La paroisse regroupera les actuelles paroisses Notre-Dame-de-l’Assomption et Sainte-Famille qui se joignent aux communautés de Sainte-Victoire, Saint-Gabriel-Lalemant et Saints-Martyrs-Canadiens qui forment actuellement la paroisse Sainte-Trinité. «On ne vise pas une centralisation dans un lieu précis. Le but du regroupement est de maintenir vivantes les communautés et qu’elles le deviennent de plus en plus», a expliqué le prêtre André Genest, curé de l’actuelle paroisse Sainte-Trinité.
La venue d’une nouvelle paroisse commandait le choix d’un nouveau nom. «Durant la période de consultation, on avait laissé entendre aux paroissiens qu’un nouveau nom pourrait être proposé à l’évêque à qui revient la décision du choix du nom. En juin dernier, Mgr Saint-Gelais faisait savoir qu’il conservait le nom de Sainte-Trinité pour la nouvelle paroisse pour une question de stabilité et d’identité, a souligné André Genest. Mais depuis, différents intervenants du milieu ont fait valoir des arguments historiques auprès de l’évêque pour qu’il revienne sur sa décision et qu’il donne à la nouvelle paroisse son nom d’origine.»
Le prêtre note que le pasteur de l’Église de Nicolet a été sensible aux arguments qui lui ont été exposés.
Ancien maire de Victoriaville et historien, Denis St-Pierre a reçu une lettre de l’évêque. «Votre approche, m’a écrit Mgr St-Gelais, m’a vraiment éclairé. Tout est là, le volet historique a fait la différence», a-t-il soutenu.
Denis St-Pierre accueille donc avec joie la décision de l’évêque. «Elle va dans le sens de l’histoire. Le 1er janvier 2011, on revient à ce qui existait à l’époque : deux paroisses, Sainte-Victoire et Saint-Christophe-d’Arthabaska», a-t-il rappelé.
Le retour au nom de paroisse Sainte-Victoire constitue une sorte d’hommage aux yeux de l’historien. «Conserver le nom, c’est rendre hommage à tous ces gens qui ont tellement travaillé à bâtir notre ville et notre paroisse dans des conditions très difficiles. Je suis très impressionné par ce qui a été fait. Et l’église Sainte-Victoire est le seul lieu, depuis 1863, à avoir conservé sa vocation tout ce temps. Elle représente un lieu de rassemblement pour la population. Conserver le nom de la paroisse Sainte-Victoire, c’est aussi protéger cette histoire», a fait valoir Denis St-Pierre.
L’église Sainte-Victoire actuelle a remplacé, en 1897, la première chapelle. «Ce serait impensable de reconstruire un édifice comme ça aujourd’hui, a signalé l’historien. L’église a été construite avec moins de moyens financiers et mécaniques qu’aujourd’hui. Et les gens du temps l’ont fait.»
Le retour de la paroisse Sainte-Victoire représente un événement extrêmement important pour M. St-Pierre. «Pour moi, c’est l’événement le plus important des fêtes du 150e de la Ville de Victoriaville. Et c’est le résultat d’un effort concerté. Merci à tous ceux qui ont appuyé la démarche, merci à l’évêque, aux communautés religieuses qui permettent de faire revivre et de perpétuer l’histoire», a exprimé l’ex-maire.
L’abbé Genest a fait savoir que l’évêque n’avait pas été difficile à convaincre. «Il n’y a pas eu de partie de bras de fer. Les arguments historiques et le nom d’origine l’ont emporté facilement. Avec un autre nom, ça aurait été difficile», a-t-il noté.
Les paroissiens concernés sont déjà au fait du nouveau nom. «La réception a été très bonne partout. Ça a été bien reçu», a confié le prêtre.
Les fidèles, a-t-il ajouté, n’ont pas rechigné à l’idée d’abandonner le nom de Sainte-Trinité, choisie à l’époque par la population lors du regroupement des trois paroisses concernées. «Pour bien des gens, Sainte-Trinité collait moins, a-t-il dit. Il n’y a pas eu de résistance pour perdre ce nom.»
Le nouveau regroupement de paroisses aura éventuellement une incidence sur les lieux de culte. «Mais la paroisse, c’est cinq communautés. On aura cinq communautés même si nous n’avons pas cinq églises», a précisé l’abbé Genest.
Soulignons que le nom de la paroisse Sainte-Victoire réfère à la vierge et martyre Sainte-Victoire, dont on célèbre la fête le 23 décembre.
Pendant 76 ans, du 12 septembre 1863 au 26 août 1939, relate Denis St-Pierre, deux paroisses, Saint-Christophe-d’Arthabaska, fondée en 1851, et Sainte-Victoire, ayant vu le jour en 1863, ont desservi le territoire actuel de la Ville de Victoriaville.
Mais à partir de 1939, Sainte-Victoire a commencé à être divisée, faisant place à Saints-Martyrs-Canadiens (1939), Saint-Gabriel-Lalement et Sainte-Famille (1953) et Notre-Dame-de-l’Assomption (1960). «Ce qu’on fait avec ce nouveau regroupement, c’est un rappel de 147 ans d’histoire», a signalé M. St-Pierre.
