La hausse la plus spectaculaire concerne le programme des soins infirmiers, alors que 113 élèves ont acheminé une demande… trop pour le nombre de places habituellement réservées à la cohorte de première année (72). L’an dernier, elles étaient 89 à vouloir amorcer ce programme.
L’intérêt pour les soins infirmiers croît depuis 2008 à la suite d’un inquiétant creux de vague en 2007 avec seulement 38 demandes.
Pour résoudre l’heureux problème de la congestion dans les demandes d’admission, «on devra organiser une rencontre entre la directrice du département et les autorités du Centre de santé et de services sociaux (CSSS)», mentionne le directeur des études.
Il croit que cette augmentation du nombre d’aspirantes infirmières n’est pas étrangère à la qualité du programme victoriavillois, aux récentes performances des finissantes d’ici. «Trois des nôtres se sont classées parmi les 25 premières aux examens de l’Ordre des infirmières et notre taux de réussite est de 100%», rappelle Daniel Mercier.
Sans connaître la provenance des demandes d’admission, le directeur des études soupçonne que la réputation du programme des soins infirmiers du cégep d’ici commence à «ratisser» une clientèle plus large, des élèves de Plessisville, de Danville, de Saint-Léonard-d’Aston convergeant maintenant vers Victoriaville plutôt que Québec, Sherbrooke ou Trois-Rivières.
Cette hausse du nombre de demandes en soins infirmiers contribue à ce haut taux d’augmentation du côté des programmes techniques.
Le Cégep a accueilli 322 demandes pour ces programmes de trois ans d’études, comparativement à 274 l’année précédente.
En informatique, les profs ont dû pousser un soupir de soulagement, accueillant 45 demandes, deux fois plus que l’an dernier. En dix ans, ce programme a connu de maigres cohortes de 10 étudiants.
C’est à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie (ENME) que la déception est la plus marquée, tant pour les programmes collégiaux que la formation secondaire. Les demandes ont chuté de 23 à 17 pour les techniques et de 62 à 47 pour la formation de niveau secondaire au pavillon victoriavillois. Au pavillon montréalais de l’ENME, toutefois, le nombre d’admissions est passé de 37 à 46.
L’École misait aussi sur l’offre d’un nouveau programme en design de meubles pour augmenter sa clientèle. Avec trois demandes seulement, elle devra reporter cette formation. «J’aurai un plan de match à déposer en ce qui concerne l’École. Il nous faut développer une stratégie et miser sur son statut national», dit Daniel Mercier.
Dans les autres programmes techniques, la clientèle paraît vouloir se maintenir : 11 demandes (comparativement à 18 l’an dernier) en production animale; 15 (16 l’an dernier) en agriculture biologique; 16 (17) en électronique industrielle; 54 (51) en comptabilité et gestion.
Si les augmentations sont marquées du côté des programmes techniques, le cégep d’ici reste toutefois plus fréquenté par les étudiants des programmes pré-universitaires.
Le Cégep a reçu 395 demandes dans ces programmes, une de plus que l’an dernier.
Et c’est en langues modernes que l’augmentation est la plus significative, 45 comparativement à 34 en 2009. Les sciences de la nature pourraient recevoir 95 étudiants (90), 180 en sciences humaines (163). Ensemble, les programmes de langues modernes et de culture et communications ont reçu 60 demandes, 5 de moins que l’an dernier.
Ces «remarquables» résultats sont attribuables à trois facteurs, croit Daniel Mercier.
Selon lui, l’accroissement du nombre de demandes d’admission résulte des efforts de tout le personnel dans la promotion des programmes victoriavillois. «On est en train de récolter les fruits de tous ces efforts.»
Il ajoute que, de plus en plus, la communauté y met aussi du sien, le Cégep s’étant lancé dans plusieurs projets de développement. «Je me plais à dire que le recrutement de la clientèle, c’est l’affaire de tout le monde. Cela entre de plus en plus dans les mœurs qu’il nous faut inciter nos jeunes à fréquenter le Cégep.»
Le directeur des études évoque également la «réputation» qu’est en train de se créer le cégep de Victoriaville. «La qualité de nos programmes est de plus en plus reconnue.»
Le contexte économique joue probablement aussi en faveur du Cégep, les jeunes décidant de rester un peu plus longtemps aux études ou y reviennent, étant souvent les premiers éjectés du marché du travail, observe M. Mercier.
Au cours de la dernière décennie, le cégep de Victoriaville a connu des années plus difficiles, ayant essuyé, en 2005, une sorte de vague de fond, avec seulement 493 demandes d’admission.
