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Du soutien pour les diabétiques… Et les bipolaires, alors?

En région, il n'y a parfois que les bouquins et le Net pour s'informer et échanger, déplore Brigitte Parent.

En région, il n'y a parfois que les bouquins et le Net pour s'informer et échanger, déplore Brigitte Parent.

Hélène Ruel
Publié le 11 Mars 2009
Publié le 16 Juin 2010
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«On n’a l’air de rien, mais au fond, on pédale comme des canards»

Comme une bouteille à la mer! C’est ce que fait Brigitte Parent en recourant à La Nouvelle Union pour lancer ce projet de créer un groupe d’échanges et de soutien sur la bipolarité. Il n’existe aucune association, déplore-t-elle, où les gens affligés par un tel diagnostic peuvent échanger entre eux. «Il existe une association pour soutenir les diabétiques, quelle que soit la gravité de leur état. Mais il n’y a rien pour des bipolaires comme nous (de type 2) qui travaillons et qui, souvent, n’avons que des livres et le Net pour nous renseigner.»

Sujets :
Association Le Pas , Groupe de soutien , Maison des femmes

Depuis au moins deux ans, bien avant que l’animatrice Varda Étienne parle publiquement de sa bipolarité (à Tout le monde en parle notamment), Brigitte souhaitait entrer en lien avec des gens vivant une situation apparentée à son cas.

Elle a vainement cherché du soutien dans les ressources existantes. «L’Association Le Pas, c’est pour les proches. L’Entrain rassemble des gens ayant des troubles sévères. Quant au groupe de soutien de la Maison des femmes, il réunit des femmes ayant vécu toutes sortes de situations, perte d’emploi, deuil, dépression ; ce n’est pas ce que je recherche.»

Ce que Brigitte souhaite, c’est aller à la rencontre de gens qui, comme elle, «n’ont l’air de rien, mais qui, au fond, pédalent comme des canards» pour survivre, s’astreignant à la prise de médicaments (du Lithane dans son cas) et à leur kyrielle d’effets secondaires, sans nécessairement se sentir si bien dans leur peau.

Brigitte Parent, c’est un nom qu’elle a inventé avec les lettres «b» et «p» de bipolarité, parce qu’elle ne souhaite pas révéler son identité.

Dans le milieu où elle travaille, personne ne sait qu’il y a deux ans, le diagnostic est enfin tombé : bipolaire de type 2. «Quand c’est le corps qui a une déficience, on peut en parler avec notre entourage. Mais un problème mental, oh là, c’est l’inconnu et le tabou. Et on n’ose pas en parler de peur d’être jugée.»

Elle s’est presque «autodiagnostiquée», parce que pendant plusieurs années, son médecin la traitait avec du Paxil, la croyant en proie à une sévère dépression.

Depuis son adolescence, Brigitte a toujours senti qu’elle n’était pas comme les autres. Sa grand-mère était maniaco-dépressive. «Contrairement à elle, je n’ai vraiment jamais eu beaucoup de up, plus souvent des «bas».»

Des «dépressions majeures» - du moins ce qu’elle croyait à l’époque - elle en a vécu quelques épisodes au fil des années. Traitée au Paxil, elle constatait qu’elle allait de mal en pis. Elle a beaucoup lu, beaucoup fouillé sur le Net pour tenter de comprendre son état… et finir par demander à son médecin si, au lieu d’une dépression majeure, elle ne pouvait pas être soit borderline soit bipolaire de type 2. Le médecin a fini par en arriver à la conclusion qu'elle était bipolaire. Le Paxil lui aura été nuisible, mais aura finalement mis au jour le trouble dont elle souffrait.

Depuis près de huit ans, Brigitte consulte une psychothérapeute et attend, depuis un an et demi, un rendez-vous avec un psychiatre. «Je paierais pour en rencontrer un, mais ça ne se fait pas», dit-elle, agacée de n’être «pas assez» pour obtenir de l’aide.

Et pourtant, la vie est difficile. Le jour, elle donne le change pour travailler. Le soir, elle rentre à la maison, complètement épuisée, vidée d'énergie, mais pleine de gratitude à l’égard de son conjoint qui se tape toutes les tâches domestiques. «C’est dur pour le couple et je suis chanceuse d’avoir le chum que j’ai», admet la jeune maman. Maudite folle, ce livre (qu’elle n’a pas encore lu) de Varda Étienne porte bien son titre, souligne Brigitte. «C’est un titre qui témoigne de la réalité de ce qu’on vit, parce que c’est comme ça qu’on se sent. (…) Et j’ai bien l’impression que le taux de suicide est assez élevé chez les bipolaires, tellement c’est dur.»

Convaincue de ne pas être la seule à se débattre, Brigitte lance donc un appel à ces gens bipolaires et à ceux pensant l’être afin de former un groupe de discussions. «On pourrait parler de ce qu’on a vécu, de ce qu’on vit, s’échanger des informations, des trucs. Les rencontres pourraient être organisées en soirée et être supervisées.»

Au bp-espoir@hotmail.com on peut entrer en contact avec Brigitte.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Jacinthe
    - 14 Avril 2012 à 20:02:18

    Suite à une recherche sur internet, j'ai trouvé cet article. Si ce groupe est en cours, je souhaite y adhérer. Merci!

    Ce commentaire est offensant

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  • Nom de l\'usager
    jean-sébastien beauchemin
    - 19 Juin 2010 à 11:03:55

    si vous partez un groupe pour les bipolaires j'embarquerais surement

    Écrire un commentaire

  • Nom de l\'usager
    celine bernier
    - 19 Juin 2010 à 11:02:22

    sur cette article on donne une adresse de courriel et je ne suis pas capable d'y aller on me dit qu'on ne trouve pas la page .Ya-t-il une erreur? J'aimerais beaucoup rejoindre ce site j'en ai bien besoin. Merci! celine103@hotmail.com

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