Manon Lambert, Nancy Mailhot et Lizzette Bleau participeront, le samedi 16 octobre, à cette envolée de ballons pour ces «petits anges partis trop tôt» qu’organise, pour la cinquième année consécutive, le groupe de soutien au deuil périnatal dans la cour de la Maison des familles, rue Saint-Paul à Victoriaville.
Un centre commémoratif
Cette année, l’activité revêtira un caractère particulier, puisqu’on inaugurera un petit centre commémoratif, un lieu où des parents endeuillés peuvent se recueillir, assis sur un banc devant une fontaine ornée d’une sculpture représentant un couple. Une plaque sera ajoutée rappelant qu’il s’agit d’un endroit «pour nos petits anges partis trop tôt».
«Et c’est tellement bien qu’on ait choisi un couple, parce qu’on oublie trop souvent la peine des pères», souligne Manon Lambert. À l’occasion de l’envolée du 16 octobre, on plantera des bulbes de tulipes et, au fil du temps, l’arbre et la petite haie de graminées finiront par créer un espace plus intime.
C’est à la demande de parents que l’on a aménagé ce centre commémoratif, rappellent Lina Côté, coordonnatrice de l’Association Parents-ressources des Bois-Francs et Amélie Voyer, responsable du groupe de soutien au deuil périnatal.
Parce que, plusieurs, comme Nancy Mailhot, n’ont aucun endroit, pour se recueillir sur leur petit ange. Le 9 avril 2007, à 21 semaines de grossesse, elle devait accoucher naturellement d’un petit garçon dont elle savait qu’il allait mourir.
La maman de deux fillettes, regrette, aujourd’hui, de ne pas avoir accepté des infirmières qu’on prenne une photo de son petit Louis qu’elle n’a finalement tenu dans ses bras que pendant une trentaine de minutes. Elle dit craindre que l’image de sa «petite face» finisse, avec les années, par s’estomper de son esprit. Le petit Louis n’a aucune sépulture, comme les deux autres fœtus que Nancy a aussi perdus.
Donner… la mort
Ce n’est pas le cas pour Manon Lambert qui, malgré deux fausses-couches et l’accouchement d’un bébé mort-né, se refuse à faire le deuil de la maternité.
Elle s’attarde davantage à son accouchement du 18 juillet 2008. À 35 semaines de grossesse, une échographie lui apprend que sa petite fille ne respire plus, le cordon ombilical s’étant accidentellement bouché. Elle ne devait accoucher que trois jours plus tard. «Pendant trois jours, je me disais que j’étais une tombe. Si l’on affirme que le plus beau geste, c’est de donner la vie, on peut s’entendre pour penser que le pire est de donner la mort. Quand on porte la vie, on porte aussi des projets, des rêves, des espoirs. Un deuil périnatal nous oblige à faire le deuil du futur.»
Pendant ces trois longues journées, elle et son conjoint se sont questionnés sur ce qu’ils allaient faire. «Je me demandais s’il ne serait pas trop morbide de prendre des photos.» Elle s’est même rendue au complexe funéraire, où, dit-elle, elle a apprécié être «coachée». Si la petite Angélika n’a pas d’acte de décès (parce qu’elle n’a jamais respiré hors du corps de sa mère), Manon et son conjoint l’ont photographiée, tenue dans leurs bras. Ils ont fait incinérer son corps. Elle a son urne et une plaque dans un jardin commémoratif. «On a dessiné pour elle un ours et un ange.»
Des deuils successifs
«Une perte est une perte», dit Manon. Lizzette Bleau en sait quelque chose elle qui en a vécu plus d’une. Originaire du Nicaragua, installée au Québec depuis 25 ans, Lizzette et son conjoint avaient entrepris des démarches d’adoption internationale en 2001. Ce n’est qu’en 2008, qu’une fillette du Honduras leur est offerte. Entre-temps, Lizette a accouché d’un petit garçon et a surmonté deux fausses-couches.
Pendant trois jours, je me disais que j’étais une tombe. Si l’on affirme que le plus beau geste, c’est de donner la vie, on peut s’entendre pour penser que le pire est de donner la mort. Quand on porte la vie, on porte aussi des projets, des rêves, des espoirs. Un deuil périnatal nous oblige à faire le deuil du futur. - Manon Lambert
«Lorsque mon conjoint et moi sommes allés à la rencontre de notre petite fille au Honduras, je ne savais pas que j’étais enceinte.» Les parents n’ont pu ramener la fillette au Québec, l’agence d’adoption leur demandant de revenir. Ce qu’ils ont fait, quelques mois plus tard, Lizzette étant alors à un mois de la naissance de son deuxième garçon. Même si, lors du premier voyage du couple au Honduras, on savait que Lizzette était déjà maman d’un premier bambin, la voyant de nouveau enceinte, on a refusé au couple d’adopter la fillette d’un an et demi. «On nous a annoncé qu’elle serait envoyée en Espagne. Parce qu’on avait vécu avec elle pendant quelques semaines, on avait appris à la connaître, à s’attacher.» Deux ans plus tard, Lizzette parle encore du deuil de sa petite fille qui vit quelque part en Espagne. «J’ai vécu beaucoup de deuils», parlant de la perte de son père, de son frère, de sa sœur… et de son pays.
Lizzette considère qu’il y a bien peu d’aide et de soutien pour les parents endeuillés. Des parents à qui on ne sait trop que dire. «Ça crée toujours un malaise quand on parle de son bébé mort», dit Nancy. «Il faut pourtant en parler pour évacuer la peine, renchérit Manon, pour amenuiser les tabous. Les gens n’ont pas à se demander quoi dire. Ils n’ont qu’à écouter.»
Les familles désireuses de participer à la prochaine envolée de ballons (un ballon par famille) doivent s’inscrire à l’avance en composant le 819 758-4041. Le groupe de soutien reste toujours ouvert et des «marraines», comme Lizzette, s’offrent à réconforter d’autres parents endeuillés.

J'ai perdu ma fille durant les 1ères contractions du jour de sa naissance il y a 1 an le 27/1/11.Dans mon couple nous paraissions souder et dernièrement,j'ai voulu le quitter car je ne le reconnaissais plus et je doutais de son amour.Nous nous sommes reconsiliés après qu'il est lui ma lettre dont je lui exprimais mon mal ètre,les changements que je ne supportais plus chez lui,mon désir de le quitter malgré mon amour pour lui pour le bien ètre de mon état psycologique.Nous avons bien discuté dans le calme,l'attention et l'écoute et certaines de mes questions sont malgré tout rester dans le silence.Nous nous comprenons pas toujours sur notre façon de vivre le deuil mais nous efforçons d'accepter nos différences.Sauf dernièrement ou chacun est resté sur sa position.Il refuse que je parle de deuil ou que je montre une seule photo de notre bb à n'importe quel enfant qui le demande de sa famille ou de ses amis.Je n'ai pas trouvé autant de tabou de mon coté.Il me juge,me trouve irresponsable et inconsciente vis à vis de cet acte et me condanne du chagrin qu'à put ressentir sa nièce quelques jours après l'image sous prétexte que c'est 1 enfant fragile,sensible et qui est née prématurément.Pour moi,il y a simplement trop de tabou et un manque de franchise dans leur dialogue(elle a 12 ans et sa soeur de 6 ans est surprise et attritée).Mon ami a perdu une soeur trisomique de 12 ans qui a beaucoup marqué la famille et 3 autres frères de moins d'un mois.Devrais douter de moi?Je suis persuadée qu'il faut parlé vrai ou presque avec les enfants de tous ages mais pas tous dire juste répondre à leurs questions.Mon bb n'était pas un monstre.Elle avait une couleur de peau différente sur le visage et le cou à cause du cordon.Mais toute habillée en montrant la moitié de son corps sans les mains avec son doudou près de son oreille caché avec le bonnet de maternité,c'était une magnifique poupée qui dormait.Je ne comprend pas autant de tabout.Je vous remercie de m'éclairer.