Pour donner quelques pistes à des gens qui, par leur travail, peuvent être appelés à intervenir, la Ville de Victoriaville a offert un séminaire d’une journée sur la qualité de l’air intérieur, animé par l’architecte André Bourassa d’après un programme conçu par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
Le séminaire a attiré une dizaine d’intervenants, des inspecteurs en bâtiment de la Ville de Victoriaville et de Tingwick, une représentante de l’Association des locataires, des gens de l’Office municipal d’habitation, un lieutenant du poste de pompiers de Victoriaville et le responsable de la prévention (Rudy Hamel) pour l’ensemble du territoire de la MRC d’Arthabaska.
M. Bourassa a bien expliqué que cette journée de formation ne visait pas à faire de tous ces gens des investigateurs de la qualité de l’air intérieur. La journée devait toutefois leur servir à comprendre certaines notions portant, entre autres, sur les contaminants (les biologiques et les chimiques) auxquels les humains peuvent réagir bien différemment, sur .
Les participants auront probablement retenu ces quatre verbes, résumant les stratégies à adopter pour améliorer la qualité de l’air : retirer, sceller, ventiler et filtrer. «S’il y a une moufette dans la maison, la première chose à faire, ce n’est pas d’ouvrir les fenêtres, mais de chasser la mouffette de l’intérieur!», a dit M. Bourassa pour illustrer le premier de ces verbes.
La présentation d’André Bourassa fourmillait d’exemples tirés de sa longue carrière professionnelle, comme enseignant et architecte. Il est aussi président de l’Ordre des architectes du Québec.
Il sait, d’expérience, que des locataires ou des propriétaires poussent le «piton panique» quand ils voient des moisissures dans leur logement ou dans leur maison. Les inspecteurs en bâtiment de Victoriaville ont pu aussi témoigner de la fréquence de ce genre de plaintes. «On nous appelle pour que nous allions constater le problème. Les locataires sont inquiets et n’osent même pas nettoyer ces moisissures», dit une inspectrice. Elle mentionne qu’à Victoriaville, ce problème est fréquent, d’autant que beaucoup de logements sont situés dans des sous-sols.
Le responsable en prévention, lui, peut être invité à déterminer si telle habitation est vraiment insalubre. «On y va au meilleur de notre connaissance», dit M. Hamel. Il participait au séminaire en quête d’un «nouvel outil» à insérer dans son coffre.
Qu’est-ce que l’insalubrité? Pas toujours où l’on pense, a expliqué le formateur. Il y a des habitations où l’on mangerait par terre tellement tout est propre où il y a pourtant des sources de contamination chimique.
Et ce ne sont pas toutes les villes qui disposent d’un règlement sur la salubrité. Un serait en préparation à Victoriaville, a-t-on appris.
André Bourassa a donné à réfléchir lorsqu’il a parlé des échangeurs d’air (qui ne sont pas une solution miracle), de la fâcheuse tendance aux cuisinières à gaz, du bois qu’on a l’habitude d’entreposer au sous-sol de la maison, de l’heureuse disparition des tapis et moquettes, etc.
Et il a fait frissonner les jeunes parents lorsqu’il a dépeint ce qu’ils faisaient d’instinct pour préparer la venue du nouveau-né. «On peinture sa chambre, on installe du plancher flottant, des stores, une bassinette neuve, des peluches… et on chauffe la pièce», énumérant ainsi des habitudes qui, si on n’y prend garde, peuvent être autant de sources de contaminants chimiques pour le petit être humain.
Il a, par ailleurs, démontré que l’occupant (comme le locataire) a aussi une prise sur la qualité de l’air qu’il respire, racontant l’histoire de cette dame ayant découvert avec horreur de la moisissure dans la chambre qu’elle ne chauffait pas et où elle avait entreposé des boîtes le long des murs.
Il a remis une série de documents de la SCHL, une mine de renseignements a-t-il souligné, autant de guides et de fascicules pour assainir l’air de son habitation, la nettoyer après une inondation, un incendie, la débarrasser de ses moisissures, réduire les contaminants chimiques. Au www.schl.ca plusieurs de ces publications sont disponibles gratuitement. La commande de certaines autres nécessite des frais.
