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La «grosse jérémiade» d'Ultramar



Publié le 14 Août 2009
Publié le 18 Juin 2010
 
Sujets :
Ultramar , Hydro-Québec , Commission de la protection , Québec , Lévis , Montréal

Nous pouvons lire ces jours-ci dans les différents médias de la province, qu’Ultramar se plaint de ne pas avoir les permis requis, cinq ans après avoir fait connaître son intention de construire un pipeline entre sa raffinerie de Lévis et Montréal.

Bien sûr, il est facile de mettre tout ça sur le dos des propriétaires, qui depuis le départ, ont toujours dit qu’ils n’étaient pas contre le projet, mais contre le tracé. L’Association représentant ces propriétaires a proposé à Ultramar d’utiliser le long d’une autoroute comme la 20 ou d’une route ou encore les bateaux par la voie fluviale que le Québec a l’avantage d’avoir sur son territoire. Or, depuis 5ans, après de multiples rencontres, la compagnie n’a jamais voulu changer quoi que ce soit à son tracé. Elle fait fi des demandes et recommandations des propriétaires et de leur Association (l’association des propriétaires privés, agricoles, acéricoles et forestiers (apPAF).

De plus, comment pourrait-elle avoir tous les permis alors qu’il lui reste encore trois municipalités, sur les quatre dernières, qui n’ont pas encore été entendues par la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Le promoteur a lui-même choisi de devancer les demandes pour 28 municipalités au lieu d’y aller en bloc quand les 32 municipalités seraient prêtes, qu’il en assume maintenant les conséquences et qu’il attende la suite normale des procédures pour les trois municipalités restantes. Les propriétaires et municipalités ont aussi le droit d’être entendus dans ces 3 autres territoires.

Ce n’est qu’une grosse jérémiade de la part du promoteur pour faire pression sur le gouvernement pour passer outre les droits, les lois et réglementations du Québec.

Si on ne regarde qu’à Lévis, les propriétaires concernés ainsi que l’apPAF ont présenté un tracé alternatif qui tenait compte de trois grands principes qu’Ultramar dit pourtant respecter: suivre les emprises d'Hydro-Québec afin que l'aire de travail soit dans cette emprise et éviter ainsi du déboisement supplémentaire temporaire; utiliser d'abord des terres publiques (Hydro-Québec) plutôt que des terres privées; éviter au maximum l'impact sur les activités agricoles à venir en analysant le potentiel futur de ces mêmes terres.

De façon très décevante, elle crée un nouveau corridor plutôt que de longer celui d’Hydro-Québec. Elle utilise les terres agricoles en production plutôt que d’utiliser les espaces en friche qui appartiennent à Hydro-Québec. De plus, elle préconise de couper des terres en production en deux, couper tous les systèmes de drainage plutôt que de suivre les lignes de lot. La seule raison? Leur coût. Mais combien en occasionnerait-elle aux propriétaires à l’avenir. Ça, elle ne veut pas l’admettre.

Concernant la contestation en Cour supérieure de Mario Chrétien, sachez qu’il le fait en sachant très bien que la décision finale profitera à tous les propriétaires concernés, il ne le fait pas que pour son propre bénéfice et ça, les membres de l’apPAF le savent. Ultramar projette malheureusement l’image que ce n’est qu’un seul propriétaire qui est en désaccord avec les conditions du projet.

C’est un droit que tout citoyen du Québec a la chance de se prévaloir, alors il ne faut pas se surprendre que quelqu’un ait le courage de défendre ses convictions jusqu’au bout.

Au niveau de la sécurité, si Ultramar utilise toujours le train-bloc, c’est qu’elle est sous contrat et selon ses propres dires, elle continuera à utiliser ce service même après le projet de pipeline pour d’autres secteurs. Et concernant les bateaux, il en passe un à tous les deux jours, et personne ne s’en plaint. Surtout, c’est le transport le plus sécuritaire. D’ailleurs, tous les approvisionnements de la Compagnie parviennent au pays par ce moyen de transport.

Alors, si le promoteur prétend qu’une poignée de propriétaires conteste, il est bon de rappeler que cette poignée de propriétaires est regroupée en Association depuis 2005 et que ceux-ci sont au compte de 260 sur 650 propriétaires et qu’ils détiennent plus de 50% des kilomètres de pipeline convoité. Ce n’est donc pas un projet qui fait l’unanimité dans la communauté. Or, Ultramar croyait peut-être qu’en agissant en «gros Jean comme devant » que les propriétaires ne se tiendraient pas debout vu la grosseur d’une entreprise comme Ultramar et Valero Texas, son propriétaire.

C’est maintenant un secret de polichinelle que le projet initial de pipeline qui avait été présenté au gouvernement du Québec pour approvisionner Montréal est aussi destiné à approvisionner l’Ontario et les USA, tout cela en utilisant les terres du Québec.

France Lamonde

Vice-Présidente et porte-parole de l'apPAF

Association des Propriétaires privés, agricoles, (acéricoles) et forestiers

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Jean Paul
    - 19 Juin 2010 à 11:04:36

    Faudrait cesser de se plaindre lorsqu'un projet d'envergure est proposé au Québec. Il est impératif de créer de la richesse afin de payer toutes nos factures !

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