«Une occasion de réduire les préjugés et de manifester notre solidarité»

Claude Thibodeau
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16e Nuit des sans-abri à Victoriaville

L’Auberge du cœur Maison Raymond-Roy de Victoriaville organise, pour une 16e année, la Nuit des sans-abri dès 18 h le vendredi 19 octobre jusqu’à 6 h le lendemain sur le stationnement De Bigarré, au coin de la rue Perreault. «Cette activité permet de rappeler qu’il y a des gens qui dorment dans la rue. Il s’agit aussi d’une occasion de briser l’indifférence, de réduire les préjugés et de manifester notre solidarité envers les sans-abri», souligne la responsable des communications, Annie Loichot.

La Nuit des sans-abri est une initiative du Regroupement des Auberges du cœur. Un plus grand nombre de municipalités joint le mouvement cette année. «Le nombre passe de 23 villes l’an dernier à 27 cette année. Cela signifie que le phénomène de l’itinérance et de l’extrême pauvreté prend de l’ampleur. Il faut trouver un moyen d’endiguer ce phénomène», note Annie Loichot.

Outre Victoriaville, deux autres villes du Centre-du-Québec, Drummondville et Nicolet, participent à la Nuit des sans-abri.

La programmation

Le site de la Nuit des sans-abri ouvrira à 18 h le vendredi 19 octobre. Puis, une marche de solidarité vers 18 h 30 donnera le coup d’envoi à cette vigile d’une durée de 12 heures.

«La marche prendra son envol chez Répit jeunesse au 115, rue Saint-Louis. Entre 30 et 50 personnes ont manifesté leur intérêt à y participer. Tous les marcheurs porteront une lanterne. Nous nous dirigerons vers la rue Tourigny pour emprunter ensuite la rue Saint-Jean-Baptiste et Bois-Francs. Nous reviendrons vers le centre-ville par la rue Notre-Dame Est, puis Perreault pour nous retrouver au site», précise Ève Lamontagne, travailleuse de rue à Répit jeunesse.

Des discours figurent à la programmation dès 19 h 30. Des représentants d’organismes communautaires, de la Maison Raymond-Roy, du rassemblement jeunesse citoyenne RAJE citoyenne, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, du Restaurant populaire et de l’Association des groupes d’éducation populaire autonomes (AGEPA), prendront la parole, mais aussi des élus, comme le maire de Victoriaville, Alain Rayes, la députée d’Arthabaska, Sylvie Roy et le député de Richmond-Arthabaska, André Bellavance.

«Jusqu’à 23 h, on aura droit à un spectacle de cirque, à de la musique et à des chansons. Ensuite, ce sera la vigile autour du feu jusqu’à 6 h», mentionne Jean Béliveau, intervenant à la Maison Raymond-Roy.

Bon an mal an, de 100 à 200 personnes s’arrêtent un tant soit peu à la Nuit des sans-abri. «Quand on termine la nuit, à 6 h, nous sommes une dizaine, une quinzaine de personnes», signale Annie Loichot.

Des revendications

Chaque année, les organisateurs de la Nuit des sans-abri soulèvent des revendications dans le but de faire avancer les choses.

Cette année, l’accès aux services constitue la principale revendication. L’accès à plusieurs niveaux, aux études, certes, mais aussi l’accès aux services publics, comme la santé et les services sociaux.

«À Victoriaville, par exemple, les jeunes, notamment pour obtenir un chèque d’aide sociale, connaissent un parcours jonché d’embûches. On leur demande une signature parentale. Mais bien souvent, ces jeunes sont en rupture avec leurs parents», fait remarquer Jean Béliveau.

Les revendications de la Nuit des sans-abri rejoignent celles du RAJE, choisi «coup de cœur». Le regroupement revendique un processus d’admission à l’aide sociale plus simple et plus juste, un meilleur accès aux programmes de formation pour les 16 à 30 ans et souhaite, par ailleurs, que les personnes utilisant les services du Centre local d’emploi soient accueillies avec respect et compréhension.

«Personne n’est à l’abri d’une séparation, d’une maladie mentale, d’une dépression, d’une perte d’emploi. On peut se ramasser assez bas.» Jean Béliveau, intervenant à la Maison Raymond-Roy

Personne n’est à l’abri

La 16e Nuit des sans-abri à Victoriaville, la 23e édition sur la scène provinciale, maintient son slogan «Personne n’est à l’abri».

«Personne n’est à l’abri d’une séparation, d’une maladie mentale, d’une dépression, d’une perte d’emploi, observe l’intervenant Jean Béliveau. On peut se ramasser assez bas.»

D’ailleurs, le phénomène de l’itinérance, de la pauvreté ne va pas en diminuant. «Les statistiques ne vont pas en s’améliorant. Au Québec, quelque 30 000 personnes se trouvent en état de précarité, dont beaucoup de jeunes», rappelle M. Béliveau.

L’Auberge du cœur Maison Raymond-Roy accueille annuellement à Victoriaville une centaine de jeunes pour un séjour moyen d’une durée de deux à trois mois. «Mais les jeunes ont la possibilité d’y demeurer pendant six mois. On essaie de mieux les outiller, de créer une filiation qu’ils n’ont pas eue», explique l’intervenant.

Ces jeunes peu scolarisés présentent la plupart du temps une caractéristique commune. «Ils n’ont pas de liens significatifs, de réseau social. Ils ont connu la DPJ et plusieurs familles d’accueil. Un séjour de six mois, c’est peu pour rebâtir une personne», conclut Annie Loichot.

Organisations: Le site de la Nuit, Maison Raymond-Roy, Regroupement des Auberges Association des groupes d’éducation populaire autonomes AGEPA Centre local d’emploi Auberge

Lieux géographiques: Victoriaville, Québec, Centre-du-Québec Drummondville Nicolet Rue Saint-Louis Rue Tourigny Rue Saint-Jean-Baptiste Bois-Francs Rue Notre-Dame Est Richmond-Arthabaska

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