Le chantier a été mené d’avril à juillet sur presque tout le parcours de la Route verte entre Tingwick et Lyster, à l’exception des 10 kilomètres qu’avait refaits Transports Québec il y a trois ans afin d’élargir la route 116 et des 3,5 kilomètres en asphalte à Victoriaville, Warwick, Princeville.
Les travaux n’auront pas trop nui à la saison touristique, dit Mme Perreault. Selon le plus récent dénombrement, le Parc avait déjà atteint 60 000 passages cyclistes au 1er juillet. Mme Perreault s’attend à ce que soient dépassés les 90 000 passages de la saison complète d’il y a trois ans. «Le chantier n’a pas vraiment dérangé parce qu’on avait commencé tôt, du côté de l’Érable où les travaux de revêtement ont été précédés d’un gros travail de débroussaillage, même de creusage des fossés», explique la directrice générale.
Le couvert forestier dans l’Érable comporte ses avantages, mais aussi ses inconvénients, ajoute-t-elle. Le sentier demeure humide plus longtemps et la nature reprend vite ses droits. «À certains endroits, la végétation envahissait la piste et on n’avait plus notre emprise de trois mètres. Entre Lyster et Laurierville, même la végétation avait envahi le milieu de la piste.»
C’est en juin, du côté de Warwick dans la MRC d’Arthabaska que le chantier a davantage constitué une entrave à la circulation des usagers. «La déviation à Warwick, c’est un tronçon plus achalandé et les travaux survenaient en pleine saison touristique. Mais on a tellement parlé de ce projet qu’on n’a pas reçu de plaintes, les usagers s’attendant à voir des camions sur le sentier.»
À refaire dans sept ans ?
Selon les normes, le nouveau revêtement offrirait une longévité de sept ans, dit Mme Perreault.
Faudra-t-il donc reprendre tout le boulot dans sept ans? La directrice générale ne le souhaite pas. Elle croit que, avec de la planification et un entretien préventif, la Corporation pourrait procéder au remplacement de la criblure tronçon par tronçon et pas en un seul été comme cela a été le cas cette année.
D’ailleurs, c’est avec la volonté de durer qu’on remplacera les 40 barrières de bois du parcours par des barrières en acier galvanisé. «Il nous faudra d’ailleurs en ajouter, surtout dans ces nouveaux secteurs s'étant développés à Victoriaville.»
Liette Perreault ajoute qu’on a également bonifié la signalisation sur tout le parcours afin de guider les touristes, lesquels composent environ 30% des usagers. Chacune des haltes les renseigne sur les trois suivantes et sur les services offerts.
«Heureux problème»
Créé en 1997, le Parc linéaire des Bois-Francs connaît un accroissement de son achalandage, surtout dans les milieux urbains. La clientèle ne se compose plus seulement de piétons et de cyclistes. «On est dans le multi-usages. Les triporteurs et scooters électriques sont nombreux. Cette forte concentration, manifeste depuis au moins deux ans et surtout à Victoriaville, s’explique de diverses manières», dit Mme Perreault.
«De plus en plus de personnes en perte d’autonomie peuvent ainsi sortir, profiter du plein air, avoir des contacts sociaux. Et le Parc leur est facilement accessible par tout le réseau de pistes cyclables que la Ville a construit. C’est merveilleux à plusieurs points de vue.» Par contre, et comme sur la route d’ailleurs, précise-t-elle, surviennent de plus en plus de problèmes de partage de la piste. «On n’a pas à déclarer d’accident majeur. Je parlerais plutôt d’incidents… et d’irritation, surtout de la part des cyclistes.» Il faudra, poursuit Mme Perreault, organiser des campagnes de sensibilisation à la conduite sur le Parc linéaire. «Pas plus que deux cyclistes ne peuvent circuler côte à côte sur le sentier, deux triporteurs ne peuvent le faire non plus, d’autant qu’ils occupent beaucoup plus d’espace que des vélos.» Au Québec, cet «heureux problème», comme le définit Mme Perreault, d’une forte concentration de triporteurs et de scooters électriques serait assez exclusif à Victoriaville.
Une plus value à donner
Au-delà de toutes ces considérations et maintenant que la piste offre une nouvelle surface de roulement le Parc linéaire veut donner une «plus value» à son infrastructure.
La directrice générale évoque des projets peu coûteux qui, de dix kilomètres en dix kilomètres, mettraient en valeur les attraits naturels des abords de la piste. Un arboretum là, quelques outils d’interprétation sur les richesses ornithologiques ailleurs (à Warwick, par exemple), un champ de tournesols là-bas, sont autant de projets, facilement réalisables, selon Mme Perreault.
