L'information a été maintes fois répétée : le revenu personnel disponible par habitant pour le Centre-du-Québec (21 348 $) est inférieur à la moyenne provinciale (23 273 $).
«En revanche, la région affiche la plus forte hausse du salaire hebdomadaire moyen au Québec, pour ces cinq dernières années (2001-2006) avec une augmentation de près de 22 %», est-il inscrit dans l'étude sur le coût de la vie au Centre-du-Québec, en comparaison avec Montréal et Québec.
Le document prouve donc que certaines dépenses sont moins onéreuses ici. Par exemple, acheter une maison unifamiliale sur le territoire régional coûte presque trois fois moins cher qu'à Montréal et environ une fois et demie moins qu'à Québec.
Les montants considèrent les taxes foncières, les frais hypothécaires, les frais d'assurances et le versement de taxes. Quant aux loyers de ces centres urbains, ils sont environ 50 % plus coûteux qu'au Centre-du-Québec.
En matière de transport, le fait de posséder un véhicule à Montréal coûte 1200 $ de plus par an. De plus, un Montréalais passe en moyenne 76 minutes chaque jour dans les transports pour le travail, devant faire environ 17 kilomètres.
Pour leur part, les résidants de Québec parcourent seulement 6,9 km, mais passent presque une heure pour effectuer ce trajet quotidien. Le voyagement diminue à 3,3 km pour les travailleurs de Victoriaville et à 4,3 km pour ceux de Drummondville.
Concernant les activités de loisirs et de culture, les coûts sont légèrement supérieurs dans les grands centres, comparativement au Centre-du-Québec. Du côté de l'alimentation, l'étude ne relève pas de variation significative.
Ainsi, en dépit du fait qu'un ménage centricois gagne un revenu de 10 % à 15 % inférieur à celui de Montréal ou de Québec, il dispose de plus d'argent une fois les frais reliés au transport et au logement réglés.
L'avantage est moins marqué pour les ménages locataires. Dans l'ensemble, il leur resterait sensiblement la même somme.
C'est sans parler qu'au Centre-du-Québec, le marché du travail est favorable à court et à long terme, puisque 21 500 emplois seront à combler d'ici 2010.
Voilà des arguments dont pourront se servir les intervenants centricois, chargés de favoriser la migration des jeunes au Centre-du-Québec.
Ils pourront également s'inspirer de plusieurs atouts mis en relief par cette étude en ce qui a trait à la qualité de vie. Parmi les faits saillants, soulignons le milieu de vie sécuritaire, l'offre culturelle diversifiée ainsi que la proximité de la nature, des pistes cyclables et du développement de l'agrotourisme, qui multiplient l'éventail des possibilités récréatives.
«Avec des salaires moins élevés, la vie au Centre-du-Québec n'est pas moins aisée et celle-ci présente une excellente qualité de vie doublée d'une dynamique socioéconomique riche», est souligné dans le document.
Des capsules «Halte aux idées reçues» viennent aussi défaire certains mythes ancrés dans la région 17, tels que «La population y est plus âgée qu'ailleurs», «Tout est loin», «Les services de santé sont déficients», etc.
L'étude compilait les données pour la région dans son ensemble. «Il ne faudrait pas tomber dans le piège de la comparaison inter-MRC», est-il également noté.
D'autres recherches semblables ont été réalisées ailleurs, notamment au Saguenay et en Estrie.
Comprenant une cinquantaine de pages, cette étude a été menée dans le cadre de l'action jeunesse structurante sur la migration des jeunes, par Promotion Centre-du-Québec. Il s'agit d'un organisme composé de représentants de la Société d'aide au développement des collectivités de Nicolet-Bécancour, des carrefours jeunesse-emploi de Drummond, Arthabaska ainsi que du comté de Nicolet-Yamaska et de la MRC de Bécancour.
Ce mandat a aussi été possible grâce à la collaboration du Forum jeunesse Centre-du-Québec et du soutien financier de Service Canada. À noter que l'année de référence de l'étude est 2006.
