Derrière la vitrine de la SPAA, les précieuses sœurs Rousseau

Hélène
Hélène Ruel
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Elles sont une voix pour les animaux, guides pour les humains

Les sœurs Yolaine et Caroline Rousseau sont celles qui, fidèlement et généreusement, alimentent depuis plus de deux ans la rubrique «La belle gueule de la semaine» sur notre www.lanouvelle.net. Précieuses bénévoles de la Société protectrice des animaux d’Arthabaska (SPAA), elles mettent, à deux, au moins 40 heures par semaine à cette cause. Ce sont elles qui donnent à l’organisme sa vitrine sur le Web et sur les réseaux sociaux, confectionnent l’annuel calendrier, tout cela de leurs photos, de leurs vidéos, de leur créativité.

Les sœurs Caroline et Yolaine Rousseau. L’une est «chat», l’autre «chien».

Yolaine le répétera à plusieurs reprises, la SPAA est un service d’intérêt public, aussi important qu’un service de police, de santé ou de déneigement.

«C’est un organisme nécessaire dans une ville, qui ne survit que par des dons, des ententes de services, du bénévolat.»

Yolaine s’enflamme et déplore que les conditions de travail du personnel ne soient jamais à la hauteur de leurs responsabilités. «Parce que les animaux ne sont pas des cannes de bines, mais des êtres vivants qui sentent et qui peuvent souffrir. Quand il y a plein de chats et de chiens à la SPAA, il n’y a pas plus d’employés pour en prendre soin! Le personnel a beaucoup de cœur.»

D’aussi loin qu’elles se souviennent!

Bien avant l’ouverture de la SPAA en 2007, les deux sœurs «militaient» à la défense des animaux, participaient à sa création, de leurs idées et de leurs convictions.

Nées à Lyster, elles sont les deux plus jeunes enfants de la famille Rousseau. «Nos parents avaient une ferme et on a eu toutes sortes d’animaux, des vaches, des chats, des poules, des cochons, même un poney».

C’est Yolaine, enseignante de 46 ans à l’École Le tandem, qui s’exprime le plus facilement, quêtant souvent du regard, l’approbation de sa jeune sœur de 37 ans, travailleuse chez Vétoquinol, une entreprise vouée à la fabrication de produits de santé… animale.

Yolaine a une préférence pour les chiens, Caroline pour les chats. D’ailleurs, dans la maison qu’elles habitent toutes deux, une maison «bigénérationnelle» où chacune occupe son étage, Yolaine a sa chienne Choupette, Caroline ses chattes Coquine et Réglisse. Elles ont, évidemment, adopté leurs compagnes à la SPAA. «Est-ce qu’on le dit?», demande Yolaine à sa sœur. Et Yolaine raconte que si les sœurs cohabitent dans la même maison, c’est que la plus vieille a promis à sa mère mourante de toujours veiller sur sa benjamine. Caroline n’avait que 16 ans lorsque sa maman est partie.

Même après la vente de la ferme, les deux sœurs ont toujours possédé des animaux de compagnie, qu’elles recueillaient, parfois, de refuges. Tant lorsqu’elles habitaient à Princeville qu’à Victoriaville où elles résident depuis 9 ans.

Caroline se souvient qu’au temps où elle étudiait en bureautique au cégep de Victoriaville, elle trimbalait son chat dans ses «bagages», entre Lyster et Victoriaville.

«Caroline a une sorte d’antenne pour les félins. La semaine dernière, elle a repéré parmi les 80 chats de la SPAA celui qu’une famille recherchait depuis dix jours!», raconte Yolaine, fière du flair de sa jeune soeur.

Photos et vidéos

Chaque semaine, munies de leurs appareils, Yolaine et Caroline se font un devoir de photographier un à un tous les réfugiés canins et félins de la SPAA afin de les mettre en vitrine le plus rapidement possible sur le Net.

«Parce que les animaux ne sont pas des cannes de «bines», mais des êtres vivants qui sentent et qui peuvent souffrir. Quand il y a plein de chats et de chiens à la SPAA, il n’y a pas plus d’employés pour en prendre soin! Le personnel a beaucoup de cœur.» - Yolaine Rousseau

Elles recourent aussi à la vidéo, parce que, se disent-elles, par ce moyen, il est plus facile d’apprécier la taille et la vitalité du compagnon que l’on pourrait vouloir adopter. Toutes les vidéos sont versées sur Youtube.

Pour les aspects techniquement plus sophistiqués, elles se font guider par le fils de Yolaine, Pascal (Guay), un pro du Web, actuellement stagiaire chez Ubisoft.

«On le fait par intérêt personnel, avec un seul but, celui de soutenir le personnel de la SPAA, de faire en sorte que, le plus rapidement possible, un chat ou un chien puisse trouver une nouvelle famille.»

Derrière l’animal

Elles ont beau «défendre» les animaux, leur prêter une «voix», considérer que les nouvelles dispositions sur les animaux édictées par le gouvernement du Québec n’ont pas encore assez de «mordant», les sœurs Rousseau n’ont rien de militantes «extrémistes».

Elles estiment que les règles «spécifiques» qu’a adoptées Victoriaville sont tout à fait convenables, celles concernant le nombre de chiens que l’on peut garder à la maison, l’exigence de les tenir en laisse… et même de les interdire sur les très achalandées promenades. «Ce serait même dangereux pour mon chien et moi de s’y aventurer, tellement il y a de la circulation!», affirme Yolaine.

Elles croient aussi que la stérilisation obligée des animaux de la SPAA constitue une nécessité. «Je ne me serais pas engagée comme bénévole à la SPAA s’il en avait été autrement!», précise Yolaine. «Il faut stériliser les animaux, sinon c’est une roue sans fin!», renchérit sa sœur.

Les bénévoles diront, par ailleurs, qu’à côtoyer de si près les animaux qui se retrouvent à la SPAA, elles observent souvent, derrière leur abandon ou leur maltraitance, de la détresse humaine. «C’est triste de savoir qu’un couple vient porter son animal de compagnie parce qu’il se sépare!»

Après avoir mûrement réfléchi, Caroline répondra que son bénévolat à la SPAA lui aura permis, d’une part, d’approfondir ses connaissances sur les félins, tant et tant qu’elle peut détecter une part de leur langage corporel. Mais plus encore, elle dit que ses longues heures passées à donner une visibilité aux chats de la SPAA lui donnent un sentiment d’«utilité». «Je sens que je sers une cause importante, en guidant les gens qui veulent adopter!»

La SPAA ne pouvait mieux que ces sœurs ambassadrices, on peut le présumer.

Organisations: École Le, Vétoquinol, Ubisoft

Lieux géographiques: Victoriaville, Lyster, Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Stéphanie Roy
    15 juillet 2012 - 06:55

    Bravo aux soeurs Rousseau et à tout le personnel de la SPAA. Vous faites un travail formidable!