Quelques jours plus tard, c’est à l’unanimité que quelques 200 parents réunis en assemblée générale, décidaient d’y participer. Le site Internet du www.lanouvelle.net consacrera une chronique bihebdomadaire à la démarche des enfants dans leur cheminement vers la réduction de la violence physique verbale.
Nos internautes seront à même d’observer la progression du plan de match audacieux que s’est donné cette communauté.
À entendre parler certains adultes au sujet des écoles d’aujourd’hui, on dirait qu’elles sont devenues de véritables Tours de Babel, sans discipline. En réalité, rien n’est plus faux. Les écoles sont encore des lieux tout à fait propices à la formation des enfants. Ce constat ne doit cependant pas nous cacher certains faits inquiétants concernant le vécu des enfants d’aujourd’hui.
Il y a une différence entre dénoncer des dégâts et reconnaître un problème. Dès le départ, une nuance s’impose : ce n’est pas parce qu’on rencontre des enfants au comportement troublé à l’école qu’il faut automatiquement condamner l’école.
Il est plus facile d’observer le comportement des enfants à l’école car c’est là qu’ils se rencontrent. L’observation est moins facile quand ils sont loin des autres.
On commet une grave erreur quand on accuse l’école de causer le problème. Il n’y a pas plus de bactéries dans l’eau quand on utilise un microscope. Il n’y a pas plus d’étoiles dans le ciel la nuit que le jour. Il est normal qu’on en voie plus quand on choisit le bon outil et le bon moment.
On pourrait discuter longtemps pour savoir si les jeunes d’aujourd’hui sont plus violents qu’il y a 50 ans. L’expérience des uns ferait face aux souvenirs des autres et on resterait dans la subjectivité. La réalité mérite des nuances. Il y a des milliers d’années, certains s’inquiétaient de l’impolitesse des jeunes et d’autres n’y voyaient rien à redire. Alors, qu’en est-il au juste de nos jours?
La réalité, c’est que les enfants d’aujourd’hui, aux quatre coins de l’Amérique du Nord, y compris dans notre société distincte bien québécoise, ont été affectés par trois phénomènes de société réels qui profondément ont affecté les comportements.
D’abord, la structure familiale a changé. Les jeunes québécois vivant dans une famille non traditionnelle composent maintenant plus de 50% de la population scolaire, comparativement à moins de 10% il y a un demi-siècle.
Ceux qui vivent encore avec leurs parents géniteurs ne sont pas à l’abri des scènes de ménage et à des disputes aigues. Les relations entre conjoints ne sont plus ce qu’elles étaient. Ces turbulences constituent la principale source de stress ; elles créent chez l’enfant un sentiment douloureux d’inquiétude, et même chez certains une forme d’anxiété. Ce stress entraîne une souffrance qui rend l’enfant imprévisible, capable de poser des gestes qui peuvent affecter la sécurité de leur entourage, ou à tout le moins, leur sentiment de sécurité.
Premier conseil aux parents : garder les enfants à l’abri des disputes entre conjoints. L’enfant n’a pas demandé à naître, surtout pas pour assister à des querelles de ménage.
Un deuxième facteur est intervenu dans nos sociétés au cours du dernier demi siècle. L’encadrement parental s’est relâché. Les parents d’aujourd’hui, pour toutes sortes de raisons, n’aiment pas représenter l’autorité.
Pour plusieurs, l’autorité peut frustrer leur enfant. Et puis, ils sont sensibles aux colères de l’enfant, ils craignent de perdre son affection. Ils préfèrent laisser à d’autres le soin d’incarner l’autorité et, hélas, ils sont nombreux à prendre la part de leur enfant quand une réprimande survient à l’école. Parmi les parents qui acceptent d’intervenir, plusieurs le font avec un profond sentiment de culpabilité.
Lorsque l’enfant découvre qu’il peut rapporter les faits à ses parents en réduisant sa part de responsabilité, il apprend vite à obtenir l’appui de ses parents. Ce petit jeu requiert beaucoup de doigté des adultes et de complicité entre eux. Lorsque les adultes interviennent auprès d’un enfant, ils doivent se concerter avant de se condamner mutuellement. Cela est vrai dans le couple, cela est aussi nécessaire entre les parents et le personnel de l’école.
Conseil numéro 2 aux parents : lorsqu’une nouvelle arrive de l’école, vous avez avantage à communiquer avec l’enseignante ou la direction plutôt que de prendre position en faveur de votre enfant. On s’entend entre adultes avant d’accuser l’école.
Le troisième facteur qui a profondément affecté la santé mentale des enfants depuis les années 1960, c’est l’exposition croissante à des divertissements violents.
Il y a cinquante ans, les enfants regardaient Pépinot et Capucine et le Capitaine Bonhomme. En 1970, ils ont apprécié Passe-Partout. Soudain, en 1980, un changement s’est produit. Ils ont été captivés par GI Joe et Transformers. Que s’est-il passé? Des émissions, conçues et produites aux États-Unis, ont envahi les ondes publiques canadiennes à des coûts moindres que n’importe qu’elle production locale.
Tant pis pour les artisans locaux, et une poignée de télédiffuseurs ont tiré profit de l’économie des coûts de production. Les émissions importées rapportaient gros car elles avaient été produites par une compagnie de jouets qui utilisait des émissions entières pour «annoncer»ses produits et court-circuiter le Père Noël.
Au milieu de la décennie 1980, le vieil homme n’avait plus le choix et pour combler le chérubin de nos familles, pour éviter sa déception au pied de l’arbre, papa, maman et tous ceux qui l’adorent l’ont regardé découvrir ses GI Joe et ses Transformers.
Il a fallu attendre 1986 pour découvrir la manigance. Ce n’était décidément pas une coïncidence si les deux émissions les plus violentes à être diffusées dans nos foyers à l’époque véhiculaient respectivement 84 et 81 actes de violence à l’heure.
L’ingrédient de marketing «violence» a permis d’augmenter les ventes de jouets guerriers de 700% entre 1980 et 1985, à la grande joie des actionnaires de la compagnie Hasbro.
À l’époque, malgré la méfiance de plusieurs parents, certains critiques de cinéma (comme Agnès Gruda de La Presse) refusaient de condamner cette stratégie de marketing et refusaient de voir qu’elle pouvait affecter le cerveau des tout-petits.
À suivre : «Un plan d’action qui cible la source du problème».
Jacques Brodeur, conseiller en Prévention de la violence,
Éducation à la Paix, Éducation aux médias
JBrodeur@edupax.org / www.edupax.org
Prévention de la violence à Princeville
Au début d’octobre 2007, le personnel de l’école Sacré-Cœur acceptait de soumettre aux parents un programme de prévention de la violence assez insolite.
- Nombre de fois lu : 497
- Coter
- Haut de page