Si l’on parle d’une marche «exploratoire», c’est qu’il existe déjà, depuis deux ans, une version du Compostelle québécois, menant les pèlerins de Beauvoir (Sherbrooke) à Beaupré, passant par la Rive-Nord du Saint-Laurent, un trajet de 350 kilomètres.
M. Donahue, 72 ans, originaire de Sherbrooke et nouveau résidant d’Orford, et M. Lajoie, 58 ans, Acadien de naissance (Nouveau-Brunswick), installé à Shefford, se sont rencontrés en 2008, lors d’une marche organisée par l’Association des amis de Compostelle. Les deux avaient évidemment réalisé ce fameux pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, en 2007, dans le cas de M. Donahue, en 2006 et en 2009 dans le cas de l’infatigable M. Lajoie.
Planificateur financier à la retraite, Jean-Marc Donahue n’a pu faire autrement que jeter son œil de comptable sur les abords du chemin de Compostelle. «Il a fait naître toute une économie sur son parcours… Je me suis demandé pourquoi on ne pourrait en faire autant ici au Québec. Par un tel pèlerinage, on peut faire connaître le pays!» Il croit d’ailleurs que l’activité pourrait attirer des touristes américains et européens.
Le concept a séduit Doris Lajoie et c’est à deux qu’ils ont conçu la version québécoise du chemin de Compostelle, lançant des appels dans les villes étapes, s’assurant de pouvoir loger là, dans un presbytère, là dans un centre communautaire, là chez des amis. «J’avais choisi la Rive-Nord pour son aspect historique, le trajet empruntant le Chemin du Roy», explique M. Donahue.
L’idée a aussi plu à bien des gens, tant et tant que pour sa troisième année, les deux organisateurs ne peuvent plus accepter d’inscriptions pour leur pèlerinage de septembre prochain. Une vingtaine de pèlerins partiront de Beauvoir pour se rendre à Beaupré.
L’an dernier, Alain Provençal, directeur général de Tourisme Bois-Francs, a rencontré les concepteurs, leur proposant d’étudier la possibilité d’un autre pèlerinage, celui-là entièrement sur la Rive-Sud.
Il semble que le commissaire touristique se soit montré convaincant puisque MM. Donahue et Lajoie ont accepté, au propre comme au figuré, de reprendre leur bâton de pèlerin pour explorer les possibilités d’un deuxième chemin de Compostelle québécois.
Déjà, par ce qu’ils ont vu, entendu et vécu pourrait-on ajouter, ils sont persuadés de pouvoir proposer dès juin 2011, cette longue randonnée pédestre menant des gens inspirés entre Sherbrooke et Sainte-Anne-de-Beaupré, en passant par Windsor, Richmond, Danville, Warwick, Victoriaville, Plessisville, Lyster, Saint-Agapit, Saint-Nicolas, Lévis, Château-Richer, les douze étapes du prochain pèlerinage.
Le chemin emprunterait la Route verte pour une cinquantaine de kilomètres, puis les routes 273 et 132. Comme pour le parcours de la Rive-Nord, les pèlerins n’auraient pas à se préoccuper de leur hébergement une fois parcourus leurs vingt kilomètres quotidiens. Une fourgonnette transporterait leurs bagages d’un «refuge» à un autre et comporterait aussi tout ce qu’il faut en cas d’ennuis de santé.
Victoriaville étant tellement «dynamique», estime M. Donahue, qu’on pourrait même penser organiser annuellement un pèlerinage en grand groupe et offrir aussi la possibilité à de plus petits groupes de s’élancer à leur guise, la diversité de l’offre d’hébergement le permettant.
Doris Lajoie s’est étonné de la beauté des paysages qu’il a traversés jusqu’à maintenant. Les maisons ancestrales de Danville et de Warwick l’ont enchanté. Et il parle avec plaisir des marais, des cédrières, des champs… et du gazouillis des oiseaux.
Les deux pèlerins remarquent que, de ce côté-ci du fleuve, il y a même, comme à Compostelle, une sorte de meseta (désert). «Dans cette portion, où la route forme une longue ligne toute droite devant soi, on peut faire le ménage dans sa tête!», dit M. Lajoie. Depuis Compostelle, l’homme d’affaires à la retraite garde à la vue cette citation tirée du livre des Cantiques : «Va et marche en toi-même».
Que l’on marche sur le célèbre Chemin de Compostelle… ou sur les routes du Québec, MM. Donahue et Lajoie estiment que le pèlerinage finit toujours par nourrir sa spiritualité. L’esprit du «carmino» (chemin) souffle aussi ici. «Tous ceux qui entreprennent Compostelle n’ont pas tous des convictions religieuses, mais tous le font pour des raisons spirituelles.»
Pour cette longue randonnée pédestre, on apprend à se libérer du superflu, à se concentrer sur l’essentiel, précise M. Donahue. «Et l’essentiel, c’est le miam miam, le dodo et les relations simples», ajoute M. Lajoie.
Le pèlerinage québécois pourrait tout aussi bien servir d’entraînement aux 800 kilomètres du célèbre Compostelle… que de réminiscence. En tout cas, s’il peut user tout autant les souliers, il reste tout de même plus accessible financièrement. Grosso modo, on peut entreprendre un Compostelle version québécoise avec un budget de 700 $ ou de 800 $, tout dépend de sa frugalité, estime M. Donahue.
On pourra obtenir plus d’informations sur le Compostelle québécois en communiquant avec M. Donahue (jeanmarc_donahue@hotmail.com), mais il faudra attendre la fin de sa marche «exploratoire» pour une réponse. Pour l’instant les deux pèlerins ne disposent pas encore d’une vitrine sur le Net. Cela viendra.

Je voudrais bien communiquer avec Noëlla Favreau mais je n'ai aucune adresse oè la joindre. Pouvez-vous me diriger ? Jean-Marc Du Compostelle québécois.