Les spécialistes de la météo nous avaient, encore une fois, annoncé un été chaud et sec. Peut-être se sont-ils trompés de pays, à moins que leur boule de cristal ne soit fêlée…
Nous commençons à subir le dérèglement climatique, où interfèrent de multiples paramètres, ce qui rend impossible d’en prévoir localement les effets. L’humeur de notre planète est surtout déboussolée par les gaz à effet de serre (GES) causés par l’hyperactivité humaine.
Avec le réchauffement climatique (on aurait mesuré cet été 37oC dans les eaux du Golf du Mexique), il y a beaucoup d’évaporation à l’équateur. Il faut bien que cet accroissement nuageux se déverse quelque part.
Les pluies torrentielles, ou la surabondance de neige, occasionnent des catastrophes aussi variées que coûteuses : violents orages, débordement d’égouts ou de fosses à lisier, ponceaux de route arrachés, calamités agricoles…
Nos infrastructures ne sont pas conçues pour ces extrêmes. Dans les pays chauds, les ouragans qui ont doublé et la montée des eaux vont contraindre à l’exil des millions de réfugiés climatiques. Pour quelle patrie?
Une grave maladie peut être l’occasion individuelle de changer radicalement ce qui ne convenait pas à notre organisme, y compris notre façon de voir les choses. Les personnes qui franchissent ce cap ont souvent le sentiment d’une renaissance et que cette épreuve leur permet ensuite de savourer pleinement la vie, éliminant le superficiel pour dégager l’authentique.
À ma connaissance, il n’existe pas de chauffagiste galactique à qui faire appel pour rééquilibrer le réglage du thermostat planétaire. Parmi les causes des GES qui déboussolent l’harmonie de notre Terre-Mère, il y a les transports, dont les trois quarts pourraient être évités.
Avec 30 millions de tonnes de déchets importés, le projet Jeffrey-Maybach de méga-dépotoir, augmenterait cet impact. En comptant Montréal-Asbestos (aller et retour car les prometteurs omettent de comptabiliser les camions qui repartent à vide), ça équivaut à un camion de 40T qui ferait trois fois et demie le tour de la planète, chaque semaine, CHAQUE SEMAINE, pour promener des ordures.
Cependant, les promoteurs nous vantent une technologie qui résout tous les problèmes : «…pas d’odeurs, pas de bruit, pas de fuite de lixiviat…» et même «…pas de déchets, que des matières premières».
Devant ces prouesses, on a tout avantage à ce que la Ville de Montréal reçoive le lieu d’enfouissement Jeffrey-Maybach sur l’un de ses nombreux terrains, pour disposer elle même de ses poubelles. Ça répondrait aussi à la volonté gouvernementale de régionaliser la gestion des déchets.
Le climat est au point de bascule. Un jeûne sérieux pourrait aider l’équilibre naturel à se rétablir.
Sylvie Berthaud
Front Commun Québécois pour une Gestion Écologique des Déchets (FCQGED)
Un jeûne ou un «plu-vieux»?
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