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«Le vrai travail peut commencer!»

Jean-Pierre Lockhead et Réginald Sorel

Jean-Pierre Lockhead et Réginald Sorel

Publié le 12 Avril 2011
Publié le 12 Avril 2011
Hélène Ruel  RSS Feed

L’ACDI accepte de financer une école de métiers en Haïti

Pour ce projet d’une école de métiers à construire à Rivière-Froide en Haïti, l’AQANU a obtenu une contribution de 789 134 $ de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), se réjouissent le coopérant victoriavillois Réginald Sorel et le prof d’anglais du cégep de Victoriaville, Jean-Pierre Lockhead. «Le vrai travail peut commencer!», dit M. Sorel.

Sujets :
ACDI , école des métiers , Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies , Haïti , Rivière-Froide , Nouveau-Brunswick

Les deux font partie de l’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU), laquelle pilote ce projet s’alliant la collaboration des Amis de Mark Gallagher, sergent du Nouveau-Brunswick mort lors du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti.

Cette école où l’on enseignera une quinzaine de métiers à quelque 500 jeunes paysans de Rivière-Froide portera d’ailleurs le nom du sergent.

Revenant d’un énième séjour en Haïti, Réginald Sorel dit que le financement du projet est presque entièrement ficelé, du moins pour sa construction. «On a, par ailleurs, des engagements pour près de 300 000 $», précise-t-il, la contribution de l’ACDI équivalant à 75% des coûts du chantier.

Il est extraordinaire de penser qu’après un an, «on a un million de dollars dans les mains» pour le projet, souligne Jean-Pierre Lockhead.

Il reste encore beaucoup à faire avant d’ouvrir ce chantier… et d’inaugurer l’école à la toute fin de 2012.

Un «mal de tête»

Avant d’en entreprendre les fondations, l’ACDI exige une étude environnementale… conforme aux normes canadiennes. «Je dirais que c’est un peu notre mal de tête à ce moment-ci dans un pays où il n’y a pas vraiment de normes, pas, non plus, de code du bâtiment.»

Mené pour, par et avec les Haïtiens, le chantier doit également fournir des conditions de travail décentes aux ouvriers. «Et l’on doit identifier quelles sont les mesures d’anticorruption que nous allons prendre», note M. Sorel.

Construire la «coquille» de l’école est une chose, le meubler et en concevoir le fonctionnement en sont deux autres.

Il faudra définir les programmes de formation, assurer la formation des maîtres (des profs laïcs haïtiens).

Retraité de l’enseignement au cégep de Victoriaville, délégué de l’Internationale de l’éducation en Haïti (plusieurs de ses séjours, il les a effectués à ce titre), Réginald Sorel, a déjà rencontré les autorités du ministère de l’Éducation, particulièrement le directeur de l’Institut national de la formation professionnelle.

Pour une raison qui échappe à M. Sorel, ce directeur ne connaissait pas l’existence du projet mené dans la «cour» et sous l’administration de la congrégation des Petites sœurs de Sainte-Thérèse.

Trois demandes

Trois demandes sont adressées au ministère, rappelle le coopérant. «La reconnaissance de l’école, du diplôme et une contribution au salaire de la quinzaine d’enseignants et de la direction de la future école.»

La contribution publique à la rémunération des profs est d’autant plus importante qu’elle soulagera le portefeuille des parents, puisque l’école conservera un statut privé.

Le futur établissement s’insérera dans un «complexe scolaire» à Rivière-Froide où des centaines d’enfants ont perdu la vie sous les décombres de leurs écoles.

Une fois complété, le complexe accueillera quelque 2 000 élèves, pouvant y suivre toute leur formation, du préscolaire (deux ans) jusqu’à l’école des métiers, en passant par le primaire (fondamental) et le secondaire.

Tout le complexe doit être clôture d’un mur d’enceinte pour protéger les bâtiments du vol.

Un peu de reconstruction

Depuis le séisme de janvier 2012, Réginald Sorel observe un «peu de reconstruction à Port-au-Prince», surtout dans les quartiers habités par la classe moyenne. Le choléra… et la corruption sont endémiques, constate-t-il. «D’ailleurs, on commence à manquer de fonds pour les centres de traitement du choléra.»

Au moment où il s’y trouvait (du 25 janvier au 25 mars), les élections occupaient la toile de fond. Là-dessus, Réginald Sorel, considère que cette élection n’aura été qu’une «lutte de pouvoir entre factions de l’ancienne classe politique», aucun des candidats ne s’engageant à la défense des paysans. «Ils restent sans voix».

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