En gros, le CRTC exigera – au plus tard le 1er septembre 2014 - qu’au moins la moitié des émissions des canaux communautaires sollicitent la participation de la collectivité qu’ils desservent.
Le concept d’une émission devra provenir de la communauté, ses citoyens devant aussi participer à certains aspects de la production, devant ou derrière la caméra. À la TVCBF, cette exigence ne change strictement rien, affirme Mme Boivin. «Notre planification stratégique nous fixe un pourcentage de 85% des projets devant être initiés par la collectivité, produit par et pour elle», souligne la directrice générale. Elle poursuit en expliquant que, par exemple, ce pourcentage de 85% ne comprend pas le bulletin de nouvelles (qui reprendra l’antenne la semaine prochaine) et la télédiffusion des séances ordinaires du conseil municipal de Victoriaville de septembre à juin. «Même si ces deux émissions sont produites à la demande de la collectivité.»
En fait, cette nouvelle exigence du CRTC n’affectera pas la production de l’ensemble des Télévisions communautaires autonomes du Québec, comme la TVCBF, dit-elle. «Elle aura plus d’incidences sur les entreprises de radiodiffusion (EDR), les câblodistributeurs, autrement dit. Comment vont-elles réagir à ce changement?»
C’est davantage la rubrique «financement» de la politique réglementaire du CRTC qui préoccupe Anick-Marie Boivin. «Actuellement, notre câblodistributeur finance 172 de nos 300 heures de production originale par année. La nouvelle politique du CRTC maintient pour les câblodistributeurs une obligation de financement. Mais comme on ne sait pas comment ils réagiront aux nouvelles exigences du CRTC, on n’a aucune idée de ce qui nous attend en termes de financement.» À l’heure du renouvellement annuel du protocole d’entente avec son câblodistributeur, Vidéotron, la TVCBF ne sait pas si son champ de financement sera rétréci ou élargi. La contribution du câblo équivaut à la moitié du budget de quelque 500 000 $ de la TVCBF.
Par ailleurs, la nouvelle politique réglementaire n’a pas ouvert, aux TVC autonomes, la possibilité d’élargir ses créneaux publicitaires. «On avait espérance de pouvoir diversifier nos sources de financement, mais le CRTC a maintenu le statu quo», dit encore la directrice générale de la TVCBF.
