Une école de métiers, une lueur pour de jeunes paysans haïtiens

Hélène Ruel
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Le coopérant Réginald Sorel et le prof d’anglais du cégep de Victoriaville, Jean-Pierre Lockhead reviennent tout juste d’un gala organisé par la GRC à Woodstock au Nouveau-Brunswick, activité lançant une campagne de financement pour la construction d’une école de métiers à Rivière-Froide en Haïti.

C’est l’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU), dont MM. Sorel et Lockhead font partie, qui est le maître d’œuvre de ce projet.

«On a déjà amassé 200 000 $», précise M. Sorel. Il en faudra 600 000 $ pour la seule construction de cette institution appelée l’École professionnelle à la mémoire du sgt Mark Gallagher. Membre de la GRC, résidant du Nouveau-Brunswick, le sergent Gallagher est mort lors du séisme du 12 janvier en Haïti.

«Il était très connu et apprécié au Nouveau-Brunswick», ont constaté MM. Sorel et Lockhead lors de ce gala ayant réuni quelque 400 personnes, dont le premier ministre du Nouveau-Brunswick, des députés et des maires.

Pour l’occasion, on avait réservé la place d’honneur à Sœur Gisèle Chaperon, religieuse haïtienne, directrice des écoles primaires et secondaires de la congrégation des Petites sœurs de Sainte-Thérèse, postée à Rivière-Froide.

L’épaule à la roue

M. Sorel rappelle qu’au Nouveau-Brunswick, à la suite du décès de Mark Gallagher, on s’est vite mobilisé pour tenter de faire quelque chose pour Haïti… et rendre hommage à la mémoire du sergent. Une Association des amis de Mark Gallagher s’est d’ailleurs formée.

Si l’AQANU est le maître d’œuvre du projet de construction, Réginald Sorel précise que plusieurs organisations mettent l’épaule à la roue pour construire cette école qu’on espère avoir entièrement terminée le 31 décembre 2012.

L’AQANU s’apprête à présenter tout son dossier à l’Agence canadienne de développement international (ACDI). «Si le projet est accepté, la construction pourrait être financée à 75%», précise M. Sorel.

Bien sûr, que, outre la construction, il faudra outiller et meubler cette école devant accueillir 500 élèves ayant terminé leur secondaire, désireux de se former à une quinzaine de métiers différents.

La base militaire de Gagetown s’est engagée à fournir des outils, alors qu’une organisation non gouvernementale américaine a aussi promis du mobilier. La Fédération canadienne des enseignantes et enseignants financement les déplacements en Haïti. «Même le cégep de Victoriaville y met du sien, précise M. Sorel, en nous prêtant le matériel technique pour des vidéos-conférences.»

Jean-Pierre Lockhead dit aussi qu’un groupe de collégiens de Victoriaville, étudiants en langues modernes, a choisi Haïti pour souligner le Mois de l’international. L’argent qu’ils amasseront à l’issue de leurs activités sera aussi versé pour la construction.

Cette école de métiers, rappelle M. Sorel, les Petites sœurs de Sainte-Thérèse en rêvaient depuis longtemps, cherchant à former des ouvriers spécialisés, à stimuler la poursuite des études des jeunes paysans qui fréquentent déjà leurs écoles primaires et secondaires. Un site Internet (www.gallagherschoolhaiti.com) permet d’en apprendre davantage sur le projet.

Si l’école deviendra la propriété de la congrégation religieuse, Réginald Sorel veut aussi à la rencontre du ministère haïtien de l’Éducation pour qu’il fasse sa part, lui demandant de contribuer au salaire de la quinzaine d’enseignants. «Cela permettrait de soulager le fardeau financier des parents», dit-il.

Pas de progrès

Pour ce projet, mais aussi pour l’Internationale de l’éducation, Réginald Sorel multiplie ses déplacements en Haïti.

Depuis le séisme du 12 janvier, Réginald Sorel il en est à son troisième séjour. Il en revient tout juste et repartira le 30 novembre, ayant pris soin de se faire vacciner contre le choléra. «Malheureusement, ce vaccin est trop coûteux pour qu’il soit offert à la population haïtienne», dit-il.

La diarrhée étant déjà endémique en Haïti, l’accès à des toilettes et à l’eau potable étant pratiquement inexistant, M. Sorel croit que le choléra fera beaucoup, beaucoup de victimes. «On ne saura même jamais combien de personnes en mourront. C’est presque une bataille perdue.»

D’un séjour à l’autre, Réginald Sorel remarque, avec une sorte de dépit, qu’aucun progrès n’améliore le sort de la population de Port-au-Prince, beaucoup de gens s’abritant encore sous des tentes de fortune, tous les cadavres n’ayant pas été sortis des décombres.

Il parle aussi de l’inflation galopante du prix des biens, produits… et matériaux de construction. Et l’élection présidentielle en vue suscite bien davantage de cynisme que d’espoir, observe enfin Réginald Sorel.

Organisations: école de métiers, Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies, École professionnelle GRC Agence canadienne de développement international Association des amis Fédération canadienne des enseignantes Groupe de collégiens de Victoriaville

Lieux géographiques: Haïti, Nouveau-Brunswick, Sœur Gisèle Chaperon Gagetown Victoriaville Port-au-Prince

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  • Jacques Omer Ducharme
    19 août 2011 - 09:50

    Bonjours ,je suis a Port-au-Prince et je suis canadien ,,,je prend soin de deux garcon ici en Haiti un a l`université en médecine et l`autre qui a de la difficulté a l`école en 9 ieme tres habille en petite mécanic comme , génératrice,ventilateur moteur , Il doit bien avoir une é.cole qui pourais développé ces talent pour un jour qu`il gagne sa vie ,,,ou je doit m`adressé car je ne sais a quel endroit je dois allé ,,,,,Merci de bien vouloit m`aidé a bientot au plaisir de vous lire,

  • Claude Taillon
    13 novembre 2010 - 07:56

    Félicitation à toutes les personnes impliquées pour leur engagement.