Approche participative de développement et paix



Publié le 26 Février 2008
Publié le 18 Juin 2010
 

Il y a quelques semaines, les médias nous rappelaient le tsunami du 26 décembre 2004, cette terrible tragédie qui avait précipité l'Asie du Sud-Est dans la mort, la douleur et le désespoir.

Sujets :
Province de Banda-Aceh , Indonésie

Vous vous rappelez, ce cataclysme nous avait envahis d'un sentiment d'impuissance: les besoins étaient immenses à la mesure de l'ampleur de la catastrophe. Heureusement, l'organisme catholique Développement et Paix nous a permis d'exercer notre solidarité.

Favoriser le développement

Aujourd'hui, nous pouvons être fiers du succès qu'a connu son programme de reconstruction dans la région la plus éprouvée par le désastre, la province de Banda-Aceh, dans le nord-est de l'Indonésie.

En un peu plus de deux ans, 3 300 maisons et les infrastructures furent reconstruites dans 23 villages entièrement détruits.

Au lendemain d'une tragédie, il y a d'abord des secours d'urgence. Mais assez rapidement, il faut envisager le développement à long terme. C'est ainsi que dès le mois de mars 2005, Développement et Paix s'est joint à un partenaire bien implanté en Indonésie pour un projet de reconstruction domiciliaire.

C'est d'ailleurs sa façon habituelle de fonctionner. Cette fois, il s'est associé à UPLINK, un organisme indonésien qui travaille avec les pauvres en milieux défavorisés.

Impliquer les gens tout au long du processus

Ce projet mérite d'être souligné, car il nous permet de mieux saisir les bienfaits et l'efficacité de l'approche participative de Développement et Paix.

Dès le début, on a travaillé avec les gens des villages. En participant aux décisions, ils se sont sentis responsables du projet. Et ici, toutes les personnes étaient considérées de façon égalitaire. Pas de différence entre riches et pauvres. Il y a eu de nombreuses consultations, des heures et des heures de réunion pour en arriver à des consensus. C'est le gage du succès.

Dès le début, les sinistrés avaient exprimé leur volonté de retourner dans leur village. Avec eux, on a dessiné les plans des 23 villages entièrement détruits; l'emplacement de toutes les maisons fut relocalisé et la population fut sollicitée pour élaborer les premiers plans avec les architectes. À chaque étape, les plans devaient être approuvés par les villageois. C'est ainsi que cinq modèles de maison furent proposés. Et pour la construction, on a fait appel aux compétences locales en leur assurant une formation technique.

Pour s'assurer que l'argent profitera bien aux familles, on a embauché 3 300 familles pour les 3 300 maisons prévues. Chaque propriétaire devenait ainsi partenaire dans la construction de sa maison et un contrat précisait la responsabilité de chacun.

On leur assurait également la formation qui permettrait de superviser les travaux. «C'est moi qui était responsable que tout aille bien», déclare l'un d'eux.

Développer la vie communautaire

De plus, on a reconstruit les infrastructures (rues, drains, fosses septiques, aqueducs). Mais il est important de souligner qu'on n'a pas seulement travaillé à reconstruire le milieu physique. On avait à cœur de développer la vie des communautés. C'est toute la dimension sociale du projet : favoriser les liens sociaux à l'intérieur des villages et entre les 23 villages.

C'est ainsi qu'un réseau fut créé et pour y adhérer, il fallait s'engager à vivre les valeurs de respect, partage, égalité hommes-femmes et prise de décision par consensus.

Grâce à l'approche participative, les gens ont pu surmonter leurs traumatismes en reconstruisant leurs maisons et leurs communautés. Nous pouvons donc rendre hommage à ces personnes rescapées du tsunami qui ont reconstruit leur vie avec dignité, courage et détermination.

Notre appui à Développement et Paix nous permet vraiment de participer à la construction d'un monde plus humain, d'un monde porteur d'espoir.

Mgr Raymond St-Gelais

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