Lorsque les Tigres en ont fait leur choix de premier tour, 5e au total, lors du repêchage de 2011, le défenseur est parti de sa République tchèque natale pour venir s'installer dans les Bois-Francs. À sa deuxième saison avec les félins, il confie que son intégration s'est très bien déroulée.
«Ça n'a pas été trop compliqué, puisque j'étais déjà venu en Amérique auparavant. D'ailleurs, je ne suis pas une personne qui s'ennuie énormément de sa famille. Par contre, j'étais très excité de venir ici», s'est-il souvenu.
Depuis son arrivée, Sidlik essaie de profiter autant qu'il le peut de son deuxième foyer. Cependant, il lui arrive de connaître des évènements cocasses dans la vie de tous les jours, en raison de sa langue. «Je ne peux pas aller au cinéma! C'est un peu drôle quand j'y vais, car on dirait que les gens ont de la misère à me comprendre lorsque je m'exprime!», s'est-il exclamé.
Jean, le meilleur
Avec les Tigres, Sidlik n'a pas pris de temps à s'imposer. Meilleur marqueur chez les arrières, au moment d'écrire ces lignes, avec 30 points (6 buts et 24 mentions d'aide), il pointe également au deuxième rang de l'équipe au chapitre du différentiel, avec +6. Seul Tristan Pomerleau le dépasse dans cette colonne (+7).
Considéré comme l'un des piliers en défensive, l'homme de 19 ans ne ressent pas la pression de performer tous les soirs. «Je ne fais que mon travail et j'essaie de performer de mon mieux à toutes les fois que je saute sur la patinoire. Je savoure chacune de mes rencontres comme si c'était la dernière», a-t-il expliqué.
Si le numéro 4 des félins connaît autant de succès, il le doit en grande partie à son pilote, Yanick Jean, à qui il voue un grand respect. «De ma carrière de joueur, je n'ai jamais eu un entraîneur comme lui. Il est incroyable et très proche de nous. Il sent lorsque nous n'allons pas bien et il n'hésite pas à nous contacter pour nous encourager. Il me donne beaucoup de confiance.»
Parmi les conseils qu'il lui prodigue, le premier qui lui est venu en tête est d'apprécier le moment présent. «En début de saison, il m'avait dit de remporter mes batailles à un contre un et de m'assurer de faire de bonnes premières passes, comme je ne suis pas un défenseur imposant», a-t-il lancé plus sérieusement.
Blain et Gourde, des modèles
L'an dernier, Sidlik était admissible au repêchage de la Ligue nationale de hockey, mais aucune des 30 équipes du circuit Bettman n'a scandé son nom. N'empêche, plein de possibilités s'offrent à lui, mais il préfère ne pas trop prédire ce que l'avenir peut lui réserver.
«On ne sait jamais. Il y a peut-être une possibilité pour moi cette année. On va voir. C'est sûr que c'est un rêve (la Ligue nationale), c'est quand même la meilleure ligue au monde. Peu importe, je travaille fort et je ne mets pas de pression sur mon corps. J'y ai pensé souvent l'an dernier et ça a été parfois une source de distraction.»
Si le cirque de la LNH ne fonctionne pas, le défenseur se tournera peut-être vers l'Europe ou vers la KHL (Kontinental Hockey League). «Cependant, je préfère le style de hockey nord-américain, mais c'est difficile pour un joueur non repêché de se retrouver dans la Ligue américaine», a-t-il confié.
Comme source de motivation, il prend en exemple des ex-Tigres, comme Yanni Gourde et Jérémie Blain, qu'il considère comme des modèles. «J'ai joué une demi-saison avec Blain lorsqu'il est arrivé l'an passé et je le regardais beaucoup jouer. Il a un sens du hockey et j'essayais d'apprendre de lui. Dans le cas de Gourde… quel talent! Il adorait marquer des buts. Il me conduisait chaque jour au Colisée et ça a été un plaisir de l'avoir rencontré», a-t-il mentionné.
Une équipe transformée
Les Tigres, depuis la fin de la période des échanges, affichent un tout nouveau visage. Ce changement s'est aussi reflété dans les résultats, alors que les félins offrent un rendement plus constant.
Pour Sidlik, tout est une question d'attitude. «J'ai davantage de plaisir à jouer cette année que j'en avais l'an dernier. Nous formons plus une équipe et cela se transpose sur la glace et dans le vestiaire. Les joueurs sont moins portés vers les statistiques personnelles et se concentrent sur le plan de match», a-t-il constaté.

