peu la télé et qu’ils exercent un contrôle sur leurs choix. D’autres pensent qu’en expliquant les scènes de peur, leurs enfants n’auront pas de séquelles. Un parent se dit surpris que son enfant de 5 ans ait peur des araignées et du noir, même à son âge. C’est important de faire verbaliser l’enfant : c’est une attitude que nous adopterons et garderons. Des parents s’aperçoivent que leurs enfants ne distinguent pas la fiction de la réalité à 5 ans.
Parents de 1ère et 2e année
Il faut continuer en ce sens, cela apporte des réflexions, des discussions et des interrogations dans notre famille. C’est bon de faire réaliser aux enfants que ces films violents ne sont pas banals et qu’il est sain d’exprimer leurs peurs. Nous allons porter plus d’attention à la violence. Nous passerons plus de temps en famille : sécurité de nos enfants. Nous allons réduire le temps de télé. Ce projet est une bonne sensibilisation auprès des enfants. Quelques parents (deux ou trois) disent que leurs enfants n’écoutent pas ce genre d’émissions ou encore pas la télé.
Parents de 3-4-5e année
Beau projet, belle initiative pour la prévention. On fera notre part à la maison. Dorénavant, une attention plus particulière sera portée à leur consommation de petit écran. Il ne faut pas graver les peurs dans nos mémoires. Nous allons réfléchir et être plus vigilants. Certains parents pensent qu’en expliquant comment sont faits les films de peur, les enfants n’auront plus peur. Des parents disent préférer que leurs enfants écoutent CSI à l’ordinateur.
Parents de 5-6e année
Un parent écrit à son enfant pour lui dire qu’il est brave d’avouer ses peurs et de continuer à le faire. Des parents disent que lorsqu’ils sont stricts en n’acceptant que des films généraux ou 8 ans et plus; cela fait fâcher leurs filles. Ils précisent que c’est un geste d’amour qu’ils posent! Des parents disent avoir une bonne supervision des films de leur enfant alors que le dessin de leur enfant représente …Freddy. De la violence, il y en a partout ou presque, d’où banalisation. Il faut sensibiliser les enfants et leur parler: leur apprendre à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal. Comme il y a de plus en plus de violence à la télé, le contrôle est difficile à exercer. Il faudrait diminuer les heures de télé. Des parents disent que leurs enfants n’écoutent pas les films d’horreur ; ils préfèrent les films d’action. On préfère le CSI plutôt que le banquier ou Star Académie.
Dans la stratégie proposée par Edupax pour prévenir la violence physique et verbale, l’implication des parents joue un rôle déterminant. Le fait qu’autant de parents aient pris la peine d’exprimer un commentaire indique que le projet en cours les a interpellés et qu’il a suscité leur adhésion.
Rappelons que le DÉFI da la Dizaine sans télé ni jeux vidéo est le seul programme de prévention à cibler l’influence du petit écran comme facteur majeur de l’augmentation de la violence juvénile constatée partout en Amérique du Nord et en Europe depuis le début de la décennie 1980.
Le DÉFI débutera à l’école Sacré-Cœur le 14 avril à midi. Toute personne qui voudrait transmettre un message d’encouragement aux enfants de cette école primaire peut l’adresser à l’auteur de cette chronique à l’adresse ci-dessous.
Jacques Brodeur/JBrodeur@edupax.org
Pour en savoir plus sur le DÉFI de la Dizaine : www.EDUPAX.org