Si c'est votre cas, voici quelques conseils pratiques pour soulager vos inquiétudes et vous rendre vraiment utile à votre enfant.
Conseil numéro 1. L'école n'est pas une entreprise commerciale. Vous n'allez pas y conduire votre enfant pour qu'on l'éduque à votre place. Le personnel de l'école de votre enfant est là pour aider votre enfant, il a reçu la formation professionnelle pour agir en partenariat avec les parents. Les parents sont des partenaires et non des clients.
Conseil numéro 2. Les parents d'Amérique du Nord consacrent 34 minutes par semaine à converser avec leur enfant. Quelle est votre moyenne? Lorsque votre revient de l'école, prenez du temps pour écouter le récit de sa journée. Cela le rassurera et vous rassurera.
Conseil numéro 3. Votre enfant vous raconte des choses dont il ou elle a été témoin et qui vous inquiètent. Ne commentez pas les événements rapportés. Questionnez votre enfant pour savoir ce qu'il pense de ce qu'il ou elle a vu ou entendu. Votre enfant a besoin d'exprimer des émotions, des sentiments et des opinions. Vos questions vont l'aider à élaborer sa pensée et à développer son cerveau.
Conseil numéro 4. Si le récit de votre enfant vous inquiète vraiment, prenez un bout de papier et envoyez un message à la titulaire de sa classe avec un numéro de téléphone où vous rejoindre et une heure de préférence. Vous ne vous adressez surtout pas à la titulaire comme si vous étiez au service à la clientèle d'une chaîne de magasins. Vous parlez alors à une partenaire de l'éducation de votre enfant. On traite les questions entre adultes avant de condamner un geste qui nous a été raconté. On vérifie les faits avant de juger.
Conseil numéro 5. Votre enfant ne devrait pas passer plus de cinq heures par semaine devant le petit écran. Des études ont démontré que la réussite éducative est affectée par la consommation médiatique. La télé nuit à la capacité de concentration, à la performance en lecture, à l'acquisition de vocabulaire, au développement de l'intelligence. Le petit écran favorise le culte de l'apparence au détriment de la confiance en soi pour qui l'on est.
Conseil numéro 6. Les habiletés sociales de votre enfant se développent à travers des désaccords et des ententes de toutes sortes. Suggérez à votre enfant d'inviter des amis à la maison à un moment convenu avec lui. Vous serez alors en mesure d'observer le degré de compétence sociale de votre enfant.
Conseil numéro 7. Votre enfant a besoin d'activités physiques sur une base régulière. Chaque jour, jamais moins de 15 minutes. Vous-même pouvez participer à ces activités, votre conjoint. Votre enfant peut pratiquer ces activités seul (vélo, corde à danser, ...) ou avec des amis ou des voisins.
Conseil numéro 8. Votre enfant rencontrera d'autres enfants, dont certains ont un comportement troublé, changeant ou imprévisible. Habituez votre enfant à reconnaître les comportements à risque et prodiguez des conseils prudents.
Conseil numéro 9. Certains enfants peuvent être violents en bas âge. Habituez votre enfant à vous raconter ces rencontres qui l'ont inquiété. Plus votre enfant RACONTE, moins il est renfermé, plus il est en sécurité.
Conseil numéro 10. Votre enfant pourrait bien se retrouver au centre d'un groupe d'amis qui décide de rejeter quelqu'un ou de commérer à son détriment. Habituez votre enfant à avoir de la compassion pour les enfants rejetés et à considérer l'apparence (vestimentaire ou autre) comme une enveloppe superficielle. On ne juge pas un fruit à sa pelure, mais à sa richesse intérieure.
Conseil numéro 11. Pour prévenir la violence, tous les enfants ont un rôle à jouer. Si votre enfant est témoin de gestes ou paroles blessantes, le silence n'est pas une piste recommandable. La violence gagne du terrain quand les témoins se taisent et tous les tyrans de cour d'école savent imposer le silence. C'est sur ce silence que repose leur pouvoir.
Ensemble, nous pouvons prévenir la violence physique et verbale.
En 1986, le Gouvernement du Québec adoptait un décret pour que le 3e mardi de septembre devienne la Journée de la Paix en milieu scolaire. Depuis ce temps, dans plusieurs écoles, on tient une minute de silence et de réflexion pour la Paix. Cette année, cette commémoration tombe le 23 septembre.
Quand on entend prononcer le mot Paix, on imagine les guerres qui se déroulent un peu partout sur la terre et qui font souffrir beaucoup d'enfants.
On pense aussi aux pays pauvres qui dépensent des fortunes pour acheter des canons et payer des soldats au lieu de nourrir leur population. On pense aussi aux compagnies qui font des profits en fabriquant des armes au lieu de fournir des médicaments et des abris aux personnes qui souffrent de la guerre. On pense aussi aux mines terrestres qui tuent des enfants dans des pays où la guerre est terminée depuis longtemps.
Mais toutes ces guerres se déroulent loin de notre ville et de notre école. N'y a-t-il rien que nous puissions faire près de chez nous?
Quand on pense à la Paix, on peut aussi penser aux paroles méchantes entendues dans l'autobus ou dans la cour de récréation. Les paroles méchantes, crier des noms, se moquer des autres ou leur faire peur, ça aussi, c'est contraire à la Paix.
Aujourd'hui, en même temps que plusieurs écoles du Québec et du monde, nous allons prendre une minute pour réfléchir à la Paix. Nous allons fermer les yeux et penser à quelque chose que nous pourrions faire aujourd'hui pour faire triompher la Paix dans notre école, dans notre ville et dans notre monde.
Le 23 septembre, la direction de l'école de notre enfant est invitée à diffuser le message suivant au télévox.
«Mes amis, je vous invite à garder le silence durant une minute complète et à réfléchir à la Paix que nous voulons dans notre monde, dans notre ville et dans notre quartier.»
Après ce moment de RÉFLEXION, la direction pourrait poursuivre comme suit :
«Mes amis, la Paix n'arrive pas seule. Elle se construit. Je vous félicite et vous remercie pour votre minute de silence. Je vais maintenant vous demander de prendre un crayon et une feuille pour écrire (ou dessiner) ce à quoi vous avez pensé. Je demande à votre titulaire de me remettre les productions des élèves à la prochaine occasion.»
En habituant les enfants à réfléchir et à exprimer des sentiments, on développe leur pouvoir d'empathie.
Jacques Brodeur, Edupax, organisme à but non lucratif
Prévention de la violence, Éducation à la Paix, Éducation aux médias
www.edupax.org <> Jbrodeur@edupax.org